Effeuille mes rêves

Se réparer

J’ai lancé quelques mots ce matin pour reparler d’hier. C’est important de ne pas oublier ; et mieux encore : de mettre à profit cette leçon qui m’a été offerte.

Je l’interprète (aujourd’hui, hier j’étais vraiment trop au fond du trou) ainsi : dans la vie, quand on essaye trop fort, c’est qu’on essaye mal. Ou de travers.
Les généralités n’ont aucun sens, bien sûr. Celle-ci ne vaut que pour moi. Au vu de mon expérience. Comme tout ce que j’ai écrit ici, d’ailleurs. Bref. Voilà ce que j’en retire : on peut visualiser ses rêves. On peut faire de son mieux pour les réaliser. Et c’est une chance géniale. Mais on ne peut pas dessiner l’histoire - et donc notre futur - à notre guise.

Nous créons. Sans être des Créateurs.

Il faut faire sa recette de limonade avec les citrons qu’on nous donne.

Généralitééééééé… finie ! J’aime cette expression avec les citrons, je la ressors souvent.

J’aimerais quand même mettre une bonne fois pour toutes des mots justes sur ce que je ressens.
Qui est-Elle, cette dépression, à la fin ? ! Qui est l’architecte de cette subtilité substantielle qui différencie le dépressif pathologique (qui n’est pas forcément celle/celle qu’on voit dans les médias) et la baisse de moral physiologique ?

Quelle est la structure, constitutive de l’être, qui est atteinte ?

C’est l’élan de vie, selon moi, qui est vicié.
On ne le voit pas et on ne le mesure pas. D’où l’incrédulité et les difficultés à se projeter. Mais il existe.
Il existe aussi sur cette planète des physiciens qui travaillent dans un monde qui m’est totalement étranger et que je ne peux donc même pas imaginer. Pareil pour les électriciens, les bouchers, les avocats, les chirurgiens, les acteurs, etc etc. Cependant, mon ignorance n’occulte pas leur existence.

Le rhume est pathologique. C’est une maladie. Indéniable, bien que je sache que je ne vais pas en mourir. Mais ce n’est pas un état de santé normal.
Selon les caprices du hasard, si les années se succèdent, que les microbes persistent et qu’à chaque fois que je dis ne pas pouvoir respirer normalement on me répète : "Bah suffit d’inspirer un grand coup, quoi, fais un effort !"... Je peux devenir folle et - de dépit - me jeter du haut d’un pont.
Je peux m’étouffer aussi. Ou je peux m’auto-faire une trachéotomie, aux confins du désespoir, dans une tentative ultime et tragique de respirer à nouveau.

Cet élan de vie dont je parle peut paraître mystique.

On met de côté le rhume et se recentre sur lui.

Le dynamisme de l’existence. En réalité, il existe forcément.
Puisqu’on vit.
Cette force est l’énergie qui différencie un cadavre d’un être vivant. Tout le monde l’a. Le secret de la vie, la force qui meut nos cellules, l’idée transformée par le cerveau (grâce aux sens et ses capacités) d’un recueil de données à une analyse personnalisée.

Qu’est-ce qui fait qu’un fœtus, dérivé d’un amas de cellules, devient un bébé qui crie ; qui lui-même deviendra ce voisin pénible qui célèbre son tout frais statut d’étudiant en tambourinant sur toutes les portes de la résidence à minuit moins le quart ?

C’est réel. Mais non palpable.
Fichtrement réel, cependant. On le sent quand on ferme les yeux. Oui, ÇA. "Ça" qui me fait craindre l’éventuel néant de la conscience après la mort. Parce que "ça" ne peut pas ne pas exister. Mais pourquoi est-ce que "ça" existe ? La mort n’est-elle pas la finalité de tout ce qui y ressemble ?
Je sais que non. Parce que "ça" a été créé. Le néant n’a aucun sens lui non plus. Il est l’espace entre deux "ça", et "ça" pourrait - pourquoi pas - s’incarner également en atomes. En plusieurs atomes. Des atomes qui… pensent ?

Bon. Je m’égare légèrement.

