Effeuille mes rêves

Poisson

Envie de me laisser sombrer ce soir. Une tristesse infinie… qui s’est encore déclenchée pour rien.

Le pire, c’est l’attente, toujours l’attente. Le fait de ne pas pouvoir exprimer - parce que c’est tous les jours et c’est gonflant - ce que je ressens vraiment au fond de moi : je pourris.

Je sais que toutes les vies ne sont pas exceptionnelles. Toutes sont remplies de joies et de malheurs. Que c’est normal. Mais l’est-ce vraiment ? Je culpabilise encore de me sentir triste à en mourir, de ne pas vivre les mauvais moments avec la philosophie que j’ai pourtant grandement mis au point. "C’est juste un instant pénible à passer". Mais c’est plus que ça.

Je vais encore sécher demain. Je vais devoir faire des démarches auprès de l’administration, parce que mon taux d’absentéisme crève le plafond.
J’ai peur d’être expulsée. C’est en théorie pas possible, mais ils peuvent me faire redoubler (ENCORE) ou me saouler avec jenesaisquoi… et y’a pas que des conséquences pour moi, mais pour ma famille aussi, je ne l’oublie jamais.

Je suis censée me forcer à aller mieux mais je n’y arrive pas. Je me suis sentie glisser dans le désespoir, peu à peu, mais je n’ai pas réussi à lutter finalement. Je n’y arrive jamais. Je ne mérite rien de ce que j’ai : je gâte le tout. Je donne aux meilleures choses une odeur de poisson pourri.

J’aimerais me vautrer dans un canapé et me soigner correctement. Prendre le temps de faire toutes les thérapies qu’il faut. Être avec ceux à qui je peux parler, me vider de tout. Mais c’est pas possible. Si je ne termine pas mes études maintenant, je ne le ferai jamais. Faut serrer les dents. Même si elles sont déjà très fissurées.

Envie de me laisser sombrer. Mais je ne le ferai pas. Et ça n’est peut-être pas une bonne chose…