Effeuille mes rêves

Noyade

Complètement à l’ouest de mes pompes ce matin.

Les émotions liés aux mauvais souvenirs prennent de plus en plus d’ampleur.
Je subodore la catastrophe. Je crains de faire une bêtise. Cathel et Vaea ne peuvent pas m’aider. Je suis toute seule à la fac. Si ça n’était que ça, je m’en moquerais, le problème c’est que ces remontées cognitives sont PLUS que de simples souvenirs.

Un mauvais souvenir normal nous fait grincer des dents, on est d’accord ?

Ben ceux-là ils ne sont pas comme ça. Ils ont une vie propre. Je les ré-expérimente à chaque fois qu’ils se présentent à moi. Je les redécouvre, m’en ré-imprègne. Comment passer à autre chose dans des conditions pareilles ?

Quand je ferme les yeux, ils me hurlent dans les oreilles et se faufilent dans mes narines.

Je suis en panique totale. TOTALE !  !  !

La directrice va me faire pleurer, c’est obligé. Je ne sais pas mentir quand je pleure alors je vais tout lui avouer. Et sa réaction… personne ne peut la prévoir.

D’un côté, si jamais elle me disait que je devais partir… peut-être que je serais soulagée. Je le regretterai sans aucun doute toute ma vie mais sur le coup je n’aurais plus à en baver comme ça.

Je pourrais prendre une année sabbatique. Travailler à Disney ou au cinéma pendant un an. Et puis aviser pour mon orientation.

NON ! Non, non. Ce n’est pas ça que je veux. Je veux mon diplôme, je veux traiter des gens, je veux…

En fait je ne veux plus rien. J’ai voulu m’en sortir tellement fort que j’ai cru que cette volonté suffirait ("quand on veut on peut") mais au final je me suis ré-ta-mée.

Plus jamais ça. Je ne crois plus en rien désormais. Toutes mes croyances se sont effondrées les unes après les autres, m’arrachant un pan de coeur à chaque fois.

Mon état de santé est comme un bocal. Fermé. L’eau qui se trouvait à l’intérieur a noirci et elle remplit le bocal de plus en plus, le niveau monte sans arrêt, et j’arrive bientôt au point où le couvercle va sauter…

Je sais que je dis n’importe quoi. Je pleure en même temps que je tape sur mon clavier. J’ai l’impression d’envoyer une bouteille à la mer, avec une lettre d’adieu dedans. J’ai l’impression que c’est la fin. Aucun de mes rêves ne se réalisera jamais, nous sommes au point de non retour, et l’eau croupie me remplit à 99,9% maintenant. Elle a gagné. Je me noie à l’intérieur de moi.

Je suffoque. Physiquement. J’abuse pas. J’ai la tête qui tourne, les yeux flous, la gorge serrée…

Je n’étais que rêves et maintenant ils sont morts. Alors je n’ai plus qu’à mourir aussi. Je n’ai jamais eu aucun talent, aucune aptitude, et la seule petite chose que je voulais qu’on me laisse c’est de l’air pour respirer, de l’espoir dessiné sous forme de rêveries innocentes, mais on les a mis en lambeaux.

C’est la fin de l’acte. Du dernier acte. C’est la fin.

Le truc cosmique qui s’amuse avec mes nerfs depuis plusieurs années a décidé de passer à la vitesse supérieure.

Je ne sais pas ce qui va se passer. Sûrement rien en apparence - parce que ce serait trop facile sinon - mais à l’intérieur de moi je sens déjà un tsunami de flotte boueuse prendre le contrôle de tout ce qui fût moi.

J’crois que c’est le moment de vous dire adieu. La fange triomphe. J’me relirai même pas, j’vais publier ça comme ça et on verra bien ce qu’il se passe par la suite.

J’ai si peur.