Effeuille mes rêves

Prendre le pli

J’ai trouvé un article incroyable !

Un SITE incroyable, en réalité. Je n’ai lu que quelques articles, mais je me reconnais tellement… Ça fait un bien fou : n’importe qui peut concevoir cela je pense. C’est un sentiment universel.
Alors je veux le déposer dans mon journal. Au milieu de tous ces changements que j’ai déjà commencé à entretenir dans ma vie. Même si tout est en anglais. Traduire la moindre phrase me demande un temps absurde, mais cela vaut le coup.

Le premier article notamment parle de la façon de trouver un partenaire qui nous correspond. "Mais le bonheur humain ne fonctionne pas par coups de vents ravageurs, parce que nous ne vivons pas dans de larges compilations. Nous sommes coincés dans les petits plis non glorieux du tissu de la vie, et c’est là où notre bonheur est déterminé". Génial. Le second m’a beaucoup fait rire. Il rejoint un peu les idées que j’ai commencé à esquisser à propos de mon esprit et du contrôle relatif que je veux avoir sur lui.

Il y en a d’autres : un troisième, un quatrième, etc etc… J’en ai même retrouvé un que j’avais également adoré et qui m’avait marqué il y a quelques années au point d’en parler à la psy.

Beaucoup d’enthousiasme et d’espoir qui me reviennent soudainement.

Si je remontre le temps au lieu de le démonter, hier, j’ai eu un terrible coup de barre. Je me suis sentie vide, incapable de prendre en main le moindre aspect ridicule de ma vie. Comme du temps de la dépression jadis. J’y ai brièvement regoûté. La fatigue. Extrême. Est-ce qu’elle sera toujours là, du coup, dès que je serai un brin épuisée ? C’est intéressant à savoir ; à suivre donc.

La veille a été particulièrement aussi.

J’ai. Ré. Ri. Ré. Réussi. Ussi. J’ai réussi.

J’ai réussi mon saut sur le Trampoline.
J’ai mon diplôme ! J’AI MON DIPLÔME !  !  ! L’examen a été très loin de se dérouler idéalement, comme dans un rêve, mais je l’ai eu !

Je l’ai eu.

J’ai du mal à réaliser. Tout ce que ça implique. Entre autres : une liberté que je fantasmais depuis 13 ans, qui m’appartient désormais pour de bon.
J’ai encore cours et immersions professionnelles jusqu’à début juillet donc le choc ne va pas être trop drastique non plus. Tant mieux quelque part, je vais pouvoir rentabiliser ces dernières semaines à m’organiser pour cet été… et tout ce qui suit ! Voilà, c’est fait. Ça n’était pas évident. Je l’ai fait. Je suis diplômée.

Un petit pli dans le patchwork qu’est ma vie, donc. Un tout petit pli. Un millimètre, comparé à l’ensemble de la toile. Mais toute la période avant et les nombreuses périodes variées après auraient pu et seront impactées différemment par lui.
Voilà.
Voilà.
Là.
Je suis contente, bien sûr, mais hébétée. Chaque année la joie des vacances ressemblait un peu à ça. Mais je savais qu’elles duraient deux (voire trois les années d’exception) mois, que la suite était un recommencement, que les rituels étaient toujours les mêmes. Les préoccupations toujours les mêmes.

Et là, ça change. Enfin. J’attends cet instant (enfin, cet instant qui arrivera dans 36 jours plus exactement) depuis le collège. Depuis les rafales de moqueries. Les humiliations, à diverses échelles. Les échecs en série. Les tueurs en série de bonheur ; qui me hantent aujourd’hui encore dans mes cauchemars. Et pourtant le voyage était plus important que la destination ; c’était vrai.

J’ai trouvé qui je suis. Un début de commencement à qui je peux/veux être dans un délicieux complexe.

Mais la destination est quand même sacrément féérique !

Je la devinais depuis 13 ans. Je repoussais les confins de mon univers mental depuis mes 11 ans. Ce sentiment de saleté intérieure parce qu’on ne se sent pas intégré à la norme… Je n’étais pas la seule et ne le serai toujours pas. Mais à l’époque je n’y croyais pas. "Non, toi t’es VRAIMENT un boulet, c’est pas comme ceux-qui-y-croient-mais-ne-le-sont-pas. Celles qui se disent grosses mais ne le sont pas, elles ont juste besoin de se rassurer. Ceux qui se disent malheureux mais qui deux jours plus tard font la fête et se pavanent sur Facebook".

Me connaissant, j’aurai sans aucun doute perpétuellement l’impression d’être une étudiante. Quelque part, c’est sympa comme concept. Étudiante de la vie. On l’est tous. Mais quand je passe à côté d’un collège ou d’un lycée… Je suis choquée. J’veux dire, je le sais, on le sait, que j’ai toujours 17 ans et pas de responsabilité. Que quand quelqu’un m’aborde et m’effraie je peux parler un peu fort et dire que je suis mineure. Que quand je me couche le soir, je n’ai pas de dettes à rembourser, pas d’autre être humain à entretenir.

Mais l’on m’appelle madame. Maintenant j’ai des chèques à faire. Des affaires à organiser. Si je ne le fais pas, non seulement cela ne se fera pas mais j’aurai des ennuis.
On me poursuivra parfois.
Bon sang ; si j’écris ça maintenant qu’est-ce que ce sera quand j’aurai 30 ans ou que je verrai ma première ride ! Casse pas la tête, ma p’tite. Ça aura pris du temps - énormément de temps et de souffrance - mais t’es arrivée PILE là où tu voulais.