Effeuille mes rêves

Quand lou blad vèn bèn, tout vèn bèn !

J’ai planté le blé de la Sainte-Barb' !

Première fois que je le fais de ma propre initiative. Je suis conteeente.
Forcément j’ai fait un voeu hein.

Je m’en veux un peu. J’ai été un peu abrupte par sms avec Cathel. Je m’excuserai tout à l’heure.

Mais pourquoi je n’y suis pas allée ce matin ?
En ouvrant les yeux je me suis mise à penser à ça.

Y’a une raison cachée, ce n’est pas un simple caprice. Je ressemble à une bête. Je me replie sur moi-même quand je suis blessée. "Blessée" là est relatif, hein, je vais bien ; le truc, c’est… Ce sont. Mes épaules. En fait je ne sais pas si après décembre j’aurai les épaules pour tout assumer de nouveau… les cours, normaux et difficiles, les journées de plus en plus fatiguantes, les examens, les exameeeeeeens, toujours plus d’examens… Le rythme que j’arrive à tenir aujourd’hui juste va s’accélérer. Et si je n’arrivais pas à tenir ? Et si je n’étais pas faite pour ça ? Et si toutes ces années à bien bosser au collège et au lycée, à supporter les moqueries pour avoir fait ce choix, pour finir avec Bac + 0 ?
Y’a pas de mal à avoir un Bac seul, mais c’est pas le futur que je m’étais imaginé.
Ce qui me chiffonnerait vraiment ça ne serait pas de devoir arrêter, mais de me taper encore une ou deux années supplémentaires inutiles avant de comprendre que c’est ce que je dois faire. Bien que pour le moment cette pensée me soit étrangère. Faut toujours que je m’inquiète pour quelque chose, c’est lamentable.

Mais j’essaie de relativiser, tout ça, de me calmer.

Même si j’ai l’impression que ma directrice va venir dans la seconde défoncer ma poooorte.

J’crois que je suis un peu excessive. J’ai juste manqué deux cours. Le monde ne va pas me tomber dessus pour autant.

Mais pourquoi je me recroqueville sur moi ? J’comprends pas mes propres réactions. J’ai l’impression d’être en danger, que les murs autour de moi s’effritent, que ma réalité s’estompe. Toujours ce truc innommable qui me manque. Malgré tout ce que je tente je saiiiiis que y’a un truc qui cloche. Ça m’obsède.
Oui, j’ai mis le doigts dessus. Depuis hier soir je me sens traquée. En… ouais, c’est ça : en danger. Qu’est-ce qu’il va se passer ? ?

Et je sais que c’est pas bien de flipper comme ça quand il se passe rien. Mais-c’est-comme-ça. J’m’en veux franchement d’être aussi handicapée à aller bien.