Effeuille mes rêves

Plus que 95 jours

Me libérer de cette école et du carcan dans lequel elle m’a enfermée ne servira à rien si je ne me libère pas moi-même de mes angoisses.

Exams théoriques en fin de semaine. Je vais y arriver. Je suis sûre de moi. J’ai confiance en moi. Jusqu’à présent je m’en suis sortie… et on détient la chance qu’on se donne. Je m’en suis octroyé très peu. Alors je n’ai peut-être pas cet esprit surpuissant capable d’envisager les choses et de s’adapter très rapidement, mais je peux le faire.

Il ne suffit pas d’y croire gentiment, j’imagine, mais c’est déjà une première étape.

Il faut que je trouve un moyen officiel de célébrer ça. Comme une promesse, mais du genre qui me marquera au point d’y penser à chaque fois que mon moral s’effondrera ou que mes émotions prendront le dessus.

L’ennui c’est que question idées je sèche complètement.

Ah si. J’ai une pierre grigri. Si je parviens à attacher toutes mes pensées à elle pendant environ un mois, je parviendrai ensuite à en faire une habitude.
J’hésite parce que j’ai énormément de mal à ne penser qu’à une chose à la fois. Je diverge constamment. Quelque part, s’il doit y avoir une indication pour m’encourager à me lancer ce défi… c’est bien celle-là !

Le printemps est une merveille.

Il y a autre chose que je crois avoir compris. Il y a tant de gens là dehors. Tellement d’histoires, de courage, de passion. Qui suis-je dans cette effusion ? Dans mes rêves, évidemment, je suis une personne extraordinaire. J’ai des pouvoirs magiques, je fais tout ce que je veux, je suis une bonne personne constamment et je fais les bons choix toujours avec grâce. C’est à cela que servent les rêves. Mais je me rends compte que dans la réalité, je ne suis personne.
Pas personne dans le sens moins que tous les autres. Chaque être vivant a la même valeur. Mais je ne suis pas une de ces héroïnes fantastiques que je me plais à créer dans ma tête. S’il existe des gens extraordinaires, les 7 374 194 792 que nous sommes doivent par définition comporter des gens ordinaires. Il y en a peut-être moins que de gens extraordinaires, ou il y a peut-être des degrés sans que cela influe sur la valeur - comme dit juste avant.

Mais il y a une forme de destin. De choses qui doivent arriver. Qu’on a à apprendre, notre environnement nous a façonné - nos gênes et leur expression - ainsi.
Alors forcément le chemin n’est pas le même pour tous. Les choses que j’aime le plus au monde sont fades aux yeux d’autres. Les voyages ne constituent pas un objectif pour moi ; mais c’est le cas pour bien d’autres.

C’est peut-être la raison pour laquelle je n’apprécie pas les bains de foule. Je suis un second rôle. À vie. Mais ce n’est pas une mauvaise chose. Je le prends très très bien. Ça a des avantages !

Moins de responsabilités : je peux me calfeutrer dans le silence comme je l’aime tant. Ce n’est pas moi qui donne les leçons. Je les reçois. Et les intègre, parfois, quand je réfléchis suffisamment.

Pourquoi je précise ça ? Parce qu’en faisant du sport (en regardant un épisode de série) je me suis fait la réflexion que c’était "mal poli" de se prendre pour ce qu’on n’est pas quand on a conscience de qui on est.