Effeuille mes rêves

Rendu final : zut-euh

Bon ; le mémoire ils peuvent aller se faire voir.

Ça suffit maintenant leur connerie. Je n’ai pas eu LA MOINDRE INFORMATION que j’ai demandé. Et cela dure depuis UN AN.
J’ai tout fait toute seule. J’ai déniché des miettes d’instructions seule que j’ai ordonné seule et que j’ai traité seule. Même les documents "récapitulatifs" qu’on m’a envoyé étaient de la flaque de pus : ils ont engendré plus de confusion que de clarté.

Alors je leur rends ce que je peux rendre. Ce n’est pas parfait. C’est même loin d’être acceptable, je m’en doute. Mais tant pis !

Ah. Ils m’auront vraiment rendue dingue jusqu’au bout. Et ce n’est pas fini… Ces derniers jours ont pris un malin plaisir à me démontrer qu’en trois mois tout peut basculer.

Ma grand-mère s’est faite opérer pour la seconde fois. On attend de connaître le traitement ; craignant le mot en "ch...".
Mon grand-père, le calme et le self-contrôle incarné, était totalement perdu sans elle.
Ma mère a réussi à se perdre à plusieurs heures d’ici avec son copain.
Mon oncle préféré s’est fait voler sa voiture. Qui a servi à un braquage.

Mon père, mon frère, mon école, mes amis… ... ... ...

C’est la vie, tout ça. Pas de plainte. Je vais bricoler trois mois pour résumé cette notion. "Je ne suis pas en train de me plaindre, j’expulse et métabolise mes émotions mais en fait je sais que ça n’est pas si grave et je continue avec le sourire ; c’était simplement pour actualiser et mettre à plat les choses, le quotidien".

C’est très énervant de lire le mot "plainte" tous les deux écrits. Ça fait se plaindre même quand on ne le fait pas vraiment. Je ne supporte pas ça.

J’ai une expression parfaite, toute faite, pas de moi, et que je tire d’un de mes lives favoris.

Casse pas la tête.

Simple, court, efficace. Ça sort d’un Terry Pratchett : le traducteur s’est retrouvé devant le dilemme de devoir inventer un équivalent français aux différences culturelles anglaise-australienne. L’Everest littéraire. Il est venu à bout de cette difficulté en traduisant les expressions typiques australiennes par des expressions de Nouvelle-Calédonie.
Celle-ci en est une et je l’aime beaucoup. Elle est exquise : elle m’amène un peu de sainteté (aka Terry Pratchett et ses livres, son univers) tout en me rendant un fier service (m’éviter de m’auto-irriter en répétant mes faiblesses).

Casse pas la tête.

J’essaie aussi d’éviter de mon mieux les jurons. Ça soulage mais je vais rentrer dans le monde professionnel et je n’ai pas assez de contrôle pour les éviter dans ce contexte. J’ai donc besoin d’entraînement.

Ça aussi faut qu’on en parle… Le monde professionnel. J’ai déjà du mal à savoir qui je suis et à agir en conséquence dans le monde normal de tous les jours. MAIS EN PLUS : dans l’univers du travail, il ne faut SURTOUT PAS être soi !  !  !

Alors que ça ferait tellement de bien à tout le monde.

Franchement. Si seulement on pouvait répondre : "Bah oui, en fait toi et moi on est pareil, on a pas envie de se pointer tous les jours en costard : mettons nos jeans préférés ! Du moment qu’on travaille bien, pourquoi ne pas travailler heureux ?" ; au lieu de : "Certes, la problématique actuelle est conflictuelle pour nos acheteurs potentiels. Le cours de la Bourse bla bla bla bla bla bla bla et je fais des ragots et je juge et zéro confiance en personne et je dois garder un visage lisse ininterprétable même si comme toi j’aimerais être simplement vrai, ça ne m’empêcherait pas de faire correctement mon job".

Parler bien, c’est bien. Continuer à défendre notre langue tellement complexe qu’elle en devient (au bout d’un moment) cool.

Mais devoir faire des simagrées devant des gens qui prétendent être au-dessus de nous, alors que l’on vit exactement les mêmes choses ?

Absurde.

Mais bon. Casse pas la tête.