Effeuille mes rêves

Quand j'enlève les filtres

J’ai eu besoin de prendre l’air. Alors je me suis réfugiée à la Fnac.

Deuxième fois de la semaine que j’y vais, deuxième fois qu’on m’y aborde en croyant que j’y travaille. Sans compter la fois où j’en suis sortie tellement mais tellement tellement heureuse d’avoir acheté plusieurs Terry Pratchett que le vigile à l’entrée a trouvé ça suspect et m’a arrêtée.

Pour en revenir aux escales Fnaciennes de cette semaine : j’ai éclaté de rire à chaque fois qu’on m’a parlé.
En fait, je ris et souris beaucoup quand je vais dans une librairie. N’importe laquelle. Je pense que c’est quelque chose de normal, parce que tout le monde reconnaît que les livres sont quelque chose de merveilleux - je n’invente rien. Donc je sais ne pas être la seule à ressentir ça.
Mais j’ai envie de parler du-dit "ça". Ce flottement soudain - comme si on avait perdu 20 kilos d’un seul coup et qu’on se retrouvait en apesanteur - qui nous attire vers différents ouvrages… Pour la couverture. Le titre (le plus souvent, je pense). Le rayon. L’emplacement, au hasard, aussi, souvent. Quand on ne cherche rien. Quand on cherche quelque chose. On ne trouve pas forcément LA réponse universelle à tout. Mais on flotte. C’est si agréable. Si doux. Si bon.

Comme être entouré de milliers et de milliers de personnes souriantes et bienveillantes (des anges, en gros, bien que je n’utilise pas seul ce terme pour éviter de tomber dans la niaiserie) et savoir qu’à n’importe quel moment, en se rendant en librairie ou en ouvrant un livre, on peut se connecter avec elles.

Avec soi.

Ma myopie s’accentue de jour en jour. J’avoue craindre de ne plus pouvoir contempler d’ici un certain temps ce genre de merveilles. Ne plus pouvoir

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Lire. Du tout. Dans la vieillesse ou suite à un éventuel accident.

(Je n’écris pas la phrase en entier parce que ça me fait peur).

Du coup - j’ai BEAUCOUP divergé - les clients qui me questionnent ne comprennent pas trop ce qui se passe. Surtout quand je leur lance un sincère : "Je ne travaille pas ici, mais je vous remercie INFINIMENT !!", plein de bonheur et de reconnaissance.

J’ai envie de serrer des inconnus dans mes bras. J’ai fait un schéma plus tôt dans la semaine quand ça n’allait pas et j’ai décidé de ma vision de mon prochain. Que j’appliquerai à tous et toutes sans distinction ni préjugé à partir de maintenant :

    Toute personne a un potentiel de bonté.

    Tout individu a un esprit : donc chacun peut réfléchir, à sa manière, et possède la psychologie (qui est fascinante) => donc toute personne est fascinante.

    Chacun(e) peut être vu(e) comme un héros une héroïne de film/roman.

    Tout le monde est présentement à un stade d’évolution qui lui est propre. Façonné par ses expériences.

    Un être humain ne détient jamais la vérité absolue. Mon but est de comprendre cette personne.

Cinq points que je vais apprendre par cœur par cœur par cœur et appliquer chaque seconde de ma vie. J’ai dans ma vie plein d’objectifs de ce genre en tête, actuellement, mais au moins celui-ci est clair et précis. Je peux l’atteindre.

Ah et pendant que j’y suis… J’en profite pour noter une phrase que j’ai lue quelque part mais je ne me souviens plus d’où.

Quelqu’un disait que "les gens" pour la plupart ne réfléchissent pas. Qu’ils prennent des idées/arguments tout prêts, les assemble, et les répète.
Ça m’a perturbée. Mais c’est faux, c’est forcément faux. Qu’on le fasse de temps en temps, évidemment que oui. Je suis la première à succomber à ce piège. Pas forcément dans des laps de temps très espacés, d’ailleurs. Un peu chaque jour est plus que possible.
Mais constamment... ?
Nan.