Effeuille mes rêves

Râleries ; puis-je seulement m'en passer ?

Ce cours m’a toute perturbée.

Déjà y’avait tous les autres qui balisaient à mort pour l’exam de demain… ça a détruit toute ma confiance en moi.
Enfin, "toute". Non pas toute.

Mais je suis plus aussi tranquille avec mon programme !

Le pire c’est quand même que je ne suis plus à l’aise avec ma potentielle future profession. Comme tous les jeudis en fait. Fais ch!er. C’est tellement vaste, ce domaine, tellement dur… j’y arriverai jamais !  !  !

J’Y ARRIVERAI JAMAIS !  !  !

Je veux bien être optimiste mais là c’est plus possible, faut pas que je me voile la face non plus.

Mais je ne sais pas où aller. Je ne sais pas quoi faire. Je ne sais pas, je ne sais RIEN, p.tain c’est ça mon foutu problème !
Le prof déblatère un tas de trucs sur le ton du "oh mais ça vous devez le savoir", eh ben non. Je sais pas. Les autres (pas tous, mais je parlent des meilleurs, desquels j’essaie d’égaler le niveau pour être satisfaite de moi) ont pas l’air aussi paumés que moi alors je me dis que c’est moi le problème. J’me sens si nulle. Je fais de mon mieux pour me mettre au niveau mais j’ai l’impression que c’est pas assez.
Jamais assez.

Qu’est-ce que je vais faire ?

En plus, comme une con, (petite parenthèse pour dire que je saiiiiis qu’il faut pas que je fasse ça, ça me pète le moral à chaque fois mais c’est plus fort que moi !) j’ai mis la musique pour me détendre en voiture. Je me mets alors à penser très fort : "Ok, la première chanson qui sort répond à ma question, est-ce que je suis à ma place dans cette filière ?".
La chanson arrive et jesaisplusqui commence à chanter : "Non, non, non, non !".

Ok…

Non, vraiment, j’en ai marre. Je me déblaye mon énorme taux de stress, je fais le ménage et tout, et au final pourquoi ?

Sûrement pour rechanger d’orientation dans pas longtemps.

Je ne parle plus du "signe" soit disant interprêté pendant la musique, mais juste de mon ressenti. Si j’étais destinée à faire ce métier, je pourrais bosser plus, je me donnerais à fond, je ne serais pas blasée pendant les cours difficiles mais hargneuse.
Or là je sens bien que je ne peux pas faire plus. Que ce soir parce que je suis fatiguée après huit heures de cours je vais m’autoriser un film et un bouquin, et pas de cours du tout. Je ne vais pas repousser mes limites, je ne vais pas me remotiver, parce que je n’y arrive pas. C’est tout.

Et j’ai fait un pacte inviolable avec moi-même : tu finis cette année à ton rythme, et si on te propose un nouveau redoublement, tu pars avec dignité.
La dignité elle coûte quand même très cher au fur et à mesure que le temps passe dans une école comme ça.
Et puis imaginons que je passe grâce à """l’avance""" que j’ai grâce au redoublement mais que l’année prochaine ça casse ? Un an de plus payé à blanc… Mes pauvres parents. Je suis un vampire financier.

Il fallait que je vienne gueuler un bon coup. Je vais maintenant suivre mon programme comme si de rien n’était, comme si Cathel ne m’avait pas reparlé de lundi soir et comme si ça non plus ça ne m’avait pas stressée.

Mais au fond, je sais bien que je ne changerai jamais. Que je resterai seule et asociale parce que je ne sais pas faire autrement finalement. Que malgré l’enthousiasme et la tenacité que je mettais dans mes études avant la fin du lycée, je tomberai sur un boulot qui me frustre et ne me satisfait pas.
J’dis pas que je mérite d’avoir tout ce que je souhaite - si on me lit depuis un moment, on peut aisément comprendre que c’est le contraire - mais merde, je m’étais vraiment surprise à penser que tout le monde a droit à une chance dans ce monde !

Non, d’ailleurs, c’est vrai : j’ai eu ma chance.
Je suis née dans une famille formidable qui m’aime et a tout fait pour moi.
Seulement, ma chance, je l’ai bousillée. Et je fonce dans le mur, là, quoi que je fasse je vais me rétamer JE LE SAIS !  !  !

Je suis comme ces lapins qui fixent, éblouis, les phares de la voiture qui va les tuer sans bouger. Je ne peux pas bouger, mais je vois le scénario écrit d’avance.
Et je me maudis pour cette inertie. Je me hais. "Mais c’est simple espèce de grosse conne", me direz-vous, "il suffit de BOUGER ton gros cul !!". Seulement… je cherche mes mots pour décrire ça. Je ne sais plus bouger. C’est comme une paralysie interne. Je ne sais pas où aller : les directions droite, gauche, haut, bas, n’existent plus.

Bon, de toute façon, ceux qui voudront me mépriser (comme je me déteste) pour avoir écrit ça ne me comprendront pas plus si je détaille.
Faut le vivre. Y’a des trucs comme ça, quand on les vit pas on garde ses préjugés dessus, inflexible. Je ne crache sur personne, je ne critique personne de me trouver stupide/molle à travers mes écrits, mais je…

J’implore juste de ne pas me juger, en fait. J’ai touché le comble du pathétisme.