Effeuille mes rêves

Plus adulte

Sortie familiale aujourd’hui. On est allés randonner (balader, plus précisément, car même si la virée a pris la journée à cause de la route à faire, la marche en elle-même ne durait que trois heures) dans une rivière avec mes grands-parents, mon oncle, ma mère et son copain, mon frère et moi.
C’était génial ! ! La rivière était fraîche mais pas froide (impossible avec cette chaleur brutale d’avoir froid), y’avait plein de petites cascades à escalader, des trous, des ricochets à faire… on a même fait une course de bateaux en papier avec mon frère ! (J’ai perdu mais c’est parce que Môsieur a fait le fourbe. Capitaine Lol, mon sompteux bâtiment, a été parfait. Et je tiens à préciser qu’une fois la compétition terminée, on a ramassé les feuilles mouillées - j’entre toujours dans une colère noire quand je vois des déchets jetés dans la nature.)
J’ai fait une demi-heure de scooter avec mon oncle. C’était magique ! La route exposée et le paysage montagnard me donnaient l’impression quand je tendais les bras de voler… Ça peut paraître simplet, comme idée, mais j’ai vraiment apprécié cette sensation de chance.

Ah et par contre, moins bonne nouvelle : j’ai eu ma première contravention.
Je n’en parle pas trop autour de moi parce que je préfère éviter la réflexion que tout le monde est en droit de me faire (vu que je me la suis faite à moi-même) : c’est bien fait, je la méritais. C’est vrai que je conduis pas très bien, trop brusque. Je suis pas un chauffard, non plus, mais je vais trop vite et parfois je rogne sur les limites de vitesse… et là, ça m’a coûté 90 euros et deux points en moins.
J’étais à quinze jours de la fin de mon permis probatoire. Je peux vous dire que la leçon, je l’ai retenue ! Il ne me reste plus que quatre points qui me semblent bien fragiles (un stop glissé peut donc me retirer le droit de conduire !). Mon père m’a dit que je n’aurais pas dû payer tout de suite comme je l’ai fait car il aurait été prêt à prendre l’amende et le retrait de points (lui qui les a tous) pour lui. Ça m’a touchée. Mais je me dis qu’au moins j’ai assumé ma bêtise jusqu’au bout - je me sens un petit peu plus adulte.

En fouillant dans les bouquins à ma mère, à la recherche d’un traité de méditation, je suis tombée sur un livre que j’ai tout de suite dévoré et qui m’a bouleversée. Il s’appelle "Méditer jour après jour", par Christophe André. Je m’en suis méfiée au début parce que il m’apparaissait comme un best-seller du genre que tout le monde lit sur le coup mais que ce même beau monde oublie immédiatemment après, sans rien appliquer du tout. J’avais le préjugé qu’un tel ouvrage ne devrait pas avoir beaucoup d’impact. Mais j’avais tort ! Je m’intéresse depuis quelques temps à la méditation - pour ces bienfaits que j’ai retrouvé "comme par hasard" dans plusieurs articles scientifiques - et ce livre m’a ouvert des perspectives passionnantes. J’ai conscience d’être une néophyte totale dans ce domaine, donc mon avis vaut ce qu’il vaut, mais pour l’électrochoc qu’a été cet écrit je suis infiniment reconnaissante à l’auteur.
J’ai maintenant une nouvelle stratégie pour combattre mes pensées déprimantes. Pour être honnête, je ne me fais pas beaucoup d’illusions. Je sais qu’il y a de grands risques pour que mes belles résolutions s’effondrent d’elles-mêmes au bout de quelques jours. Mais que faire d’autre à part continuer de me relever ? Même si je sais que je vais retomber ?

Je crois qu’il faudrait que je me sèvre de JI pour un moment. Je m’inquiète trop. Soit je suis inquiète en lisant les journaux de personnes en difficulté, soit je suis inquiète vis-à-vis de l’affection que j’ai pour certain(e)s diaristes. J’arrête pas de me dire que je mérite pas d’être appréciée et qu’il vaudrait mieux pas que je l’oublie avant de m’attacher à qui que ce soit, même juste virtuellement.
C’est ce genre de pensées, aussi, qu’il faut que j’apprenne à virer le plus tôt possible. Pour GRANDIR. Sinon, je sais que toute cette histoire de dépression n’aura servi à rien.