Effeuille mes rêves

Samedi : des patates (dans la figure) aussi !

J’laisse couler.

Je n’essaie même plus de lutter. Ça me rappelle… Bon, je ne suis pas sûre que ça soit un souvenir concret, mais c’est pas grave. J’ai l’image d’un collégien ou lycéen qui marche dans les couloirs de son école. Comme dans un clip musical. Noir et blanc. La musique triste mais très punchy en même temps. Il est au ralenti quand tous les autres autour de lui sont en accéléré. Et ils lui balancent des trucs à la figure. Des tomates. Des boulettes de papier. Des sodas. Des stylos. Pas méchamment, non. Ils ne se rendent pas compte que ce qu’ils jettent avec insouciance vient frapper ce garçon.

Auquel tout à coup je m’attache irrationnellement. Donnons-lui un nom ! Il s’appellera Adam.

Il a une bonne bouille. Il est trop mignon. Gouzigouzigouzi... !

Hem. On rassemble sa santé mentale et on recommence.

Ce type, donc, qui encaisse les projectiles… Quand y’a a un qui fait mal, y’en a un suivant qui le blesse ailleurs !

Au début, Adam repoussait un par un les déchets. Maintenant, il sait que c’est inutile. Donc il les laisse le percuter.

Bah voilà : c’est moi pendant les immersions professionnelles !

Et ouiiiii, Adam est en réalité une Aloha ! HahA !

Une Aloha qui a très peu d’estime pour elle-même. Que ça soit clair. Je n’ai pas posté cet écrit que je me déteste déjà. C’était une catastrophe. Une catastrophe… Certes : pas pire que ce que j’ai déjà vécu (= "catastrophé"). Mais à peu de choses près pareil, quoi. Or je fais TOUT CE QUE JE PEUX pour arranger les choses. Pour changer. Pour ne pas me laisser dominer par mon stress. Pour a-r-t-i-c-u-l-e-r quand je parle. Arrêter de dire des conneries aux profs, à ma famille, aux inconnus qui me disent gentiment bonjour.

Je vais aller lire. Tant pis pour le mémoire. Oh, c’est plus ou moins de l’auto-destruction, hein. Je n’ai pas avancé tant que ça (et puis mercredi aussi j’étais trop fatiguée pour m’y mettre). Pas assez avancé en fait.
Plus choquant encore (bien que pour être honnête ça m’arrange énormément) : tout le monde croit en moi. Tout le monde croit que je fais du bon boulot. Que j’ai quasiment fini. De quoi ?? ! Tout est super foiré !

M’enfin, m’enfin, si je n’arrive pas à tenir 99% des résolutions que je veux mettre en œuvre MAINTENANT dans ma vie, sauvons au moins le 1% restant.

On encaisse et on garde la tête haute. Ça ne sert à rien de perdre de l’énergie à contrer tous les obus ménagers. Je m’époussetterai quand ils auront fini. En attendant la prochaine salve.

"Hohoho, mais diable que oui tout va bien se passer, très cher ami ! Faisons comme si tout finissait bien de toute façon, ha ! Prenons un air aristocratique et prétextons que je sais ce que je fais, mon pauvre ami, sinon je vais te saouler encore cent ans".

P.S : Après avoir eu un court rôle dans ce journal, renonçant à sa carrière de comédien, Adam a travaillé deux ans dans un Starbuck. Un jour, un homme en noir lui commande un café. L’homme est déprimé. Adam lui dit quelque chose de simple, de sincère, mais qui transforma à tout jamais la vie de son client. Pour le remercier, celui-ci lui promit de l’embaucher comme assistant et dans le futur succésseurs de cette entreprise qui a terme rapportera - et rapporta, effectivement - beaucoup. Maître du monde.

(Après l’avoir créé, je me sentais responsable. Je ne pouvais pas juste laisser partir Adam comme ça).