Effeuille mes rêves

Plus-bizarre en plus-bizzard

MA TÊTE.

La masse balourde qui coagule à l’intérieur de mon crâne. Un dilemme typique du "Je n’ai pas envie d’écrire // Mais j’en ai besoin !".
J’aime pas du tout cette affection-là. Hier j’ai eu la "J’ai envie d’écrire, j’ai tous les symptômes qui disent que j’en ai besoin… Mais la flemme est trop forte". Et je croyais l’avoir déjouée en écrivant ce matin MAIS NON.

Je suis une esclave. Depuis que j’ai déporté toutes les obsessions qui me freinaient sur le travail avec mon inconscient, j’ai l’impression de le sentir en permanence. Et qu’il n’est pas du genre gentil protecteur tout glouglouteux.
Il frappe fort. Pour notre bien - toujours, à la longue - mais quand même c’est bizarre qu’il n’emploie que rarement la manière douce.

Pourtant je ne suis pas une personne du genre tyrannique. Pas la plupart du temps, en tout cas, c’est sûr. Et pas au naturel.

Mais tu vas arrêter de t’envoyer des fleurs ? JE DÉTESTE ÇA. À moins que ce ne soient Boulite et Maëlle qui aient raison. Je suis trop dure avec moi-même, je me parle mal.
Et ce que je prends pour mon inconscient n’est que ma petite voix intérieure, qui me parle comme elle l’a toujours fait.

Tu sais quoi, Voix-Intérieure / Inconscient ? J’en ai marre de cet état de faits ! J’ai réussi à changer ; pas diamétralement, irrévocablement et carrément, mais j’ai accompli plusieurs choses dont je peux être fière.
Donc ÇA AUSSI je peux le modifier.
Je peux arrêter de me déprécier. Sans tomber dans le narcissisme absolu, quand même. Quoi que des fois je me demande si la survie seule de ce journal ne montre pas que je le suis, narcissique. Vu comment je me parle par moments…

On se recentre sur l’écrit de la honte.

Il faut juste que je garde en tête qu’AUCUN changement dans la vie, quelle que soit sa taille ou sa nature, ne vient en un déclic.
Ça tient en permanence uniquement à ce qu’on fait tous les jours pour aller dans ce sens ; même si c’est tout petit. c’est tous les jours.

Bon. Maintenant : réfléchis.

Qu’est-ce qui t’a amené à cet état ? Et donc à de la fatigue et une espèce de hurlement coincé dans les épaules ?

On reprend depuis le début.
Ce matin, j’ai quitté l’appart' sûre de moi et de ce que je voulais. Et de qui j’étais. J’avais un plan bien précis en tête : discuter avec la logeuse, m’acheter des carnets avec mes économies (qui sait quand j’aurais l’opportunité de revenir dans cette jolie boutique qui en vend quand je rentrerai chez mes parents ?), et acheter le repas de vendredi.

Je me donnerais des baffes par rapport à mon comportement avec la gérante…

Je l’ai dit que j’avais un plan. Quelque chose d’adulte et de raisonné (et raisonnable). Finalement, je n’ai pas eu droit à une aide véritable, mais le cas de figure le pire que j’avais envisagé n’est pas arrivé non plus.
En définitive, c’est toujours moi qui me fais berner mais ce n’est plus gravissime. Mon étourderie est stupide, mais je ne risque pas ma vie. Relativiser, tout ça.

Ce qui m’embête, cependant, c’est que (ouh que ça fait du bien d’écrire ; j’ai beaucoup de regret et de malaise à publier cet écrit-là mais ça fait du bien par les doigts d’où ça sort ; et puis c’est honnête, au moins, déjà ça...) j’ai rapidement perdu toute dignité.
J’ai réussi à sortir : "Oui mais - alors je ne veux pas tomber dans le cliché, mais voilà : ma mère et moi on est malades donc on a besoin de cet argent et après tout...". J’allais dire qu’après tout, à part prévenir une semaine trop tard parce que mon école me rend dingue, qu’est-ce que ça changeait au résultat final ?

Mais le téléphone a sonné, elle a répondu, elle et son assistante m’ont regardée bizarrement et je me suis sentie affreusement stupide. Pour ce que j’avais dit. La façon dont je l’avais dit. Le non-contrôle absolu du contenu de mes paroles. Et globalement les 24 dernières années de ma vie.

Une fois ce calvaire terminé, je suis allée à la librairie. Le bonheur, évidemment, comme d’habitude. J’ai cependant remarqué que lorsque je marchais dans la rue, je me sentais mal à l’aise.
Toutes les conditions étaient réunies pour que je profite de l’instant (beau temps, pas trop de monde, douce matinée). Mais je flippais d’être à l’extérieur. De voir que des gens pouvaient me voir. J’avais l’impression de risquer quelque chose. Ma santé mentale, presque. Que le trajet pour aller acheter ces carnets était lui-même un prix à payer ; en plus de l’argent que je dépenserai pour eux véritablement.

Peut-être… Peut-être que je vais vraiment trop loin avec ces histoires de "jeneveuxvoirpersonne" ?
Que les voyages et les sorties, c’est réellement l’essence de la vie ?

L’ennui, c’est que je ne veux VRAIMENT voir personne !  !  !

Je n’ai rien contre les gens, je les admire toujours autant ; mais je veux simplement rester dans mon coin. Laisser cicatriser mes pensées. Ne plus me rendre à l’école. Rentrer chez moi et pouvoir fermer les yeux pendant trois jours entiers sans qu’il n’y ait la moindre priorité. Ne plus aller à l’école. Ne plus lutter contre les problèmes tous les jours - les récurrents ou les nouveaux qui viennent donner des coups de pied à ma raison deux à trois fois par jour.

J’ai peur, en fait. C’est très très idiot à vivre mais j’ai peur alors que je devrais être tellement contente.

Dans 24 jours, ce fichu sentiment a intérêt à être parti !  !  !  !  !  !  !  !  !  !  !  ! J’emploierai la manière forte sinon moi aussi !

EDIT : Bizarrement, ce ne sont pas les gros évènements-choc les plus difficiles à gérer.
C’est intéressant quand même. Peut-être même bien que ça valait la déconvenue de cette journée. Ce n’est pas ce qu’il se passe à l’école en soi le problème. C’est la fréquence. Le fait que tous les jours on m’enlève un petit bout de joie de vivre.
Ce ne sont pas les moments de dépression totale qui sont les plus durs à surmonter. Ce sont ceux qui arrivent quand en plus d’avoir un moment de ce genre, plusieurs petits détails du quotidien viennent se greffer et complexifier le tout. Ainsi, je m’entends paniquer parce que je galère à avoir un rendez-vous (lointain, de surcroit) avec la psychiatre. La secrétaire m’appelle, téléphone en silencieux donc je ne décroche pas. J’appelle, ça décroche pas. On choisit une date. On se rappelle : la date ne va plus. Et il est déjà 15h10 !  ! !
Mais ça m’a fait du bien cette petite claque. J’ai de nouveau les idées en place par rapport à ce matin ; c’est bien. Je re-sais qui je suis. Il m’en faut du temps pour me réadapter à chaque fois ! Mais bon. Je suis lente, c’est comme ça. Tout va bien malgré tout.