Effeuille mes rêves

Oppression de rêve

La tête dans le paté j’ai émergé de ce drôle de rêve qui me laisse une impression confuse et floutée.

J’avais avant de dormir fait comme l’autre fois : me concentrer pour me souvenir de mon rêve (vu que depuis quelques temps je les perds). J’ai également posé une question précise (dois-je continuer mes études dans cette voie ?) en espérant ainsi obtenir une réponse onirique omnisciente ; mais si je me suis effectivement souvenu de cette histoire nocturne, la réponse, je crois qu’elle m’a échappée.

Ou plutôt qu’il n’y en avait pas. Ce n’était qu’un rêve sans rapport aucun avec ma problématique.

Les images s’estompent mais il y avait surtout trois orques dans une piscine, la piscine de l’Antroom (la maison de mon grand-père où bien qu’il ne me soit rien arrivé de traumatisant je refuse d’aller à cause du sentiment oppressif abominable qui m’y hante). Divisée en trois bassins d’ailleurs pour qu’ils puissent sauter de l’un à l’autre. Un mâle, une femelle, et leur bébé. Je les contrôlais, je communiquais avec eux. Bien sûr, je les craignais un peu en même temps, mais ils m’obéissaient et je les respectais donc globalement tout allait bien.
Les gens venaient les voir et étaient très admiratifs, impressionnés. Apeurés eux aussi. Il s’est passé plein de trucs : je leur apprenais des tours, je passais mes journées à m’occuper d’eux.. j’me souviens notamment de maman orque qui a bouffé Gollum qui me faisait très peur sur les conseils de mon père ! Mon frère et moi on rêve de temps en temps de cet horrible personnage de fiction. Et ensuite au réveil on a tous les deux toujours l’impression qu’il est réel, prêt de nous, prêt à nous tuer, c’est affreux ; j’vous dis pas comment j’ai sauté sur l’interrupteur à mon réveil et les longues minutes de "sois pas conne, il peut pas être là… maman orque l’a bouffé" qui ont suivi.

Je ne comprends pas le message envoyé par ces animaux.

A la fin, un hélicoptère venait chercher d’abord le papa puis la maman pour les emmener ailleurs, car je savais que même si on s’amusait pas mal malgré quelques frayeurs ça ne pouvait pas durer.
Sauf qu’il n’est jamais venu chercher bébé orque qui lui voulait une autre vie. Alors une sorcière m’a appris à le transformer en… dé à jouer. Il était heureux comme ça.
La sorcière ensuite (après un court enchaînement "logique" dont je ne me rappelle plus) m’a faite allongée sur une table et a appris à ma cousine Sonny à me lire. Lire mon avenir sur mon propre corps. Je ne me souviens hélas plus de sa réponse - mais elle n’avait rien à voir avec mes études.

Avant ce rêve-là, il y en a eu un autre.
Je roulais sur l’autoroute avec une moto aux pneus dégonflés. Virée avec ma famille du côté maternel qui eux avaient choisi une voiture pour moyen de transport mais qui veillaient sur moi et l’état de ma bécane à distance.
Je sais qu’à un moment on s’est arrêté, j’ai revu quelqu’un que je n’ai pas revu depuis la primaire, j’ai acheté des bonbons, on a vécu là aussi quelques péripéties bien funs, des aventures qui nous ont soudés, mais je n’ai pas plus de souvenir.

Je ne comprends pas non plus pourquoi ce rêve m’a laissé une telle sensation étourdie (pas dans le bon sens) au réveil.
Bon ça aurait pu être pire bien sûr, mais quand même ce n’était pas un rêve dérangeant et je me suis plutôt amusée la plupart du temps… enfin, pas amusée, mais j’ai passé des moments pas désagréables quoi. Ce sont sûrement les orques. Je suis fascinée par tous les gros animaux marins mais cette fascination dans mes rêves transparait d’une manière qui peut être assez inquiétante.

Voire oppressante.

Bref. Je n’ai pas eu ma réponse et je ne pige absolument rien à ce truc que mon cerveau a inventé. Dommage.

Ça me fait penser à mon père. La dernière fois que je l’ai vu, je lui ai parlé de mes doutes et j’ai dit que j’étais peut-être condamnée à vivre ma vie entière avec eux.
Vous savez ce qu’il m’a répondu ? Avec un air assez mélancolique : "Ah ! Comme moi".
Mon papa si fort et si intelligent et si décontracté avait vécu toute sa scolarité dans le doute. J’y ai pas cru sur le coup. Mais ça m’a rappellé une autre période où je l’ai su plus vulnérable (je ne l’ai appris qu’une fois adolescente "mûre" hein, pas enfant) et comme à chaque fois j’ai eu une énorme bouffée d’admiration, d’amour, et de compassion pour lui. Cet aveu de fragilité m’a beaucoup émue. Je ne sais pas pourquoi, ça me fait toujours ça avec lui. Peut-être à cause de cette image de super-papa que la plupart des enfants ont - et gardent visiblement.