Effeuille mes rêves

Pochette et dérive

Haaaaaan !

La concentration de dingue qu’il me faut pour arriver à faire quoi que ce soit, aujourd’hui, c’est désastreux. La fatigue ? Oui c’est la fatigue sûrement. Toujours elle. C’tte saleté.
Deuxième jour de vacances et qu’est-ce que je fais ? Je me jette sur mon planning de révisions. Alors oui, ça n’est pas malin du tout, d’autant que je m’étais promis de me reposer quelques jours.

Mais j’ai tellement de boulot à rattraper, sérieusement !

Seulement, je n’arriverai à rien si j’ai la tête encombrée. Gros dilemme du coup. C’est pour ça que je suis passée sur JI, poser mes pensées, souffler un coup et voir quelle est la meilleure solution.

J’vais raconter un truc qui m’a fait rire hier mais qui à l’écrit ne va faire rire personne. Pas grave : dans la vraie vie je ne peux le raconter à personne, alors faut que ça sorte.

Hier, donc, en sortant de chez la psychologue, j’ai un peu zoné dans ma ville en attendant d’aller au ciné avec mon frère et mon père (à qui j’ai d’ailleurs foutu la peur du siècle en manquant de me faire écraser par une voiture devant ses yeux, le pauvre).

Je suis allée dans une papeterie, et je ne comptais rien acheter vu que je n’ai plus d’argent (...) (je dirai peut-être pourquoi dans un prochain écrit, parce que j’ai donné la raison à Cathel et j’ai peur qu’elle tombe ici et me démasque - oh et puis c’est idiot je ne vais pas vivre dans la peur tout le temps : donc voilà j’ai décidé de me mettre aux Marvels, aux comics, et du coup entre manger et lire il a fallu choisir et j’ai fait le même choix que d’habitude qui est de récurer le fond des placards). Mais j’ai vu une "pochette surprise fée Clochette"... et je sais pas ce qui m’a pris, mais j’ai décidé de l’acheter. Avec ce que j’ai pu récurer du fond de mon porte-feuille.

[Y’a pas un autre nom pour appeler cet objet d’ailleurs ? Porte-monnaie, monnayeur, un mot qui me brûle le bout de la langue mais que je ne retrouve pas ! Ouh que c’est frustrant !]

Bref. Il n’y avait personne dans la boutique à part moi et le couple qui s’en occupait. Je prends donc la pochette, je fais un grand sourire au monsieur en mode "j’assume totalement mais je suis ta cliente alors je sais que dans tous les cas t’as pas le droit de te moquer de moi ; mais j’assume ; mais ça reste entre nous". Et je vais à la caisse.

Et la dame qui la tenait me demande pour quel âge est la pochette. Je réponds avec un grand sourire "23 ans". Elle rit et me dit "Non pas votre âge, l’âge de… eh bien la personne pour qui vous l’achetez ; votre neveu, nièce, cousin, cousine… ?".

Et là je souris de plus belle et ris moi aussi. "C’est ça ! 23 ans".

J’ai senti le désespoir dans les yeux de cette pauvre dame.
Son mari derrière disait "Oh mais elle a bien raison de se faire plaisir cette jeune fille !" et elle, commençait à paniquer. "Euh mais je suis sensée offrir un petit cadeau à l’achat de cet article mais euh du coup qu’est-ce que… ?".

Je l’ai eu mon cadeau, hein. C’est pas parce qu’on a l’âge de se moucher tout seul qu’on doit être interdit de surprises. J’ai même eu le droit de choisir. C’étaient des mèches colorées à se piquer dans les cheveux.

Là où ça a failli déraper c’est quand elle a présenté tous les potentiels cadeaux : y’avait ma phobie dans le petit tas et quand je l’ai vu j’ai violemment sursauté.
La vendeuse - qui devait déjà me prendre pour une débile profonde j’imagine - m’a regardée sans comprendre et j’ai lâché automatiquement "Pardon, c’est juste que j’ai la phobie des ***".

J’ai cru qu’elle allait appeler l’hospice.
J’ai pas pu m’empêcher de sourire là encore en imaginant la scène : mon ancien psychiatre est chef de service, il m’aurait vue débarquer avec une pochette Disney et aurait dit : "Non c’est bon, laissez-la, je la connais, c’est… mon Cas. Perdu pour la science. On est cinq à écrire une thèse sur elle".

J’ai un truc avec les fées, c’est comme ça. Je l’ai déjà écrit dans mon journal il me semble mais si je ne suis plus aussi obsédée qu’à l’époque, je reste encore bien marquée.
J’adore les films de la fée Clochette. À tel point que même moi je me demande des fois si on ne devrait pas m’interner. Ils me rendent heureuse, je ne sais pas pourquoi. C’est un petit rayon de soleil dans ma dépression, c’est comme ça.

Bon cet écrit a complètement dérivé… Rho et l’heure a filé et j’ai toujours pas avancé dans mon boulot, c’est bieeeeen Aloha !