Effeuille mes rêves

Radotage

J’ai émergé la tête dans le coton ce matin. 4h puis 6h.

Et étant donné qu’on est un jour d’examen, devinez quel genre de rêve j’ai fait ?

*Chiaaaaaaant !*

Bonne réponse !

Bon, encore, ça allait… C’était juste un rêve… Moite. Une sensation comme quand on a transpiré un peu et qu’on se sent crasseux mais bon une bonne douche et ça passe hein.

Je pense que je vais m’isoler des gens, cette semaine.

Je ne suis pas à cran, mais je commence à fatiguer, et je n’ai pas envie d’épuiser mes réserves d’énergie à supporter les couics et les couacs de chacun. Je les aime bien les gens hein c’est pas de la condescendance, c’est juste que y’a un moment où faut que j’arrête de tout donner aux autres. Si je ne me préserve pas un tantinet, je ne tiendrai pas jusqu’à la fin du mois. Or il est crucial que je garde la tête froide si je veux réussir mes objectifs.

Et puis de toute façon je dis ça, mais je sais très bien que si je vois quelqu’un qui va mal, je vais aller vers lui tenter de le réconforter.

Mais bon, ça m’fait du bien de au moins faire semblant d’être ferme.

De toute façon, je sais que je vais recevoir des sms de Stojan pour me demander de répéter des choses qui sont écrites dans le cours… D’habitude, ça me fait plaisir d’aider (même si je vois pas l’intérêt vu que j’invente rien et qu’il lui suffirait de relire ses notes), mais aujourd’hui j’ai envie de tuer tout le monde alors c’est vraiment pas une bonne idée. Mais je vais répondre quand même…

En parlant de sms.

Sonny m’en a encore fait un à la Sonny, hier.

Elle me parle d’un souci, moi je tente de la réconforter mais bizarrement absolument tout ce que je dis est à côté de la plaque, jusqu’à ce que - ô, surprise ! - elle lâche un élément sur sa situation qui change absolument tout mais que je n’aurais jamais pu deviner si elle ne me l’avait pas dit.
Surtout que je suis la tête dans le Coca en ce moment avec ces fichues deux semaines d’examens qui approchent et que je ne parviens pas à préparer à l’avance étant donné qu’on en a encore plein avant.

Ouais, je suis assez angoissée, je dois dire.

Beaucoup me conseillent de la laisser tomber, Sonny.

Je ne pense pas que j’y arriverai.

Elle ne fait pas exprès, après tout. C’est moi qui comprends tout de travers la plupart du temps. Ok, elle croit tout savoir de moi alors qu’elle ne sait rien du tout, et ça me chagrine un peu, mais elle a de réels problèmes et quand elle m’en parle, eh bien...
Eh bien je sais pas ce qu’elle veut. J’avoue que quand elle me dit : "Je t’aime ma cousine !", je ne sais jamais si c’est vrai ou si elle le croit juste. Comment peut-elle m’aimer alors qu’elle ne me connait pas ? Comment peut-elle m’aimer avec l’image qu’elle s’est bâtie de moi ? La même image de monstre geignant et mou que je voyais il n’y a pas si longtemps dans le miroir ? Sonny ne connaît que la Aloha dépressive. C’est ça le problème entre nous. La Aloha qu’elle avait tendance (inconsciemment bien sûr) à écraser un peu. C’est un mot trop fort, "écraser", mais je n’en vois pas d’autre. Elle ne m’a jamais complètement écrasée, mais j’ai toujours eu l’impression qu’elle avait besoin de se mettre en valeur parce qu’elle non plus n’a pas beaucoup confiance en elle.

Sonny, elle est très solaire, c’est une fille qui brille beaucoup. Mais elle m’a aussi brûlée (légèrement mais tout de même) à de nombreuses reprises, et maintenant j’avoue que j’en ai un peu marre de me laisser faire.

Enfin bref, avec Sonny, c’est super compliqué. Parce que moi aussi je l’aime fort mais j’en souffre parfois.

J’me sens mal en écrivant ces lignes. Je le fais pour faire sortir quelque chose de moi, mais je me dis qu’un jour quelqu’un de ma connaissance trouvera ce journal. Et si c’est Sonny… Bah elle va mal interpréter ce que j’y raconte.
Parce que je n’y raconte pas tout, pour commencer, mais surtout parce que je m’exprime mal.

C’est pour ça que j’avais supprimé tous les écrits concernant la Paula du lycée.
Par peur de blesser. Mais après tout, les gens se fichent bien de me blesser moi donc bon. Ce n’est qu’un journal qui décrit ce que je ressens sur le moment, après tout, il n’a rien d’objectif. Et je ne cite personne.

Cette fin d’écrit est nulle !

Même quand je dénonce un truc qui me fait du mal sur une plate-forme "privée", bah je culpabilise. C’est dingue ça ! J’me sens vraiment con. Oh et tellement fatiguée. C’est ça, en fait, je suis crevée. J’en peux plus de bosser. Et quand t’en peux plus, bah t’as encore le plus dur à faire. J’vais péter un câââââbleuh !