Effeuille mes rêves

Ramuncho, cet écrit est pour toi

Réflexion ouragan. Ça fait presque mal. Je me torture l’esprit avec cette notion de transmission d’émotion par le biais de simples mots.

Les mots sont dits puissants… mais leur pouvoir me laisse totalement perplexe.

Je n’arrive pas à le toucher. Ce pouvoir. Je. N’arrive. Pas. À. Le. Toucher. Mais il existe. Il vit dans la bouche de certains, dans la tête d’autres. Eux le touchent. Moi pas. J’essaie. Fort. Mais je n’y parviens pas.

Est-ce qu’il y a vraiment des choses, pas forcément matérielles, qui peuvent rester hors de notre portée toute une vie comme ça ? Si une seule personne est coincée, ne serait-il pas logique que toutes le soit ?
Ces histoires impressionnantes de success-story à l’américaine… si tout le monde vivait quelque chose comme ça, elles ne seraient plus aussi extraordinaires. Alors par essence est-ce que tout le monde possède le potentiel de vivre l’incroyable ?

Ce n’est pas une nouveauté sur ce journal. Je radote plus que je ne le pense.

Mais cette idée ne quitte pas mon esprit. Prenons une personne lambda. Comme vous. Comme moi. Tiens, je pense à la première personne que j’ai rencontré quand je suis arrivée à Toonville. Cette personne-là.

Appelons-la Ramuncho. C’est un homme. Prénom que j’ai choisi au hasard sur un site qui y est dédié. Je ne l’ai pas inventé. J’aime bien.

Bref. Si Ramuncho avait soudain une illumination. Non même pas : si Ramuncho tombait amoureux. Fou amoureux. De Cathel, tiens.

Ramuncho rencontre Cathel et a un coup de foudre. L’amour absolu existe. Pourquoi pas : les âmes sœurs existent. Admettons. Ramuncho et Cathel sont âmes sœurs. Ramuncho en a soudain une conscience très aiguë. Il le SAIT. Comme on sait que si on cligne des paupières, ben les paupières clignent. Tu vois ce que je veux dire ? Il sait. Et au delà du fait qu’il sait : c’est vrai.

Ramuncho a été touché par un éclair de lucidité absolue. Mais pas Cathel. Cathel qui, en plus, n’est pas trop portée sur ces trucs-là, il me semble. On peut toujours être surpris par les gens mais disons qu’elle ne l’est pas.

Ramuncho va faire tout son possible pour conquérir Cathel. Mais Cathel ne connaîtra jamais - à moins qu’elle ait une révélation de son côté mais ça m’étonnerait parce que déjà que ce genre de choses n’arrive pas une fois très rarement alors deux fois pour deux personnes proches… - les sentiments réels de Ramuncho.

Elle peut le croire. À la longue. Elle peut voir que Ramuncho malgré le temps qui passe et les expériences est sincère. Elle peut le croire. En être même sûre au bout d’un moment. Elle peut même tomber amoureuse à son tour.

Mais pas ressentir exactement ce que Ramuncho ressent.

Peu importe ce que Ramuncho dira.

[Quand j’écris des trucs comme ça, j’imagine le fondateur du site qui fait la grimace. "Et dire que c’est à cause de moi que ce concentré de bêtises est en ligne..." Hahaha ! Pardon. Mais hahaha.]

Et Ramuncho peut écrire les plus beaux poèmes du monde qui exprimerait cet amour providentiel qu’il a eu la chance de recevoir comme un don du ciel. Il peut y mettre les mots les plus niais ou les plus sensés. Y’aura toujours quelqu’un pour rester indifférent.

Alors où est-ce que je suis allé chercher tout ça ?

La télé. Je déteste tellement les pubs à la télé que je ne regarde que des replays. Et pas souvent. Mais le monde de la télé - et du show-business en général - est quelque chose de vraiment perturbant à mes yeux.

Je n’arrive pas à concevoir qu’on puisse vouloir être regardé. Je respecte. Mais ne comprends pas.

Je me suis toujours demandé d’où sortent ces candidats qu’on voit participer aux jeux ? Jamais quelqu’un que je connais. Bon, en même temps… Je ne connais pas grand monde.
Mais quel sentiment pousse quelqu’un à vouloir être filmé ? Je comprends pas.

La télé, ce n’est pas réel. Tout ce que filme une caméra ou photographie un des milliers d’appareils différents qui est capable de le faire aujourd’hui n’est pas réel. C’est une retranscription de la réalité. Mais pas une réalité en elle-même.

J’vais pas parler d’acteurs, de films, de séries, et tout ça, parce qu’il faudrait encore dire plein de choses en parallèle dessus. Je ne me concentre que ce sur que j’ai vu en faisant du sport devant un replay.

Et puis j’en ai conscience que mon discours comporte des incohérences. Mais faut que ça sorte.

On peut paraître important à la télévision. Se créer des dizaines de belles qualités. Et faire croire tout ce qu’on veut. On peut transformer quelqu’un de banal (parce qu’on est tous banal : on est tous humains, on pense tous et ressens les mêmes choses bien que dans des circonstances et contextes différents qui font évidemment que chaque vie est unique) en icône. Ou au contraire, on peut traîner quelqu’un dans la boue.

Mais ce n’est pas réel. Icône ou figure de honte… Je ne connais pas cette personne en pixels. Je connais déjà mal mes voisins alors si je ne suis pas sur le lieu... !

Je ne m’imprègne pas du contexte.
Dans toute réalité, il y a un contexte, non ?

Je ne blâme pas du tout les vidéos et les photos. Artistiquement, l’instantané est magnifique. Parfois reposant, pour l’esprit qui n’est constitué que de liens et de connexions (neuronales entre autres). Mais ce n’est pas la vie.

La télé ne montre pas la réalité. Internet non plus par extension ? Ça ne montre pas. Ça parle.

Avec les mêmes mots que moi. Les mots qui ne transmettent pas.

Oh que ça fait du bien de dérouler le fil et d’exorciser tout ça ! D’ailleurs. Ramuncho, mon vieux, si tu passes par là… Je ne t’oublie pas.

T’inquiète, ne lâche pas l’affaire pour Cathel. Oui tu nous as laissées moisir seules sous la pluie sans information et sans daigner nous parler (mais en nous observant bien au chaud chez toi). Oui c’était bizarre. Mais l’amour n’est pas rancunier. On peut en discuter. Et mettre un plan d’action pour que Cathel croit à cet horrible ce mignon petit poème que tu as écrit en douce, tout rempli de poneys brillants et d’anges tombés dans ses cheveux remplis de grâce et de beauté jsaispasquoi. Tiens le coup.