Donc voilà ce qui, selon mon expérience, déconne. Dans la dépression. En médecine, on parle beaucoup de neurotransmetteurs qui feraient des trucs bizarres… Je ne suis pas experte. Je me contenterai, ici, de mon ressenti.

Et puis comme je l’ai dit hier : ce n’est pas le pire du pire. Je peux faire avec.

Mais plus précisément dans ces moments-là : que faire pour vivre ?

J’ai posé des questions. J’ai cherché à savoir. Même au fond du trou, je ne lâche rien. Que dois-je faire dans ces cas-là ? Quand on met hors de ma portée tout ce qui peut me faire du bien ?

Eh ben j’en sais rien. J’ai écrit ces bouts de réflexion ce matin en me levant très tôt pour prendre le bus (le cours du jour était dans une autre ville), et depuis j’ai mal au ventre et suis fatiguée.
Suis censée avancer mon mémoire… Mais nan. Quelle rebelle.

Je n’ai pas de réponse franche à venir partager. Mais j’ai la preuve que c’est une maladie. Rien que ça, oui ! Hier, refusant de me laisser aller, j’ai tenté de parler. De tâter le terrain. Comment c’est, chez les autres ?

"Mais, toi, comment tu fais pour enlever l’envie de mourir ? Tu sais, l’idée fixe et collante qui te fait te sentir minable quoi qu’il se passe (sans raison particulière) mais que tu ne peux pas enlever (tout comme on ne peut pas faire fondre du ciment avec son bol de thé à la menthe) ?"
"Bah non j’sais pas. Quand ça va pas, je suis blasée de tout. C’est pas agréable, ça c’est clair et net".
"Oui comment évacuer l’envie de mourir elle-même ? Qui est presque une personne à part ! Tu te dis que ça sera tellement mais TELLEMENT mieux quand tout ça sera terminé - biologiquement je veux dire ? Puisque rien n’a de sens.."
"Euh… Non. Je m’occupe, je me change les idées. Je fais un truc sympa comme regarder un film. Et ça va mieux : les problèmes ne disparaissent pas mais la vie reprend".

Ah.

Mais on a le droit que ça soit aussi simple ? !

Bon ce sera tout pour aujourd’hui, mais il y a d’autres choses sur lesquelles je voudrais écrire plus tard. Des devoirs à faire. Envers moi-même.

Je compte :

    Rédiger un message pour la future-moi déprimée. Pour cela : verbaliser tous les arguments du "à quoi bon la vie" ET du "eh ben faut vivre malgré tout".

  • Être capable d’exposer à un INCONNU la question/débat : "Pourquoi vivre ?". "À quoi ça sert, à quoi ON sert ?" (Sans tomber dans le pathétique ou le cliché, ou sonner trop profondément dépressive pour être à l’aise avec la personne). Alors ça, si j’y arrive…

    Si je parviens à être capable de lier un lien - NON superficiel - avec plus ou moins tout le monde, j’aurais le sentiment de m’être pleinement accomplie !

  • À l’écrit tu peux dire tout ce que tu veux. Mais à l’oral - quand tu t’exprimes sur une opinion, une idée ou que tu essaies d’expliquer quelque chose - reste sur des faits. Va du plus général au plus particulier. Hiérarchise tes pensées. Essaye, du moins. Sinon on comprend pas.

Je me suis également écrit un message pour Ancienne-Moi. L’ado' que j’ai été :

Les extrémités ne sont JAMAIS bien.

Que ce soit en positif ou en négatif, un excès sentimental (excepté l’amour, pour ce que j’en sais) est néfaste. L’humain n’est pas fait pour la démesure.
Il est humble.
Que ce soit à propos de ressentir une joie absolue ou une tristesse sans fond, ce n’est pas "normal". L’équilibre est rompu et l’esprit et/ou le corps va à un moment ou à un autre contrebalancer ça.

Ça arrive. À tout le monde. Mais sache qu’être heureux, ce n’est pas ressentir cette joie XXXXXXXL -> la vie, c’est toute une palette de nuances. En touches sentimentales mais aussi en élucubrations, en appréciations, en points de vue. En paradoxes.
Aucun être humain n’est à 100% les qualités ou les défauts qu’on lui décrit. C’est pour cela qu’on est uniques.

Cool, hein ?