Effeuille mes rêves

Noooon

Je suis un peu découragée ce soir.

Le cours de ce matin s’est bien passé. Dur mais je me suis sentie capable de triompher. Mais alors le cours de cette aprèm… !
Une catastrophe.
Toutes mes interrogations du style "est-ce que je devrais partir ?" me sont revenues en mode boomerang. Qu’est-ce que je vais fairrrrrrre ? ? Où aller ? Où est mon avenir ?  ?  ? Un jour de tranquillité pour plusieurs de calvaire. Mon crâne va fondre, sérieux.
Je sais pas si je serai à la hauteur.
Je VEUX être à la hauteur ! Mais il y a cette voix, vraiment, qui me tuuuuue…

Je sais pas si je vais y arriver… Je sais pas. Cette phrase tourne en boucle dans ma tête, dans mes écrits, dans ma vie.
Oh mais j’aimerais tellement savoir ! QU’ON EN FINISSE. Mais non, jamais…

Fatiguée. Blasée. Dépitée.

Ah et j’ai eu l’information qui me stressait. Globalement, je m’en sors bien, ça va… Mais… Je reverrai Jareth finalement. J’appréhende franchement.
Dire que lui ne doit même pas savoir que j’existe… Moi je deviens folle rien qu’en entendant son nom à l’appel, même quand il est pas là. Je suis débiiiileuh ! ! Sans rire j’en ai pleinement conscience. Je m’en veux de m’être fixée sur lui, fixée sur une chimère. Je suis sûre que c’est une sorte de punition karmique. Je ne comprenais pas les filles qui s’accrochaient à du vent, qui se faisaient des films et du mal pour rien ; ben maintenant je pige très très bien. Et je me maudis d’autant plus.

Satanée moi. De l’aide, je supplie pour de l’aide…

Tiens d’ailleurs ça me fait penser que mon traître de frère a parlé de Jareth à mon père. Mon PÈRE. Par la faute de ce petit %@&$ que j’adore mais qui pour le coup a décidé de se venger de mon besoin de parler à ma famille, j’ai parlé garçon avec mon père.
Le problème ce n’est pas qu’il est hyper strict ou conservateur, non. Il me laisse vivre ma vie sans me poser de questions et en me faisant confiance. Et donc, le problème... ? Le problème c’est que c’est le genre de discussion qui le gêne encore plus que moi.

Du coup, quand bien obligé de me demander qui était Jareth il s’est exécuté, j’ai dit cash que c’était quelqu’un de la fac qui me faisait très très peur.

Gros silence. Il a cru que je me faisais raquetter, ou un truc du genre.

Au final, je lui ai expliqué (en arrondissant bien bien bien les angles quand même histoire de pas m’avouer que je suis une pauvre fille) et on a RAPIDEMENT changé de sujet.
Mais mon frère prouve une fois encore qu’il a choisi son camp : le camp du Mal. Et que je vais devoir me lancer dans une quête épique si je veux l’arrêter.

Je vais commencer par lui cuisiner quelque chose. Avec mon don, il sera automatiquement malade pour les trois jours qui suivent.
Oh non, j’ai pas envie de cuisiner. La flemme. J’veux pas avoir envie de cuisiner de toute façon (faire chauffer du blé comme ce midi est le summun de mes capacités).

Il faut travailler maintenant. Mais je suis FATIGUÉE. Je vais donner une heure mais je ne peux pas plus… Le week-end je ne donne pas plus de quatre heures par jour… Je suis assez désespérée.

Je ne PEUX vraiment pas faire plus. Je n’y arrive pas. Au-delà de ce laps de temps, je me rends salement malade de stress. Plus je bosse, plus je prends conscience de mes lacunes, de mes peurs, de mes difficultés. Et plus mes neurones font des nœuds.

J’avais besoin de l’écrire.

Je ne suis plus bouffée par l’angoisse mais par les doutes. Hhrrgh. Je souhaite tellement fort changer de vie… Vivre autre chose que cette vie. Mon leitmotiv. Mon seul espoir. Mais tu es où, p.tain ??! !

Est-ce que toute ma vie je vais sentir ce gouffre béant dans mon cœur ? J’ai soif de gens. Les gens qui sont hors de ma portée à l’école, dans la rue, je voudrais aimer tout le monde mais ça me fait en même temps tellement mal. De ne pas avoir d’écho. De me heurter à du néant. Je me vide de toute émotion. Plus rien, en face, plus rien… Quelque chose qui existe chez tous les autres mais un cordon coupé pour toujours chez moi. Une anomalie méprisable. Une sans-cœur.
Est-ce que je vais devoir partir dans un hôpital psychiatrique ? J’y pense de plus en plus… Parfois y’a des pensées suicidaires qui reviennent. Avec mes "à quoi bon ?". Et alors je me souviens de ce à quoi j’ai échappé l’année dernière. Une double menace qui revient me hanter. Menacer ma vie.

Si on peut appeler ça une vie.