Effeuille mes rêves

Pourquoi j'ai besoin d'écrire

Est-ce que je suis réellement stupide ?

L’une des raisons pour lesquelles j’ai arrêté (momentanément) de parler avec Sonny, c’est qu’à chaque fois que je le faisais, je me sentais bête. Pas bête-gaffeuse, non, profondément débile je veux dire. Et aussi… anormale, différente dans un mauvais sens.

Un très mauvais sens.

Ça me rappelle ce que j’ai pu écrire ici. C’est pas la première fois que je raconte ça… Le truc, c’est que tout ça a duré toute mon adolescence.
Chaque sms, chaque conversation avec elle, même la plus anodine, me rabaissait. Tous les jours. Tous les jours. Ça m’oppressait, me comprimait le cerveau, le cœur, j’avais l’impression de me désagréger toujours plus. Et à force de me sentir comme ça, aussi mal, aussi régulièrement (sans compter d’autres évènements qui en rajoutait une couche)... j’ai fini par croire que ça venait de moi, de qui j’étais.

Elle, elle ne se rendait compte de rien. Elle n’a d’ailleurs jamais compris ce qui se passait.
Elle n’a jamais voulu me faire du mal. Sonny c’est le genre de personne gentille, hyper pétillante, vive d’esprit et intelligente, que tout le monde adore.

Mais j’étais super fragile à l’époque. Je m’assombrissais de jour en jour. Je dépérissais mentalement, c’est pas du tout une exagération. Je me souviens de trucs qui n’étaient que des détails sur le coup… mais qui avec le recul font peur.

J’étais malade, déjà, et je ne le savais pas donc je culpabilisais puissance mille de me sentir aussi… mal. Je croyais que c’était moi qui était mauvaise, méchante, dégoûtante. J’ai encore des séquelles de ce genre.

Rien que penser à cette époque c’est une torture, brrr.

Je ne l’écris pas pour me plaindre. Je veux seulement mettre des mots sur ce qu’il s’est passé. Noter la souffrance pour ne plus jamais diminuer ce que j’ai pu ressentir. Ne jamais oublier d’où je viens, pour pouvoir continuer à aller de l’avant.

Ça a l’air super bateau, dit comme ça, mais c’est très important.

Bref, je reviens sur cette histoire de "stupide". Je passe aussi tout le laïus sur la galère à apprendre mes cours pendant l’année alors que je travaille deux fois plus que la plupart.
Depuis ce matin, je pense à mon niveau d'anglais. J’étais plutôt douée au collège et lycée, pareil en espagnol, je pouvais facilement suivre des conversations (j’ai jamais eu un super accent par contre, mais bon je n’ouvrais jamais la bouche en cours et je ne suis jamais partie en voyage donc c’est logique). Je regardais toujours les séries avec les sous-titres, mais je me débrouillais pas mal.

Mais voilà : je me suis rendue compte que j’ai absolument tout perdu.

Je regarde toujours les épisodes en vostfr. Mais si jamais je me concentre sur ce que le personnage dit et non sur le ton... je suis larguée. Très vite.
Pareil pour lire en anglais. Je me souviens que je m’en sortais pas mal avec les textes (je ne comprenais jamais 100%, mais je n’étais pas trop dérangée). En poussant un tout petit peu, j’aurais pu lire des livres tout en anglais.

Mais aujourd’hui… J’ai acheté un Bescherelle pour m’y remettre. Et franchement, je galère dès le début !

J’ai complètement oublié ce qu’était un auxiliaire, par exemple. Le present perfect, ou la différence d’utilisation entre preterit et preterit be + -ing… Ça m’évoque quelque chose très très loin dans le temps, mais rien ne revient sous une forme exploitable.

Je vais essayer de m’entraîner quotidiennement. Pas vraiment tous les jours - parce que j’ai aussi des trucs importants et spécifiques à réviser avant d’entrer en cours - mais tous les deux ou trois jours, ça serait bien.
Commencer par revoir tous ces trucs à propos des temps, déjà, et recopier des verbes irréguliers.
J’adorerais lire des livres en anglais ! Pas pour me la péter (je n’en parlerais qu’ici, mon jardin à secrets en quelque sorte), mais pour me sentir capable de me débrouiller si jamais je devais partir quelque part. Ou si jamais je devais aider des touristes un jour, on sait jamais. Ou juste pour regarder un film/épisode sans problème quand ils n’ont pas encore été sous-titrés. Pour me sentir capable de faire quelque chose par moi-même.

Pour arrêter de me sentir à côté de la plaque.

Je sais que je parle souvent de la maladie, et j’en suis désolée. Je ne le fais pas pour tourner le couteau dans la plaie (hum… "remuer" je veux dire), c’est juste que… Je n’ai eu personne. Pendant très longtemps. Personne ne comprenait ; même moi je ne comprenais pas !
Je m’en suis tellement voulu de ne pas aller bien, de ne pas avoir accès au bonheur comme les autres… J’ai besoin d’écrire autant. De radoter aussi. Et de mettre tout ça en ligne, comme une bouteille à la mer.

Pour désapprendre tout ce que je croyais si diabolique en moi. Pour me réinformer sur qui je suis. Et qui je ne suis pas.

C’est vrai que je me sens comme une épave. Certains jours, je me vois encore comme un monstre… Et peut-être que j’en suis bel et bien un.

Et peut-être que je resterai toujours seule à cause de ça.

Mais je veux apprendre comment accéder au bonheur. J’ai besoin de me dire que c’est possible, même pour quelqu’un comme moi, qui s’est tellement laissée détruire, qui s’est tellement construite sur des bases gangrénées. J’ai besoin de ça. Besoin d’espoir. J’ai de l’espoir, j’ai besoin que les choses avancent maintenant.