Effeuille mes rêves

Que dit-il ?

Ce vent de renouveau sur JI… est électrisant !

Toutes ces nouveautés à venir, sur une plateforme qui nous accompagne et nous supporte au quotidien, c’est quelque part comme un renouveau pour soi également. Comme un Pokémon qui évolue. On évolue en même temps.

Tout s’adapte. Tout interagit.

Et ces histoires de rencontre inter-diaristes… me font flipper - pour être honnête et dire les choses comme elles sont. Ce n’est pas ici que je suis censée me cacher, hein ? À force, j’imagine que l’on peut dire que c’est dans ma nature. Curieuse et enthousiaste, à fond, mais tétanisée de trouille. Ce paradoxe qui brûle en moi d’écrire qui je suis sans les filtres classiques…

Je cherche un terme plus littéraire mais y’a pas. C’est chelou.

Ma famille a raison. Je m’isole énormément. Anormalement probablement. Mais cette discussion me rappelle le fait que je me trouve sur un site public. Comme si au temps où il y avait des forums (places publiques), je m’y rendais et me mettais à hurler : "Alors aujourd’hui j’ai mangé des betteraaaaaves et j’ai dit à ma logeuse que j’allais conquérir le monde !". BEAUCOUP, beaucoup moins motivant d’un coup. Hum.

Le truc, c’est qu’écrire ici est une drogue. Il y a toujours une partie de moi qui ne réalise pas que je suis vraiment lue par des inconnus. Même après tout ce temps. J’écris effectivement pour moi… Pour poser ces pensées volatiles que je ne peux pas faire sortir oralement. Publiquement. C’est une forme de revanche.

Mais je ne parviens pas à imaginer l’autre côté de l’écran. Je suis encore une ermite, en réalité, même en me livrant publiquement. C’est une notion… étrange.
Je n’aurais JAMAIS imaginé ce que ça pouvait faire, d’écrire sur Internet. D’utiliser Internet de cette façon. Anonymement pour éviter les jugements, tout en exposant paradoxalement la partie la plus fragile et précieuse de notre être.

Être qui je suis. Alors ça. C’est vraiment compliqué. Peut-être pour ça que je suis accro à écrire - m’écrire - sans barrière ?

Je repense à hier, par exemple. Chaque seconde de ma vie est un interrupteur basculé sur "je suis moi" et "je me cache". Pas la peine de préciser lequel est le plus en service. Mais pour aller jusqu’au bout de mon exemple : au travail (en stage), je me suis rendue à l’accueil pour recevoir la première personne avec qui j’allais bosser.

"Bonjour ! Je suis votre [thérapeutique mystère] ! Stagiaire, mais MOTIVÉE !".

Jamais, mais ô grand JAMAIS, je n’aurais osé être aussi spontanée s’il y avait eu un prof ou une autre personne de ma promo autour de moi.
Pourtant, c’est rien d’exceptionnel. De la joie, de l’enthousiasme, et une phrase complète et bien articulée.

Mais jamais devant les autres. Devant ceux qui voient le quotidien. Au lieu de le lire. Étrange.

Qui me connaît le mieux en fin de compte ?