Effeuille mes rêves

Première épreuve : prouve que t'es adulte

J’ai survécu à l’épreuve des papiers !

Ça fait très science-fiction dit comme ça. "L’Épreuve des Papiers". Comme si on était attaqué par deux cent mille grues en origami, en un temps limité où il faudrait créer la deux cent mille unième soldate à partir d’un carton mou (et la solution consisterait à le mâcher pour le rendre plus facile à plier tout en courant tout du long de l’épreuve dans le sens anti-horaire de la Grande Pièce Circulaire Où Le Soleil Ne Brille Pas Mais Pense Fort À Toi pour ne pas se faire couper).

Je n’ai fait que ce que font tous les adultes finalement. Tous sans exception.
Mais j’ai toujours eu une espèce de blocage avec ce point de passage à l’âge adulte. Donc c’est sûrement très puéril : mais ça reste une victoire. J’ai essayé la méthode facile consistant à ne pas faire ce que je ne voulais pas faire et-je-m’arrête-de-respirer-jusqu’à-ce-qu’on-cède-à-mon-caprice. Bien. Eh ben tu vas t’étouffeeeeeeer.
Donc non. Changement de plan. J’ai respiré. Me suis étranglée une ou deux fois mais j’ai fait le plus dur maintenant !

Le périple n’est pas terminé parce que j’ai encore énormément de choses à voir (des """formalités""" comme : où faire mon métier, où habiter, etc...). Et j’ai des pistes. Mais surtout : je suis maintenant dans la légalité !

Je me souviens m’être promis de révéler, pour fêter tout ça, dans ce journal ou le métier que je vais fais ou la nature de ma phobie débile.
J’ai réfléchi et je ne vais pas parler du métier. Ça ne serait pas professionnel, pas jojo, et ça me desservirait moi sans aider personne. C’est comme si je disais que j’étais - je ne sais pas moi - médecin-homéopathe par exemple (ce que je ne suis pas). On pourrait me dire "Ah bah j’ai justement tel problème, tu conseilles quoi ?". Mais je ne pourrais conseiller RIEN DU TOUT au final. 1) Faut une vraie consultation, quelque chose de sérieux et 2) Han mais la première chose que je dirais à une telle personne (après : "Merci de votre confiance sincère qui perturbe agréablement mon déficit d’estime de moi") ce serait : je ne pense pas que vous devriez faire confiance à un médecin (c’est pour l’exemple : encore une fois, je ne le suis pas !)* dont vous connaissez l’intimité psychiatrique et son coup improbable pour tout ce qui a trait aux "zolies petites fées en tout zenre" rencontré sur Internet et donc vous suivez le journal personnel.

Je ne vais pas cacher le fait que je travaille, pourtant. Donc : c’est une nouvelle opportunité de surnom ! Édition spécial métier.
J’étais partie sur une métaphore vague où on garderait le terme de thérapeute. On arrive donc à quelque chose du style… Je suis une Thérp. J’ai googlé le terme et visiblement il n’existe pas sauf pour parler d’une oie dans l’Ancienne Égypte donc bon je crois que ça ne prêtera pas trop à confusion. Dans la vie, je suis un oiseaaaaaau ! Hum.

Je ne serai qu’une Thérp, donc, une thérapeute. De quoi de qui de quand je ne peux pas le dire. Je peux simplement dire que je suis au contact de gens.

D’où la pénibilité extrême de ma phobie.

J’ai la phobie. Des…

Oh maintenant j’ai honte, j’ai tellement honte. Je vais le mettre en anagramme, comme ça au moins on ne pourra pas la googler trop facilement. (Ma paranoïa adorée, tu es donc toujours là).

Bon ben
Il n’y a plus qu’à
Juxtaposer verticalement par un texte
Ô combien passionnant
Une prose aussi
Xérophyte qu’un cactus

Voilà. Avec un métier au contact des gens. Tout le temps. Et si ça n’était que le toucher ça passerait, mais la vue même selon mon état de fatigue peut suffire à être insupportable. Au point d’avoir des nausées et tout. Ce n’est pas une phobie "peur" mais "dégoût". Et les psy' ont confirmé le terme.

Voilà voilà. Honteuse et gênée maintenant. Bon. Je suppose que. Je suppose que rien du tout, je n’ai aucune idée de comment en finir avec cet écrit.

* J’insiste et suis pénible, je sais, mais je veux vraiment que ça soit clair. J’admire de ouf les médecins et ne veut surtout pas qu’il y ait matière à confusion.