Effeuille mes rêves

Papier et SOSIE

J’ai envie de commencer un nouveau journal sur papier (j’ai fini le dernier début juin ou début juillet il me semble). Mais je ne sais jamais quoi dire dans la toute première entrée.
Ça me le fait à chaque fois. Ça doit être quelque chose comme le quatrième que j’entame donc je n’ai pas trop envie de faire un bref résumé de ma vie. Ou alors peut-être faire un genre de liste ? Ou une espèce de tableau avec des mots et des dessins (mais je dessine TELLEMENT mal, ça me prendrait une éternité !) (et niveau gestion du temps, j’ai déjà beaucoup de mal à venir à bout du capharnaüm qu’est ma chambre que sont mes chambres puisque que ce soit chez mon père ou ma mère c’est la catastrophe).

En plus, j’hésite toujours trente ans avant de commencer un nouveau journal. Parce que j’attends malgré moi qu’il se passe un truc qui change profondément ma vie, pour que j’aie des toooonnes de trucs palpitants à écrire. Mais bon forcément ça n’arrive jamais. Mais c’est pas grave, le principe d’écrire pour se remémorer les petits détails qu’on a oublié de son quotidien, des années plus tard, me fascine.
Et puis je le choisis minutieusement. Le dernier était un carnet bleu foncé. Le pire, c’est que quand je l’ai acheté c’était en doublon avec un autre, plus clair et plus joyeux (bon ok je confesse : rose… oui...), et quand je me suis demandé lequel entamer en premier, je me suis dit que bleu foncé c’était la couleur de la déprime, tout ça, qu’en commençant par celui-là j’allais passer une sale année. Ben… ça s’est avéré !

Mais bon c’est idiot, cette superstition que j’ai eue… Elle m’a suivie à chaque fois que j’ouvrais mon journal. Et comme la plupart du temps, c’était pour déverser des choses que je n’osais pas écrire ici… Ça l’a renforcée.

Le point positif, c’est que maintenant que je vais débuter l’autre, les choses devraient être "plus claires et plus joyeuses" ! Eh. Qui a dit "roses" ? ><.

Ce qui est "drôle", c’est que même sur papier je me restreins. Je ne parle que très rarement des évènements dans ma vie. Je me concentre surtout sur mes états d’âme. Comme si j’avais peur qu’en citant des gens on puisse m’en vouloir par la suite, où qu’on puisse me traquer si je commençais à relater des évènements dans les détails. Ridicule.
Mais je me sens espionnée depuis très très longtemps, en fait. Comme si j’avais en permanence des yeux braqués sur moi qui me jugeaient. Épuisant. Quand j’étais en prépa, je fixais parfois mes profs pendant plusieurs minutes, très intensément, en essayant de les hypnotiser. (Ouais je sais… "un peu" pas tranquille la fille dans sa tête). Quand je suis entrée dans ma fac, j’avais l’impression que mes directeurs pouvaient voir directement mes pensées dans ma tête. Du coup, je leur lançais des défis idiots lol. "Si vous m’entendez, grattez-vous le bout du nez… OH MON DIEU IL/ELLE L’A FAIT !". (Je rigole pas : le nombre de fois où c’est arrivé… !). Je sais que c’est fou, je sais que personne ne peut concrètement croire à des trucs pareils… mais c’était des impressions si fortes !

Je n’y croyais pas vraiment. Mais j’y pensais. Le nombre de grimaces sorties de nulle part qu’ont dû surprendre les gens qui croisaient mon regard quand dans ces moments-là j’étais à fond dans mon délire… (Le nombre de fois où j’ai pâli subitement parce que le prof regardait dans ma direction pile au moment où je lui disais mentalement de le faire… !).
Heureusement maintenant j’ai réussi à me persuader que personne ne pouvait lire mes pensées. Il était temps hein ?

Encore un tout dernier détail sur ce qui s’est passé pendant le voyage… Un truc de fou, franchement, je le gardais pour plus tard parce que j’étais toute excitée de le raconter.
J’ai un sosie.
Et il habite là-bas.
C’est un truc… de fouuuuuuuu ! Non ? ! Bon ok je vais détailler un peu plus. On est entrés dans un restaurant typique de la région (le repas était d’ailleurs trop trop bon !) et on flânait un peu dans la boutique associée quand le gérant m’a dit :

"Toi. Tu sais qu’on a tous un sosie dans le monde… Toi tu as un sosie ici ! C’est pour ça que je te regarde depuis tout à l’heure : tu es le sosie de la fille d’une de mes employées !"

Bon j’étais crevée alors sur le coup je l’ai regardé d’un air un peu absent. Et puis l’information est montée au cerveau. Et mon cerveau, il était suuuuper content, je l’entendais qui criait "hourra !!!" dans le fond de ma tête mais j’étais trop épuisée pour répondre à ses sollicitations et penser à réagir.

Donc ensuite on se met à table et la mère de mon sosie vient me voir, super gentille, et m’expliquer la même chose. Et là j’ai commencé à réagir. Je me suis imaginé plein d’histoires de plans tirés sur la comète (ça se dit pas mais on se comprend) - comme d’habitude - et j’ai timidement osé demander le prénom de sa fille. "Pamela". C’est donc tout ce que je sais d’Elle (première fois que je donne le vrai nom de quelqu’un sur mon journal, brrr ça fait bizarre) et tout ce que je saurai à jamaiiiis (à moins que la mère en ait parlé à sa fille et qu’elle lise mon journal et qu’elle prenne contact avec moi !) (ce qui serait génial, trop marrant, et trop trop parfait, mais bon je préfère ne pas me faire TROP de films non plus).

Mais - moi qui suis une grande fanatique des signes - j’ai débattu avec moi-même pendant une bonne demi-heure de ce que ça pouvait vouloir dire… et j’ai déjà oublié toutes mes théories. MAIS. Je suis persuadée que quoi que ça soit, ça ne peut être qu’un bon présage !

Alors je suis trooooop contente de cette histoire.

En plus, je m’étais dit en partant qu’il n’y avait qu’à Sonny qu’il arrivait des trucs énormes, genre coïncidences supersoniques. Et ben cette fois j’ai eu droit à la mienne ! Et j’ai été plutôt gâtée !