Effeuille mes rêves

Panique à bord

Mon esprit tourne en rond. J’en gémis intérieurement. Je suis tellement pathétique !
Je crois que j’ai passé trop de temps à lire les journaux des autres en espérant qu’ils m’apportent des réponses.

Je panique. Tout est sujet à panique : le reportage sur Disneyland que j’ai regardé (il traînait dans mes favoris depuis un moment), ce livre-si-je-le-lis-je-considère-que-tout-mon-retard-dans-les-études-est-rattrapé conseillé par une prof que je n’ai plus rouvert depuis une semaine et demi, les idées du blog dont j’ai déjà parlé qui me reviennent par salves moqueuses, ma silhouette en forme de poire dans le miroir, la musique qui égrène ma réflexion mais que je n’arrive pas à stopper...
J’ai peur.
J’ai peur de ne pas parvenir à changer ma vie. Après tout, je m’agite, je me pousse à prendre ma vie en main, mais… à quoi bon ? Je ne me sens pas plus heureuse, plus rassurée. Plus aimée. Je ne brille pour les yeux de personne - et quand je regarde cette grosse baleine qui se fait passer pour moi dans le miroir, je me demande comment je pourrais l’être un jour.

Je recommence également à angoisser dès que j’ouvre un cahier. Je ne travaille pas assez, ça recommence ENCORE à me bouffer la tête.
J’ai peur de ne pas surmonter cette épreuve, surtout, et de reprendre la nouvelle année… de la même façon que celle qui vient de passer. On voit où ça m’a menée… j’ai peur de replonger.
Peur de ne jamais changer. Sur tous les plans.
Peur d’espérer en vain.
Peur de n’être qu’une moins que rien.
Peur de ne pas être capable. D’aimer, d’étudier, d’être heureuse, de rendre heureux, d’avoir le moindre talent…

Voilà comment je vois les choses : je suis un train qui a déraillé il y a peu de temps. J’ai pris du temps pour me restaurer, pour me retaper, mais maintenant que je viens de me remettre sur les rails, les wagons se sont animés tout seuls et partent vers une direction inconnue. Je ne sais pas si c’est une bonne chose car ils risquent de m’entraîner une fois de plus vers de mauvais trucs, de mauvaises façons de penser.
J’ai peur de dérailler une fois encore…

J’ai tellement peur. Peur de changer de vie… mais encore plus de ne pas y arriver.

Est-ce que j’ai ce qu’il faut pour ça ? Est-ce que je le mérite, au moins ?

Pire que tout : est-ce que je ne suis pas en train d’imaginer ce mouvement ? Je ne sais plus quoi penser.
Je suis aveugle ; je ne vois plus rien dans les cartes, dans l’avenir, dans les mots. Ça me tue.