Effeuille mes rêves

Ratage

Absolument dégoûtée.

Tout ce pour quoi je me bats, du vent. Tout ce travail foutu en l’air par deux remarques de personnes qui n’ont aucune idée du calvaire que je vis pour continuer malgré tout, malgré la souffrance, les difficultés, les défis malsains. Qui pleuvent en masse, tous les jours. Non, je ne raconte pas tout, même ici...
Alors ouais, "ils" ont été sympas. Pas eux contre qui je suis énervée. Ouais il paraît que ça peut le faire, plus ou moins. Que je n’ai pas foiré, j’ai juste été très moyenne. Mais moi ça ne me convient pas.

Je visais l’excellence.

Je visais l’excellence, bon sang ! Je veux être la vraie moi, celle qui sait faire, celle qui est douée ; je veux pouvoir me balader dans mon école sans courber l’échine, sans avoir honte de qui je suis et de ce que je traverse tous les jours, chaque petite seconde émiettée du pathétisme qui me caractérise.

Vous n’avez pas idée de ce que j’ai pu faire, ces derniers jours, pour être capable de combattre mes démons et être en mesure de présenter un oral convenable. Pas la moindre idée. Ça aurait dû marcher. Ça aurait dû marcher… Je ne comprends pas…

Je ne comprends pas ce que je fais de mal. Si c’est indépendant de ce que je fais, et aussi de ce que je suis puisqu’il paraît que je ne suis pas un monstre, c’est quoi le p.tain de problème avec moi ?!

COMME D’HABITUDE, tous mes efforts ont été vains et ne m’ont valu qu’une grande claque dans la gueule. BAM. "Non mais on t’avait dit de pas faire d’efforts ! Tu resteras une looseuse toute ta vie, quoi que tu en dises".Sur tous les plans.

J’en ai marre de me battre. J’en ai marre de continuer. Clairement, ça sert à rien. À RIEN je vous dis. Je ne suis pas pistonnée, je n’ai pas de bagout ou de charme particuliers, je ne suis pas populaire, donc je n’arriverai nulle part.

Alors je fais quoi maintenant ?

J’me casse ? Comment j’annonce ça à mes parents ? Comment j’annonce à mes parents que malgré tous les sacrifices qu’ils feront pour me permettre d’étudier, je serai toujours une ratée ?

J’vais aller me cloîtrer dans un couvent. Je suis sérieuse. Au moins, j’aurais une raison d’être isolée. C’est tout simplement… pas juste. Je ne peux pas m’en sortir, j’ai l’impression que c’est flagrant aujourd’hui. Si je suis incapable de gérer l’examen le plus important et décisif de mon année, comment je peux gérer une dépression quasiment toute seule ?

(Parce que ouais je suis encore fâchée contre mon psychiatre. Et je suis déjà allé voir tous ceux de la ville, c’était lui le meilleur).

Je dois être vexée, en fait. Vexée de ne pas… de ne plus être une bonne élève. Comme avant. Comme au début. Avant que tout ne s’écroule. Avant que je ne change. Que quelque chose ne change - et me change.

Vexée de ne pas laisser l’impression que je voudrais. Pourtant je travaille si dur pour ça.

Et si ça a capoté aujourd’hui, j’imagine que le reste va suivre. Mes rêves, tout ça… C’est bien beau de dire que la volonté prête à les accueillir est là. Qu’elle me consume. Si même quand je canalise ma volonté en quelque chose de concret, un examen capital à réussir, ça coince… le reste est hors orbite.

J’vais aller me noyer dans la malbouffe. J’aurais mangé des légumes et des fruits toute la semaine dernière pour rien. J’en ai même fait des cauchemars, c’est dire… Je suis visiblement prédestinée à des choses… moites. Grasses. Sales. Dégueulasses.

Ça m’apprendra à aller à un examen avec le sourire. Pour essayer de ne pas projeter mes angoisses sur le monde.