Effeuille mes rêves

Quelqu'un qui existe

L’absence de sens de la vie me rend dingue.

Je sais qu’il n’y en a pas. Ou, s’il y en a un, que l’on est faits pour ne pas le percevoir. Tout cela fait partie du jeu. Mais j’y pense. J’y pense, j’y pense, j’y pense.

Une obsession. J’ai vu ma psychiatre tout à l’heure, avec soulagement, et je me suis dit qu’elle allait pouvoir m’aider. Mais non : la seule solution, a-t-elle dit, c’est de ne pas y penser pour éviter les nœuds au cerveau, ou de lire de la philo, de la physique, etc.

Mais la question reste en suspens dans ma tête. Pourquoi est-ce que je cours après le bonheur ? Alors que quoi qu’on fasse, la vie est composée (entre autres) d’un va-et-vient émotionnel. Personne n’est à 100% euphorique pendant des jours entiers, et personne - sauf pathologie - n’est de même abattu sans raison particulière.

J’aimerais avoir des gens dans ma vie pour discuter de ce genre de choses. Des gens avec un vécu ou une façon de pensée spéciale. Pour me mettre d’autres arguments, d’autres idées, sous le rouleau-compresseur qui se déplace dans ma tête. En long, en large et en travers.

Ceux et celles que je vois à l’école… Ou que j’ai connu grâce à l’école… Non. On ne peut pas parler de ça.
Déjà qu’avec ma psychiatre c’est dur ! Tout à l’heure, j’ai essayé de lui expliquer mon problème de mots. Ces mêmes mots qu’on utilise tous, mais qui ne révèlent jamais la totalité de l’idée que l’on veut transmettre ; ni toutes ses composantes périphériques.

Je les ai laissés sortir en respectant l’ordre dans lequel ils venaient. Tout en les contrôlant de mon mieux. J’étais plutôt satisfaite du résultat. Ça me semblait clair - quoique dense.

Jusqu’à ce qu’elle me regarde intensément. Intelligemment. Et qu’elle me réponde : "Je n’ai rien compris".

Si on est tous humains, et qu’il n’y a aucun sens à la perpétuation de cette humanité… Pourquoi on n’en parle pas ? !

Dans la rue, quand un inconnu nous apostrophe, ou au boulot quand quelqu’un nous saoule : "Ok ! Tu sais quoi ? Ne nous énervons pas. Ce n’est pas la peine de s’embrouiller. Tu te souviens cette sensation que rien n’a de sens ? Oui, je l’ai sentie aussi ! C’est dingue hein ! On pourrait en parler un peu, au lieu de se juger mutuellement. Alors. Hier encore, je me disais...".

Mais non. J’essaie d’amorcer le premier pas. Mais je m’emmêle les pinceaux avec ces mots qui me font défaut.

Existe-t-il quelqu’un de plus doué que moi avec eux ? Je n’en doute même PAS. Mais qu’il vienne nous aider !  !  !