Effeuille mes rêves

Otis

Je me suis pris un de ces fou-rires en plein Auchan !

Seule hein, en plus ! Je faisais une petite course - seule donc, je vis seule donc j’ai pas de problème avec ça - et en traversant l’allée centrale pour aller payer je me suis retrouvée derrière un gars qui bouchait un peu le passage. Il n’était pas gros, mais il était bien grand et assez baraqué. Très viril et tout. Donc je ralentis, j’attends qu’il avance un peu…

Et d’un coup, le mec se met à… je sais pas comment dire ça.
Il s’est arrêté net, a tapoté trois fois la pointe de son pied gauche par terre avec un petit sautillement et est reparti. Nature peinture.

Il a croisé une connaissance à lui après et il l’a saluée, tranquille, comme si rien ne s’était passé.

Enfin y’avait juste moi qui m’étouffais derrière pour pas me faire remarquer en le fixant et rigolant comme une gogole.

Ok, c’est con dit comme ça, je peux pas super bien décrire le geste… On aurait dit une danseuse étoile en fait. Il a fait ça - tac tac tac - avec grâce, légèreté et précision (et pas du tout en mode efféminé ou caricatural ou quoi hein ! Pas dans l’excès, non, c’était un tout petit geste, très subtil, très rapide...).

Et c’est ça qui m’a fait mourir de rire. Il a fait ça comme ça, spontanément, sans raison apparente. Voilà. Il m’en faut peu, je sais.

Donc voilà, j’ai pas rampé pour aller à la caisse ensuite mais presque. Je pouvais pas m’arrêter de sourire béatement. C’est à ce moment d’ailleurs que j’ai remarqué que les gens ne sourient pas beaucoup, en fait. En voiture, au supermarché, dans la rue… 'Fin bon je juge pas, ça doit être la fatigue. Mais c’est dommage.

Bon et pour donner des nouvelles sur ma semaine, vite fait, bah mon mardi que j’ai passé à me soigner minutieusement pour limiter les dégâts au stage du lendemain… ehhhh ben il a servi à rien !
J’allais plutôt bien, jusqu’au moment où je suis arrivée devant la personne avec qui je devais travailler et là… bon je passe les détails. Mais j’avais une tête dégueulasse et j’arrêtais pas de me moucher. J’ai eu de la chance de tomber sur quelqu’un de sympa. Je ne suis pas docteur, mais la situation était comme si j’allais voir un docteur parce que j’étais malade et que c’était lui qui m’éternuait dessus toutes les deux minutes… C’est pas classe.

Bon j’ai éternué SUR personne, évidemment. Mais j’me comprends.

Mais vous savez, moi je crois pas qu’il y ait de bonnes ou de mauvaises situations. Moi, si je devais résumer ma vie, aujourd’hui avec vous, je dirais que c’est d´abord des rencontres, des gens qui m’ont tendu la main peut-être à un moment où je ne pouvais pas, où j’étais seul chez moi. Et c’est assez curieux de se dire que les hasards, les rencontres forgent une destinée. Parce que quand on a le goût de la chose, quand on a le goût de la chose bien faite, le beau geste, parfois on ne trouve pas l’interlocuteur en face, je dirais le miroir qui vous aide à avancer.
Alors ce n’est pas mon cas, comme je disais là, puisque moi au contraire j’ai pu, et je dis merci à la vie, je lui dis merci, je chante la vie, je danse la vie, je ne suis qu’amour. Et finalement quand beaucoup de gens aujourd’hui me disent : « Mais comment fais-tu pour avoir cette humanité ?  » eh ben je leur réponds très simplement, je leur dis : « C’est ce goût de l´amour », ce goût donc, qui m’a poussé aujourd’hui à entreprendre une construction mécanique, mais demain qui sait ? Peut-être simplement à me mettre au service de la communauté, à faire le don, le don de soi.

(J’adore ce film, fallait que je le case quelque part ici). Ici et ici aussi.