Effeuille mes rêves

Peur de ne jamais m'en défaire

J’ai tellement de colère en moi.

Je me sens perdue. Comment j’en suis arrivé là ? Comment j’ai pu accumuler autant de rage sans m’en rendre compte avant ?

La très grande majorité de cette colère est dirigée contre moi-même, en fait. Mais je suis totalement confuse, je ne sais pas comment m’en débarrasser.
Est-ce que ça va avec la dépression ? J’ai lu je ne sais plus où que les gens dépressifs étaient plus en colère que tristes… Je l’ai peut-être même déjà écrit ici, il y a un certain temps. Mais je suis ainsi depuis tellement d’années. Tout ce fond malsain s’est tellement ancré en moi… J’ai peur de ne jamais m’en défaire.

De rester en colère et frustrée toute ma vie.

En fait, si je me pose cinq minutes et que je réfléchis, je m’aperçois que beaucoup de ma colère est dirigée contre mon manque de confiance et d’estime en et pour moi. Je me déteste d’être grosse même en faisant attention et du sport, je me déteste quand je dis des choses stupides (et j’ai l’impression de ne dire que ça) mais je me déteste aussi quand je me tais trop par peur ou par doute. Je me déteste encore pour plein de choses, je préfère ne pas dresser une liste complète sinon je vais casser le peu de moral que j’ai réussi à conserver.

Je me déteste notamment quand je me ferme aux gens par peur d’être jugée ou de souffrir.

Ne serait-ce que tout à l’heure : j’ai dû sortir pour faire une course rapide. Je croise un voisin donc spontanément je lui fais un grand sourire et je lui dis bonjour. En fait, je ne l’avais jamais vu de ma vie mais bon je fais ça avec tout le monde (du moins j’essaie quand je ne suis pas plongée dans mes pensées noires qui me ferment à absolument TOUT ce qui fait le monde réel/extérieur) (je m’isole comme ça de moins en moins surtout maintenant mais y’a des jours où je ne me contrôle pas) bref je disais quoi ? Ah oui donc je salue le mec, mignon mais que je n’ai jamais vu de ma vie mais vu qu’il se dirigeait vers chez un des voisins de mon père j’ai supposé qu’il en était un. Et lui me salue aussi… et me tape la bise. Et me demande si ça va. J’ai bugué parce que je me demandais "Mais attends, il te connaît ? Donc TU le connais ? Mais c’est qui ?? ? Rho tu t’en souviens plus, sérieux… bon ben tu vas quand même pas lui répondre "euh ouaiiis mais qui t’es toi ?". Ah non, non, Aloha, je te GARANTIS que c’est pas ce que tu vas répondre ! Débrouille-toi !". Donc j’ai répondu un petit oui du bout des lèvres et je me suis enfuie.

Je m’enfuis TOUJOURS. Et ça m’énerve.

Mais bon, je me déteste aussi quand je me livre trop aux gens. Sur JI par exemple, tout ce que je dis est contrôlé à 100%. Je n’écris qu1% de ce qui fait ma vie (et quand ça devient trop spécifique, comme ce que je vis à l’école, je code absolument tout). Sauf qu’étant extrêmement pudique, cette frontière est très rapidement dépassée. J’ai l’impression une fois que c’est fait que ce qu’il y a en moi est nauséeux et que les gens vont se mettre à me battre pour être aussi… dégoûtante.

Bon à part ça, je me suis rendue compte que y’avait quand même des trucs qui s’étaient améliorés depuis le début de l’année.

Genre avec les gens de ma classe. Je parle à plus de gens qu’au début (même si ça reste timide) et trois filles que je considérais comme des copines… je pense qu’on est amies maintenant. Et c’est vraiment cool de pouvoir lever la tête une fois de temps en temps et de regarder les gens dans les yeux - même pas longtemps.

Mais tous ces changements restent… infinitésimaux face à ce que je ressens. J’veux dire que si une tornade vient détruire ta maison et que derrière tu reconstruis une maison en bois… Ça aura beau être la plus belle maison en bois de l’univers et la plus luxueuse qui soit, quand la tornade revient ben elle casse tout quand même. C’est ce qui se passe avec moi. La dépression rase tout et à chaque fois que je reconstruis quelque chose par derrière, ça reste trop fragile face à l’énormité de ce qui me dévaste régulièrement.

Pour ça que y’a des jours où je dis que je ne veux plus me battre. Où ça sert à rien. Où je laisse les pensées noires faire ce qu’elle veulent (faut savoir qu’elles sont TOUJOURS là, à gratter ma conscience, 24h/24 mais que quand j’ai le moral j’ai la force de les ignorer/repousser).
Moi toute seule, je n’ai que quelques planches de bois pour tout recommencer à chaque fois. Donc je SAIS que ça reste vain. Il faudrait que je me fasse un bon abri anti-cyclone, mais je n’ai pas le matériel pour. Je n’ai que du bois à disposition. Alors je construis des cabanes en bois et espère que les tornades s’en iront.

Ça faisait longtemps que je n’avais pas fait une métaphore pourrie.

Faut y aller pas à pas, pour guérir, c’est sûr… Mais à ce rythme-là, dans 35 ans j’y suis encore, et c’est vraiment pas ce dont j’ai envie.

J’ai fait un rêve sympa cette nuit.
Je me souviens qu’il me donnait un peu d’espoir.
Mais il était de la catégorie "rêves fuyants". C’est-à-dire qu’au réveil, c’est comme si j’étais préprogrammée à l’oublier. Il fallait qu’il s’envole, même si je faisais tous les efforts possibles pour le retenir ; je n’y suis tout simplement pas arrivé, comme si c’était prévu.

Donc je peux juste dire qu’il y avait de l’espoir… il me semble. Je ne me souviens de rien à part que quand j’ai ouvert les yeux je me suis dit "Hey, sympa le rêve !", mais ça reste très brouillon et le fait de ne pas pouvoir l’analyser mieux me laisse confuse. Comme s’il était possible que tout compte fait, il ne soit pas si bien que ça.