Effeuille mes rêves

Seconde chance

Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah !!! !

Il faut que je PARLE !

Bon sang, c’est effrayant ce besoin qui m’anime. J’ai envie de parler à quelqu’un ! ET de lui faire un gros câlin ! Ma mère m’a appellée, puis j’ai appellé mon père, mais il me manque quelque chose ; je veux un câliiin !! !

Fiou, zen, Aloha. On s’calme. Et si j’allais voir ma gérante ? J’peux me forcer à pleurer si je veux.
Non mais non mais c’est n’importe quoi. Je deviens complètement gâteuse là.

J’vais lire à haute voix ce que j’écris. Ça me permettra de structurer ce que je dis. Hihihi, c’est rigolo en plus. Ouh par contre j’ai l’air d’une idiote. Geuh.

Alors : ma rentrée. Ma fameuse rentrée. C’était… le mot qui me vient à l’esprit est : haaaaaaan. Et on me souffle dans l’oreillette que ce n’est pas un mot. Mitigé, voilà, c’est ça le mot juste. Je suis mitigée.

Je redoutais la deuxième partie de la journée mais elle s’est bien terminée finalement. J’ai plaisanté avec les deux copines que je connaissais, le cours que je craignais est passé relativement vite…

Je vais mettre de la musique et chanter un peu. Parce que ça me saoûle de me faire une auto-dictée.
Du Disney, tiens. J’en écoute beaucoup trop, je le sais bien ! Je ne suis qu’une gamine. Mais je ne peux vraiment pas m’en empêcher… BREEEEEEF !

Je disais donc. Ah oui voilà, Jareth a changé de groupe donc je ne le verrai pas de l’année finalement. Et y’a quand même une part de moi qui a grimacé en constatant ça - même si ça veut dire que du coup plus de prises de tête !
J’ai définitivement un côté maso. Ma conscience veut souffir, c’est clair.

Y’a donc de bonnes nouvelles - des nouvelles pas trop mal disons. MAIS. Y’a un mais.
Mais… je me suis ennuyée ; voilà ! Je me suis GRAVE ennuyée. Et ça m’effraie ! Je ne devrais pas m’ennuyer !! ! Je devrais m’intéresser à mon futur métier malgré la redondance inévitable des informations que je reçois. Je devrais en profiter pour essayer d’aller plus loin dans mes réflexions. Mais non. Je me suis juste ennuyée.
J’avais envie d’être ailleurs - n’importe où plutôt que dans cette salle de cours ! Alors du coup je me suis mise à douter très sérieusement : ai-je ma place dans cet établissement ? ? Dans ce corps professionnel ?
Ou bien tout ceci n’est-il dû qu’au fait que je redouble et que je m’étais l’an dernier bien investie dans ce cours-là en particulier ?
Je me suis sentie quand même vachement blasée. Presque frustrée. Est-ce normal ? J’ai très peur de m’acharner dans une voie qui ne me correspond pas. Il y a des moments où j’ai envie de faire ce que je suis censée y faire (le métier) mais d’autres (les études / l’école) où tout me semble trop dur et inaccessible.

Je n’ai pas aimé ce que j’ai ressenti. Rien de grave, ok, mais tout me semblait si… décoloré ! Rien à voir avec la vie que j’avais appris à réaimer à la maison.

J’suis naze.

J’ai un souci avec les gens aussi. Comme s’ils ne me correspondaient pas… Je ne suis pas en train de me survaloriser ou au contraire de me dévaloriser, c’est juste que je n’arrive pas à aller plus loin avec eux que les bavardages inoffensifs habituels.
Ma mère me dit de patienter à ce sujet. Que les vrais amis sont très rares. Elle doit avoir raison, une fois encore.

Est-ce que j’ai dit qu’elle faisait une dépression ? Je n’aime pas y penser parce que je suis capable de pleurer pendant des heures avec la tentante envie de me laisser dépérir en le faisant. Mais c’est la vérité. Je suis tellement triste pour elle… Non, je suis plus que ça, mais je ne trouve pas les mots… Je n’ai pas envie de les trouver.
Je n’ai pas envie qu’elle aille mal.

J’ai peur de ne pas être à la hauteur de ma seconde chance.