Effeuille mes rêves

Outrecuidance, fi

Et ça revient.

Je me rassois et le sentiment épandu que la vie n’a aucune saveur me reprend.

Mais je me suis laissé des messages. Un peu partout autour de mon lit. Pour ces moments-là justement. Ils ne semblent pas avoir la moindre pertinence. Ils n’évoquent rien.

Mais je dois continuer. Me forcer (gentiment) à les croire.
J’ai toujours ces pulsions suicidaires. Mais je me répète à chaque fois que si je les écoute, c’est comme si je condamnais quelqu’un d’autre. Quelqu’un qui aurait lu ce journal, maintenant ou à ses débuts, et se serait identifié à cet instinct morbide. C’est présomptueux, hein ? Mais cette idée me donne du courage. Moi qui ne suis personne, moi qui n’ai rien à apporter à cette planète… Si je survis. Si je m’engage à aller jusqu’au bout de ce que cette vie a décidé de me réserver, tout le monde peut le faire. Je suis si faible. Si effacée. Si j’arrive à le faire en ayant aussi peu d’estime et de confiance en moi, ainsi que le moindre don, tout le monde pourra.

J’ai rencontré d’autres personnes dépressives ces dernières années. Brièvement. Mais je me dis que si je trouve le moyen d’expliquer à quelqu’un pourquoi la vie vaut la peine d’être vécue jusqu’au bout, de le verbaliser, je pourrai… Pourrai quoi ? Ce n’est pas réalisable comme rêve, je raconte n’importe quoi.

Je ne vais pas rester assise là à taper sur mon clavier comme un (faux) ménestrel sous opium.

Et je vais couper court à cette tentative d’auto-réconfort par arrogance ! Non mais sérieux. Tiens, je vais publier cet écrit malgré tout. Pour toi, Future-Moi. Je suis persuadée que tu me reliras un jour. Paraît que les voitures volantes vont devenir une réalité, mais les voyages dans le temps je ne pense pas. Bref. Tu me reliras. Et tout est possible. Et même pour toi qui te demanderas peut-être ce qui aurait été possible si tu avais fait d’autres choix, il y a une réponse. Une réponse à la vie.

Mais je ne suis pas capable de te la donner. Désolée.

J’ai aidé un homme qui cherchait son chemin, dans la rue, aujourd’hui. Il était aveugle. Et tout seul. J’avais les bras surchargés de courses mais j’ai tout posé pour lui demander s’il voulait que je traverse la rue avec lui (j’aurais récupéré mes sacs hein je suis pas Superman non plus).
Franchement, je ne suis pas à plaindre. Alors je ne me plains pas. Mais si je trouve cette satanée réponse… je saurais que pour tous ceux pour qui c’est vraiment difficile (ou simplement différemment difficile que moi) que c’est aussi possible.

J’aime créer des choses dans ma tête. Je crois que c’est le cas de tout le monde. Mais je me suis rendue compte hier que c’est l'action qui me permet de court-circuiter la tristesse ou la déprime ou tous ces trucs pénibles émotionnellement. Je visualise quelque chose. Un simple stylo s’il faut. Dans le plus de détails possibles. Et la création me détend. Sentir mon esprit me détend.

De toute façon, j’ai demandé au chat de ma belle-mère son secret pour être heureux (et LUI pour le coup EST arrogant) et il ne m’a pas répondu. Même pas un miaou. Alors faut bien que je trouve quelque chose pour ces moments-là.

Ah et j’aime bien chantonner. En inventant des paroles sur ce qui se passe là maintenant dans ma vie, sur ce que je voudrais, ce qui m’énerve… Faut vraiment que je reprenne des cours de chant. Mais physiquement ça détend.