Effeuille mes rêves

Pareille à mon nez. Irritée.

J’ai supprimé l’écrit sur la soirée bizarre de hier.

J’ai le nez en sang. Métaphoriquement. À force de me moucher.

Je suis énervée également. Non, pas énervée en fait… juste très très irritable.
Je voulais profiter de cette semaine légère pour dormir. J’peux pas à cause de mon p.tain de nez (j’ai noté qu’il cumulait les défauts tout exprès pour me gonfler celui-là). Je voulais être prête pour la p’tite fête de mercredi et vu mon état je peux deviner que je passerai plus de temps à me moucher qu’à m’amuser. Je voulais arrêter de me prendre la tête pour des conneries. Je voulais changer.

Finalement, la "malédiction" dont j’ai parlé m’a rattrapée. J’ai dit que je ferai croire que je suis malade lundi pour ne pas aller en cours et résultat je suis vraiment malade.
Ce n’est pas une surprise. Je savais que ça arriverait. J’aurais juste voulu que ça ne soit pas un rhume, juste une bonne grosse toux. La toux ça a quelque chose de romanesque. On tousse, keuf keuf, oh pauvre petite mais c’est tragique elle est si mignonne j’ai plein de compassion pour elle, va-t-elle s’en sortir ? - alors que le rhume on morve, on mouche, puis on remorve et on peut plus se moucher parce que ça fait trop mal, c’est juste BEURK. Dégoûtante petite pestiférée que voilà. C’est pourquoi j’aurais préféré une toux. Une toux romantique.

Bah, de toute façon…

Ce qui m’agace c’est que je suis entrée (une fois de plus) dans une phase de "je déteste tous les couples". Sonny me parle de ses soucis avec son chéri et j’ai envie de hurler. Je m’sens toujours tellement inférieure à elle… J’ai juste envie qu’elle aille bien. C’est horrible à dire mais le fait qu’elle ait tout le temps des problèmes (des problèmes qui sont vraiment pas de sa faute, hein, elle les cherche pas du tout) bah dans mon étroit petit esprit égoïste ça m’épuise. J’suis une vraie connasse, non ?
Bref. Ensuite les épisodes de série que j’ai maté aujourd’hui en montraient un toutes les deux minutes, de couple, en train de s’embrasser, en train de sourire, en train de me ramener à tout mon pathétisme, ça a fait exploser mon capital amertume.
J’veux pas devenir une fille incapable d’être heureuse pour les autres. J’ai été suffisamment heureuse uniquement pour les autres, j’veux que ça soit à mon tour maintenant… Est-ce si égoïste ?
J’ai conscience d’avoir de la chance dans ma vie, mais pas celle d’être pleinement épanouie. J’ai l’impression de jongler sans cesse entre l’état "malheureuse" et l’état "pas heureuse, pas malheureuse, un peu floue entre les deux la Aloha là on sait pas trop quoi en faire après tout ouais mais on va pas non plus lui accorder ce dont elle a besoin parce qu’il faut bien quelqu’un à emmerder et puis elle sert qu’à faire ch!er le monde". J’ai envie d’être vivante. Vraiment vivante.

Mais j’ai l’impression que mes envies ne se réaliseront jamais. Que si mes vœux sont entendus, ce n’est que dans le cadre d’une espèce de grande blague cosmique.

Est-ce que je fais partie de ces personnes qui ne peuvent pas s’empêcher de se plaindre et de râler ?
Ou est-ce que vu que c’est mon journal cette dérive mentale est compréhensible ? Ne suis-je pas insupportable à la longue ?
Bon sang, j’espère que je ne suis pas une de ces horribles personnes jamais satisfaites de rien. Et que je ne deviens pas aigrie. Je ne supporterais pas d’être devenue aigrie - jamais je ne pourrais me pardonner si je m’apercevais que c’était le cas. Je ne parviendrais plus jamais à me regarder dans un miroir - encore une fois c’est une métaphore, car je n’aime pas vraiment me regarder dans un miroir en temps normal.

La Aloha grognon sort de son antre. "Release the Kraken".