Effeuille mes rêves

Ne pas lire la première partie de cet écrit

J’ai beaucoup trop mangé. Mon ventre va exploser.
Que des trucs bien gras en plus. Trop honte d’écrire de quoi il s’agit.

J’ai fait la gourmande et je culpabilise maintenant. J’avais pas énormément faim mais j’avais envie de manger. J’hésite… j’hésite à aller me faire vomir.
J’aurais jamais eu cette idée - du moins elle n’aurait pas été aussi persistante - si je n’avais pas vu cet épisode qui parlait de ça, et bien sûr c’était pour la dénoncer, pas l’encenser, pour dire que c’est quelque chose de grave et de dangereux pour la santé.

N’empêche que j’ai grave déconné niveau bouffe. Et que je me dégoûte toute seule.

J’pense à ceux qui n’ont rien à manger.
Et à la graisse qui s’étale déjà un peu partout sur moi. Je suis déjà suffisemment ronde, je vais encore grossir !

Je hais cette p.tain de pression. Ce culte du corps ultra mince, de l’image parfaite, de l’ego surdimensionné. Parfois je me surprends même à haïr les gens de se laisser berner par ces conneries.
Sauf que je fais indéniablement partie de ces gens.
Je déteste cette non-tolérance et cette insécurité qu’on découvre à l’adolescence quand le regard des autres vous met à nu. J’invente rien, je sais que je suis pas la seule à en avoir bavé. Ça vous lacére le corps et l’esprit et ça ne vous lâche plus ensuite de toute votre vie. Ne vous lâche plus ensuite de toute votre vie. C’est pour cela que je fais toujours de mon mieux pour ne jamais juger personne (suis pas Dieu non plus bien sûr donc y’a des fois où j’me plante mais dans l’idée voilà).
Sauf qu’il ne vient même pas en tête à beaucoup que si chacun faisait quelques efforts de ce genre, le monde changerait.

J’en ai marre de m’imaginer sauver le monde un jour.
J’ai planté cette idée quand j’étais au lycée, quand je regardais irradiante de passion Heroes. Elle a germé. Des fruits (pourris) me tombent encore sur la tête aujourd’hui, certains jours.

Bon. Non, je ne me ferai pas vomir. Je n’ai pas le "cran" de faire subir ça à mon corps - j’ai pas toujours été très cool avec lui donc je lui en dois une on va dire.
J’efface ma dette à chaque fois que j’évite de faire des trucs encore plus stupides. Comme ça.

Aaaaah et j’ai pas pu m’empêcher de commencer mon écrit par une râlerie !
Je suis pénible quand même, non ? Bah si.
Pardon.
Non mais à part ça, je vais bien en plus ! C’est ça que je venais écrire à la base. J’ai pas les mots pour décrire ma satisfaction - c’est con parce que c’est de ça que je voudrais me souvenir plus tard - mais ma semaine se passe hyper bien. L’emploi du temps est super cool (j’en suis à ma deuxième grasse mat' et j’adoooore ça) donc j’en profite à fond ! Je me suis bien organisée pour bosser bien mais pas trop et je suis contente de ce que je fais.
J’parle aux gens aussi. C’est drôle parce que je ne me comporte pas si différemment que ça avec eux, en fait, c’est juste que quand je suis avec j’en prends plus conscience et du coup je profite un peu mieux. J’apprends à être fière de moi même pour des p’tits détails. Même quand je fais rien d’extraordinaire. Le stress de lundi m’aura au moins appris/rappellé ça !
Et puis c’est ce que ma psy attendait de moi quand elle m’a conseillé de tenir un carnet avec trois choses dont je suis fière (dont une touchant au social) par jour. Je ne le tiens plus parce que j’ai arrêté deux jours d’affilés par manque de temps et que ça m’a coupée dans mon élan mais la façon de penser est encore là.

Hum, y’a quoi encore qui va .. ?

Maman va mieux. Je ne sais plus si je l’avais dit. Je m’en suis aperçue le week-end dernier (ou peut-être celui d’avant).
Pouvez pas savoir comme je suis soulagée !

J’aime bien ma vie. Ok je fais rien d’extraordinaire, et tout, je fais même pas grand-chose en vérité mais je l’aime bien malgré tout. Y’a des trucs bien dedans - même si, je le répète, ils n’ont rien d’extraordinaire. J’ai lu quelque part que le cerveau ne faisait pas la différence entre les rêves et la réalité… c’était peut-être pas écrit littéralement comme ça mais de ce que j’ai retenu : quand on pense à quelque chose bah pour lui c’est ça qui est la réalité, point.
Quand on a passé une sale journée, faut se la faire défiler dans sa tête comme un film et modifier les passages qui nous plaisent pas.
Donc ce qui me manque dans ma réalité, je me le crée dans les rêves. Ça fait un peu ridicule dit comme ça mais ça me convient. Pour l’instant en tout cas ! Temporairement. Je ne désespère pas de voir tout ça bouger un peu dans un futur proche.

Mais je ne me laisse pas trop espérer parce que l’espoir mal placé ça fait tomber de haut. J’le sais, j’ai goûté à la chute hein.
Mais chuuuuuut ! Ce soir tout va bien.