Effeuille mes rêves

Négatif et désolée

J’ai pris double dose d’anxiolytique.

Je suis pas censée faire ça. Je sais pas ce qu’en dirait le médecin. Je n’ose pas aller le revoir, parce que j’ai peur. Peur que soit il m’envoie ch!er en disant que je ne suis qu’une gamine pénible qui cherche simplement à éviter d’aller en cours, ou soit qu’il me dise d’arrêter carrément mes études parce que clairement ça ne serait pas fait pour moi.

J’ai peur d’être interrogée demain. D’habitude, je m’arrange pour connaître mon cours au moins à 80% quasiment par cœur (et avec le cerveau en gruyère que j’ai, c’est du boulot, surtout que j’oublie tout derrière… ça marche jamais pour les exams ça bien sûr), mais là j’ai raté les deux derniers et j’ai pas compris les cours qu’on m’a passé donc je n’ai pas pu apprendre.

J’ai une de ces envies de prendre tous les médocs d’un coup… Je ne suis pas spécialement déprimée ce soir, mais la peur me rend dingue. La peur me repousse dans mes retranchements. J’ai pris une tisane à la verveine pour me détendre et ça a un peu fonctionné, ça avec les médocs de d’habitude qui m’endorment un peu, ça devrait le faire, mais qu’est-ce qu’il va se passer si on m’interroge et que je ne sais pas ??
Le problème ce n’est pas QUE la honte de se faire engueuler devant toute la classe. C’est aussi que les profs saquent pendant les examens après. C’est arrivé l’année dernière à quelqu’un. C’était horrible. Super violent. J’ai été choquée, sérieusement.

Je relativise en me disant que je pourrais toujours aller m’expliquer avec ma prof en fin de cours, mais… j’aurais l’impression de mendier, je déteste ça. Enfin je ne sais plus trop ce que je raconte. Je voudrais juste que tout ça s’arrête une bonne fois pour toutes. Écrire ces mots me pèse parce que je les écris encore et encore et encore et rien ne change. Les jours passent et se ressemblent tous et moi je continue à crouler sur la peur, sur une trouille viscérale qui est plus forte que moi, plus forte que tout le soutien ou les pensées positives que je peux recevoir.
Peut-être que je devrais vraiment arrêter mes études en fait ? Ce serait tellement plus simple… j’aurais du temps pour réfléchir à ce que je veux vais faire ensuite (ce que je veux n’est plus d’actualité). Je trouverais bien quelque chose d’acceptable.

Bon, ok, je suis très noire ce soir. Mais ça passera sûrement après la nuit. J’espère. J’ai peur de me réveiller un jour bloquée, encore pire que ce que j’ai été, comme Ivy toujours toute négative à projeter mon mal-être sur tout le monde… Vaea m’a assuré que je ne le faisais pas (ça doit être difficile à me croire quand on me lit, étant donné que j’écris souvent mes sentiments les plus sombres histoire de m’en dépêtrer) mais je n’ose pas la croire. Je n’ose en parler à personne. Même pas au psychiatre. Quand je le reverrai… Je lui en parle calmement à chaque fois, je pèse mes mots, mais un jours je ne vais plus pouvoir me retenir et je vais hurler, je vais lui hurler que ce n’est pas normal d’en être encore là après tout ce temps et tous ces efforts et que je veux qu’il fasse quelque chose ici là et maintenant. Même si bien sûr, il n’y est pour rien lui.

Je prendrais bien tous les médicaments en même temps ce soir. Mais je sais que ça ne ferait que me bousiller l’estomac et encore plus la santé d’autre, et rien de plus. Encore moins que le reste, ça ne changerait rien.