Effeuille mes rêves

Pas ma place

J’ai encore rêvé du grand amour cette nuit.

Ça fait deux trois fois que je trouve mon réconfort comme ça. C’est tellement agréable. Comme si je retrouvais la partie de moi qui me manque, qui m’est inaccessible dans la vraie vie.

Parce qu’en ce qui concerne la réalité, j’ai renoncé à l’amour.

Mais pas dans le sens "ouais je dis ça en espérant secrètement que c’est tout le contraire qui va se passer". Renoncer renoncer. Pour un temps en tout cas.

Je crois que je ne n’ai pas le choix. Que je ne suis pas prête en fait.
Je voudrais l’être, je souhaite très très fort vivre cette expérience que tous ceux de ma génération ont connu voire ont l’immense chance de connaître actuellement, mais il me manque encore du "matos" derrière pour l’assumer je crois.

Je l’avais pas déjà écrit ?
Comme quoi, j’ai de brefs instants de lucidité qui reviennent ponctuellement.

Ça n’empêchera sûrement d’y repenser, de souhaiter que ça vienne vite malgré tout, mais dans le fond si je dois être honnête je dois admettre que j’ai peut-être besoin d’être encore seule avec moi-même.

Afin de vraiment apprécier ma vie telle qu’elle est et non pas telle que je voudrais qu’elle soit.

Peut-être que si j’apprends à faire ça, mes voeux se réaliseront enfin ? Comme quoi je dis que j’y ai renoncé mais c’est pas tout à fait vrai. J’y ai renoncé pour l’instant on va dire.

Quand je vais rencontrer quelqu’un, je vais être ridicule.
C’est p’tètre aussi par lâcheté que j’abandonne. J’ai jamais été en couple, jamais embrassé, à mon âge. J’me sens vieille et dépassée. J’vois pas pourquoi on s’intéresserait à moi mais l’espoir fait vivre et chez moi il a la dent dure même si ça fait mal parfois souvent.

Quoi que l’espoir en ce moment…

Il occupe pas une place si grande que ça dans mon coeur. Il fait juste de la figuration en fait, c’est comme s’il n’était pas là. Peut-être n’y est-il même pas pour ce que j’en sais.
J’ai fermé mon coeur à toute introspection pour le moment. Y’a un écriteau gribouillé "chantier en travaux" dessus.

Tout ça pour dire que je me remets de "l’accident hormonal" d’avant-hier comme on l’a appelé avec ma mère.
Un peu blasée. Un peu déconfite. Mais je ne suis plus dans le même état.
C’est un proverbe irlandais je crois qui dit que le sommeil est le meilleur des remèdes (avec le rire).

Mes parents m’ont appelée à nouveau hier soir, pour s’assurer que j’avais remonté la pente.
Ma mère était inquiète. "C’était très violent quand même...". Je ne m’en étais pas rendue compte jusqu’à ce qu’elle le dise. Je me suis platement excusée. Je crois qu’on est toutes les deux soulagées que je rentre ce soir pour le week-end. J’appréhende un peu de ne pas être capable de repartir.

Je suis convoquée à quatre heures dans le bureau de la direction. C’est-à-dire avec les personnes les plus influentes et importantes de l’école.
J’ai la trouille.
Va falloir que je justifie mes absences et je ne peux pas dire la vérité : que je ne pouvais pas aller en cours à cause de rechutes ou d’angoisses poussées à leur paroxysme. Ils vont croire que je n’ai pas ma place ici.

Merci Sanook pour les encouragements dans ton écrit =)