Effeuille mes rêves

Retour aux montagnes russes... émotionnelles

Je suis revenue de Port Aventura.

J’aurais tellement de choses à raconter… Pas uniquement sur le séjour. Mais sur ma vie en général. Des choses que je n’ose pas confier ici par peur d’être un jour reconnue et mise au pilori.

Tout est si intense. Est-ce ainsi pour tout le monde ? Je suis incapable de trouver la paix dans le mesuré. Ou bien je suis exaltée et excitée comme une puce, ou bien la joie retombe aussitôt et je dois chercher un moyen de compenser le vide béant qu’elle laisse derrière elle. En vain.

Il y a une frontière opaque entre ma vie rêvée et ma vie réelle.

Je n’arrive pas à faire la distinction entre les deux. Et je sais que c’est l’une des raisons qui me freine dans mon évolution.

L’une des raisons qui fait que je pense encore à Jareth, alors que je ne veux pas.
Parce que j’ai souvent pensé à lui pendant ces trois jours… et je me sens pathétique à cause de ça. J’observe constamment les autres, essayant de comprendre leur comportement et leurs motivations, et j’ai souvent fait la grimace quand je voyais des filles buguer comme ça sur un garçon. Je trouvais ça ridicule, oui. Et aujourd’hui je ne peux pas me dépêtrer de l’idée de lui.

Alors que je sais qu’on est pas compatibles. Je ne désire même pas qu’on le soit.

J’ai beau être à 200% branchée sur cette notion, je ne peux pas m’empêcher de me dire que peut-être il ne sera plus là à la rentrée. Et d’avoir un pincement au cœur en y pensant. Que je n’aurai jamais l’occasion de lui dire à quel point il me plaît, depuis le début. Début que - je ne l’ai jamais raconté ici - j’ai gâché ; parce qu’il y aurait en réalité pu y avoir un "entre nous" il y a très longtemps.

Ma mère dit qu’on a toujours quelqu’un en vue. Donc que c’est normal cette réaction que j’ai par rapport à lui, sans être forcément amoureuse.
Je n’arrive pas à me décider si j’ai envie qu’elle ait vu juste ou pas. C’est triste quelque part. Mais d’un autre côté, ça me soulagerait qu’il y ait une explication à ce béguin destructeur qui n’en finit pas.

Aujourd’hui j’ai perdu mon élan. J’ai perdu cette capacité à prendre ma vie en main. À choisir ce que je veux. À me distinguer de l’anonymat malsain dans lequel je persiste à m’enfoncer.

Ce n’est pas très joyeux, et je m’en excuse. Toujours des questions sans réponse. Alors je vais me concentrer sur le voyage.

C’était génial. Dans le sens où je me suis amusée !

Je suis déjà partie avec une amie, mais jamais avec un groupe restreint de copines. C’est vraiment sympa. Il y a cette complicité féminine qui nous lie et qui fait qu’on peut être naturelle sans faire d’effort. Ça ne m’arrive pas souvent. De ne pas faire d’effort. Surtout pour être moi. Alors c’est rafraichissant.

On a pu avoir des discussions de filles et mine de rien ça fait un bien fou.

Peut-être que j’avais tort. Qu’on ne peut pas être heureux si on se pose pour réfléchir. Qu’il faut se lancer absolument dans l’action. Ne pas se laisser le temps d’étudier, de raisonner, de décortiquer.

C’est peut-être ça, la réponse à mes interrogations qui tournent en rond… mais je ne sais pas encore l’accepter.

Je continue à penser. À me demander ce qu’il se passe dans la tête des autres. Pourquoi sont-ils à mes yeux plus importants que moi ? Comment font-ils pour avoir cet appétit de vivre ? Comment raviver la flamme en moi-même ?

Où vais-je avec ma vie ?

Ce mémoire à venir m’angoisse énormément… J’adorerais me jeter dans le travail pour combattre ce sentiment, mais je n’ai aucune piste à explorer. C’est ça qui est perturbant.

Il s’est passé un évènement trop impressionnant à Port Aventura. Je le raconterai plus tard. Il m’a redonné la foi même s’il a été un peu dilué par toutes ces questions qui tournent et se retournent dans ma tête.

Mais c’était une belle excursion. J’en retire plus de positif qu’autre chose, même si cet écrit peut sembler morose. Je ne suis pas morose. Je suis juste perdue.
Comme je l’ai toujours été.
Mais je vais me ressaisir. Il y a tous ces stages et ces immersions professionnelles à assumer. Je ne peux pas flancher maintenant.

Même si ma tête est lourde de questions elles-mêmes lourdes de sens.

Le bilan de la journée est que je me sens vraiment vraiment pathétique. Je ne peux pas m’empêcher d’imaginer les yeux qui parcourent ces lignes se lever au ciel et le lecteur / la lectrice soupirer devant tant de niaiseries, de banalité, d’ennui concentré en une seule personne.
Mais j’ai quand même besoin de nourrir ce journal. Et même si aujourd’hui cet écrit est plutôt sinistre, je garde en tête tout les bons côtés apportés par cette escapade !