Effeuille mes rêves

Plus que ce qui est acceptable

Je m’en tiens à mes exercices, pour le moment.

Je gère mon alimentation, aussi. C’est pas parfait, c’est pas l’idéal, mais j’espère que ça suffira pour me permettre de remouler un peu mon corps.

Pour la partie plus… "intellectuelle" du travail, on va dire, euh… c’est pas aussi poussé que ce que je voudrais. Je reste assez frustrée. Et cette frustration se rajoute aux miasmes de ma souffrance passée (ouais, à mon grand désespoir et malgré tous mes efforts, ils sont toujours là...).

J’ai accumulé plus de fatigue que tout ce que j’avais pensé. De la fatigue et… autre chose. De plus pernicieux.

Y’a comme un reste de brouillard gris dans ma tête, c’est une impression… sale. Je me sens salie de l’intérieur.
Cette chose me fait très très peur. Elle a le pouvoir, encore. Personne dans mon entourage n’est capable de comprendre quel enfer elle me fait vivre, même aujourd’hui, et personne n’a le pouvoir de me l’enlever. Un caprice d’elle et je suis morte.

Je sais que j’ai bien fait de ne pas travailler pendant l’été. Les choses sont suffisamment compliquées dans ma tête sans que je n’ai cette pression - et ce temps de repos en moins - à rajouter.

Hier encore, par exemple, j’ai pété un câble. J’en pouvais plus. Il m’a suffit de penser à une notion en particulier et j’ai implosé. Comme si il y avait certaines idées qui étaient trop grosses pour moi. Il faudra que je parle de cette sensation au psychiatre.
Si j’arrive à la faire sortir avec des mots.
Ça s’apparente presque à de l’hystérie. Réellement, c’est flippant.

J’ai du mal à m’exprimer, ça me saoule. Ça me fait mal de garder ce genre de truc en moi. Physiquement mal. Alors que c’est du psychique à la base. C’est affreux, cette… cette transition. Ce passage de la douleur de l’esprit à la douleur du corps, je la ressens, et je ne l’invente pas. Je sens chaque recoin de mon esprit qui se tord, qui se déforme, et qui hurle parfois ; et je sens ensuite comment il se coule dans des bouts de mon corps en espérant déléguer un morceau de cette plaie à vif qui cicatrise mal et qui finit toujours par se rouvrir.
En plus de me sentir salie de dedans, je me sens nauséeuse, fragile, boueuse et sanglante, faible, cassée… non, décidément, ça n’est toujours pas ça. Le mot qui compile tous ces petits états pour montrer le résultat final, je ne le trouve pas.

Je sais pas comment décrire tout ça…

Mais je sais que ce n’est pas une vie. Je donnerais tout pour vivre à mon tour.

Je profite de mes vacances sans en profiter vraiment, du coup. Comme je profite d’un quart de la vie que je pourrais avoir. Mais bon, c’est le maximum que je puisse faire pour le moment.

J’aimerais TELLEMENT que ça change, tout ça ! En bien !!

Je suis allée voir mon généraliste, tout à l’heure, sinon.

J’ai les oreilles trop sensibles, qui se bouchent dès le moindre signe de stress. Du coup - je vais pas détailler - il les a débouchées et j’ai réussi à papoter un peu avec lui. Ça m’a agréablement changée de d’habitude, de ne pas être bloquée dans ma tête, de ne pas laisser le brouillard prendre trop d’ampleur et de parler à quelqu’un qui n’est pas de ma famille.
En plus, je lui ai raconté un ou deux trucs qui m’embêtaient dans mes études (le fait ne me souvenir de RIEN) et il m’a rassurée.

Vraiment, je me suis rendue compte qu’en dépit de mes éternelles difficultés, je ne suis plus aussi asthénique que ce que j’ai été, et j’en ai tiré de la fierté.

Avant, même échanger deux banalités, c’était impossible. Physiquement et mentalement, j’exagère rien, j’en étais incapable.

J’ai même discuté avec ma libraire après ! C’était chouette de ne pas me sentir à côté de la plaque, étrangère à tout, pour une fois.

Il faut que je provoque plus de moments comme ça. Je sais que j’en suis capable mais ce brouillard sale que j’avais en moi (que j’ai toujours dans des moments comme hier) m’en a privé plus de fois qu’il en est sainement acceptable.