Effeuille mes rêves

Ragots

Je suis allé à la plage ce matin, finalement. Le temps était parfait, c’était agréable ! Mais dans ma tête, c’était le bazar alors ça m’a empêché de profiter à fond (je voyais des requins PARTOUT !).

Mais tout à l’heure il m’est arrivé un truc trop flippant. 'Fin flippant pour moi. C’est vrai que je suis une vraie "chochotte" pour tout ce qui se rapporte de près ou de loin à ça. Rapport avec mon histoire, avec ce qu’il y a dans ma tête. Quand je l’ai raconté à mon frère et à ma mère… ça leur est passé à deux mille kilomètres au-dessus de la tête, z’en avaient absolument rien à faire ! Moi ça m’a choquée ; mais je le répète, j’avoue que je me choque pour un rien en ce qui concerne ce genre de choses.
Vanina m’a dit qu’elle pouvait me filer des places pour "Rock Forever", séance en avant-première de ce soir. Alors, toute contente et persuadée que c’était là un geste de l’univers pour s’excuser de m’avoir fait voir la bouse d’il y a trois jours, j’ai été la retrouver sur son lieu de travail où on a papoté un peu avant de se dire au revoir. Sauf qu’en sortant de l’immeuble, un vieux monsieur m’a demandé de l’aider à rentrer chez lui, car il n’y voyait rien et qu’il galérait avec sa clé. Aucun souci, je l’accompagne à l’ascenseur. Je lui tiens la porte pour qu’il entre, j’entre à mon tour, et Vanina décide de prendre les escaliers car l’endroit était trop exigu. L’ascenseur se ferme, je me rends alors compte qu’elle est effectivement très petite, cette cage, en plus de plongée dans le noir quasi absolu. Le papy semblait mécontent ; autant il était tout sourire quand il m’a demandé de l’accompagner, autant là il avait l’air embêté, mais bref : on arrive au quatrième étage et Vanina nous rejoint.
Bon et puis là, le papy sort une lampe-torche de son sac et ouvre tout seul sa porte. Il nous serre la main pour nous remercier (on était bien étonné parce qu’on avait servi à rien du coup) et voilà. On rigole nerveusement avec ma copine mais sans plus, on se sépare pour de vrai cette fois et je rentre chez moi. Et là, je reçois un texto de Vanina qui me raconte que d’après ses collègues journalistes, le papy… est un ancien pédophile…

C’est sûr : il m’a rien fait, je ne suis plus une enfant, et ce ne sont peut-être que des ragots. Mais pour plein de raisons, apprendre ça m’a mise super mal à l’aise et dégoûtée.

Faut que je prépare ma valise - je pars chez mon père ce soir - donc je ne vais plus y penser. Mais je ne peux oublier que ce type d’ordures répugnantes existe et que je me suis juré de les haïr toute ma vie pour ces existences qu’ils détruisent et pillent.