Effeuille mes rêves

Phrases inutiles

Je suis allée faire une prise de sang aujourd’hui. J’ai dû être piquée environ 12 fois, haha !
Je sais pas pourquoi, le mec n’arrivait pas à trouver mes veines, alors que la dernière fois ça s’était bien passé. Il a planté l’aiguille à trois endroits différents mais à chaque fois il s’y reprenait quatre ou cinq fois. Du coup, je ne crains pas particulièrement les piqûres, mais sur la fin j’ai failli faire un malaise. Je ne sais pas pourquoi mais je ne me sentais vraiment pas bien.

Mais bon, quand je suis sortie prendre l’air, ça s’est terminé. Et j’ai deux gros bleus sur les bras maintenant. J’aime bien, je sais pas pourquoi.

Mais encore une fois, ça a été l’illustration du fait que je me prends sacrément trop la tête pour des conneries. Je me suis dit que les 12 piqûres au lieu d’une, c’était peut-être un signe de mon acharnement à chercher absolument des signes de partout justement (parce que juste avant d’entrer dans la salle, c’était ENCORE ce à quoi je pensais obsessionnellement) et surtout de mon désespoir à ne pas trouver de solution, de déclic, malgré tous mes efforts pour les provoquer et être active.

C’est idiot et je me prends trop la tête, je sais. Mais en même temps c’est pas faux…

Ça me rend FOLLE de ne pas pouvoir m’en sortir, là, maintenant, tout de suite. De ne pas rêver du geste magique que je dois faire pour aller mieux enfin.

J’ai fait un rêve cette nuit qui va dans ce sens. Mon vœu le plus cher arrivait, je pouvais le voir au loin. Mais quand je l’ai cherché ensuite pour le rejoindre, il avait disparu. Je savais qu’il n’était pas loin mais je ne pouvais toujours pas en profiter, le vivre enfin. Le réveil a été pénible.

Sinon, Cathel m’a stressée ce matin. M’énerve quand elle fait ça. Quand elle se maintient dans des ondes négatives. Ne vous moquez pas, je sais très bien que je ne suis pas un exemple à suivre de ce côté. Mais je vous assure que en dehors de ce journal, dans la vraie vie, j’ai un comportement complètement différent.
Je l’ai déjà dit, les gens ne me croient même pas quand je leur dit que je suis dépressive. Ils me voient tout le temps en train de sourire, de dire des trucs gentils… De toute façon, j’ai du mal à décrire ce que j’ai exactement. Ce que je ressens. C’est comme si on m’avait mise dans une marmite d’eau bouillante avec un bandeau sur la bouche, et que les gens dans la pièce d’à-côté me demandaient si ça allait : je ne pourrais répondre que par un mmmmmm’ment et ils croiraient que ça veut dire "oui oui ça va t’inquiète !".

Un jour, je gagnerai probablement le césar de la métaphore la plus pourrie de l’histoire. Mais bref !

J’ai aussi pris conscience d’à quel point j’ai grossi depuis les cachets. Ça fait mal au cœur. J’ai pris au moins deux tailles.
J’ai envie de me crever les yeux quand je vois toutes ces filles si minces et parfaites dans ma promo ; je suis contente pour elles parce que j’imagine le bonheur qu’elles doivent ressentir à être comme ça, mais j’ai tellement tellement honte de moi.

Bon et encore une pensée idiote qui m’est passée par la tête mais pas grave je l’écris quand même : je réfléchissais tout à l’heure et je me suis dit qu’il fallait peut-être que j’accepte de faire les choses à ma façon.
Mais maintenant que je l’écris je trouve ça stupide parce que c’est le genre de phrase qui fait tout beau quand t’y penses sur le coup mais qui n’ont aucune valeur ensuite, confrontées à la vraie vie. Dommage. Je l’aime bien cette phrase, j’aurais voulu qu’elle soit vraie. Mais "ma façon" ne m’a conduit qu’à du vide et à une inutilité suprême donc bon.

Jeeeeeeeeee ne me plains pas, je constate !

J’en ai eu une autre. Je les fabrique à la chaîne, ces phrases-là. Faut que j’apprenne à aimer ce que j’ai au lieu de courir après ce que je n’ai pas.
L’ennui, c’est que j’ai peur dans ce cas de ne me contenter que de ce qui est là - et qui me fait donc souffrir - et de ne jamais le dépasser, de stagner, et de ne pas connaître le déblocage auquel j’aspire si fortement. Remarque, comme ça je souffre aussi alors autant tenter quelque chose de nouveau.

P.S : Et je rappelle que si quelqu’un contacte un diariste par le formulaire "contact", il reste anonyme s’il ne lui fait pas savoir son adresse ou celle de son journal...
Je trouve ça dommage de ne pas pouvoir répondre à la personne qui m’a envoyé un message par ce biais =)