Effeuille mes rêves

Petite phrase agaçante

Suis bel et bien allée voir Vanina et Paula.

J’ai bien fait. Je le savais qu’il fallait le faire, hein, je le savais. C’était… c’était bien. Voilà.

Au début, j’ai eu du mal à m’adapter à la non-solitude, parce que j’avais l’impression d’être totalement à la ramasse, d’avoir loupé des tonnes de trucs. Dans leurs vies, beaucoup, et peut-être aussi dans la mienne.
Tous mes amis commencent à être diplômés et en recherche d’emploi, et ça fait vraiment bizarre. Quand je le lisais chez d’autres étudiants, je me disais que c’était pas si grave, pareil quand des amies de la fac plus âgées que moi m’en parlaient. Je me disais que moi je m’en foutais. Ben non, ça fait quelque chose quand même !

Mais c’est passionnant je dois avouer !

Autre chose : j’ai remarqué que Paula avait beaucoup de complicité avec Van', alors je me suis encore dit…

En fait, pas la peine d’en parler huit ans, voilà la chanson qui résume parfaitement tout ce que j’ai ressenti : https://www.youtube.com/watch?v=-lpaycNTtso.
Mais bon heureusement, ça n’a pas duré. Je suis partie de là en me disant que ça faisait du bien de décompresser, et que c’était vraiment dommage qu’il y ait pour moi à chaque fois une phase douloureuse mentalement (trop intense pour être simplement mise de côté) avant que j’arrive à me laisser aller.

Vraiment, cette douleur psychique, j’en peux plus !

Mais je sais que c’est avec de petites batailles de ce genre que je vais m’en débarrasser.

Et j’ai toujours choisi mes batailles. Très minutieusement.

Le truc, c’est que pas tout le monde le comprend autour de moi. Que mes choix sont un peu plus poussés qu’ils n’y paraissent. Que je vise quelque chose de grand - de plus grand. Mais ça fait rien.

Je discutais avec mon père l’autre jour, et quand je lui ai expliqué que je ne ferai pas telle chose (oublié ce que c’était) parce que je n’avais pas envie, et que je ne me forcerai pas, il m’a répondu l'inévitable "des fois dans la vie, on ne fait pas toujours ce qu’on veut".
J’me suis énervée, direct. Pas très malin, je l’avoue. Non ; mais en fait, j’étais pas énervée contre lui. C’est juste que cette phrase… je la trouve vraiment débile !

C’est pas parce qu’on fait pas toujours ce qu’on veut dans la vie, et que effectivement des fois il faut se forcer, que systématiquement à chaque fois que j’ai pas envie de faire un truc je dois m’y obliger, #&%@ !  !  ! Cette maxime fait partie du top cinq de celles qui me font bouillir.

Évidemment, dans la vie on ne fait pas toujours ce qu’on veut, je n’ai jamais prétendu que j’avais ce pouvoir. C’est juste que quand je peux faire comme j’ai envie, même si c’est pas comme ça que font les autres, eh ben je ne vais pas m’en priver !

Surtout maintenant !

C’est vraiment quelque chose qui va devenir un peu ma philosophie personnelle. Mon leitmotiv.

Je suis persuadée que c’est un des trucs qui m’a faite plonger, à la base, le fait de me forcer systématiquement.
C’est sûrement pas la première fois que je dis ça, mais je sais que la cause de ma dépression est multi-factorielle. De tous ce que les spécialistes que j’ai vu m’ont dit. Et puis la colère que je ressens à l’évocation de cette phrase… c’est bien qu’il y a au moins de parcelle de vrai dans ce que j’ai dit.

Du coup, ça me fait penser qu’il faut que je prenne rendez-vous avec mon psychiatre avant la rentrée. J’ai décidé de lui prouver ma magnanimité et de revenir le voir. Ne serait-ce que pour lui expliquer mon point de vue sur ce qu’il m’a dit l’autre jour. Ce que j’aurais dû faire sur le coup. Parce que sinon je vais mâchouiller ma colère et ça va être dégueulasse.
Et puis surtout, c’est l’homme qui me suit et qui est censé savoir décortiquer ma cervelle ! Si lui part sur une piste qui me paraît à ce point improbable et ridicule… Je ne m’en sortirai jamais. Peut-être que ça a l’air de rien, mais c’est gigantesque pour moi cette erreur de point de vue, et fondamental qu’il ne pense pas ça de moi !

Quand j’allais chez la psychologue, elle m’a souvent dit des trucs durs à encaisser. Le psychiatre aussi, d’ailleurs, c’est pas la première fois. Mais toutes ces fois-là, je sentais qu’il y avait du vrai. Alors je me taisais, je rentrais, je réfléchissais très intensément là-dessus et quand ça prenait sens, on en reparlait et je pouvais avancer.
Mais là, non, je sens que c’est faux. Ça arrive, ça se répare, mais j’espère qu’il ne fait pas partie de ces docteurs qui n’écoutent pas leurs patients sous prétexte qu’ils sont malades et qu’ils sont trop englués dans leur vie pour voir l’évidence. Il y a des tonnes de choses que je ne vois pas, c’est vrai, mais quand même, y’a des choses sur moi que je sais aussi.

Bref, hahaha, je suis partie dans un hors-sujet compleeeeeet ! Je voulais simplement évoquer ma petite sortie. Je vais aller boire un verre avec Charlize, avant le départ, en début de semaine.
Et je n’ai toujours pas écrit la lettre à Cyann.