Effeuille mes rêves

Soyons plus astucieuse

C’est un défi.

L’épreuve finale que les personnages dans les histoires doivent affronter avant que le mot FIN ne s’affiche sur l’écran.

Une étape cruciale. Historique. Sans laquelle rien de ce qui n’a eu lieu avant n’a de sens.
Je dois le faire. Mieux que ça encore : je dois gagner.

Donc je bloque ces quatre jours à venir. Horribles sont-ils destinés à être ? Horribles ils seront donc. J’irai la tête haute.
Ils ne sont rien de plus que le final d’une grande histoire ; la mienne de surcroît. La seule sur laquelle j’ai du pouvoir. Cet aboutissement en appelle au début d’une autre aventure, totalement imprévisible. Et ce sera peut-être l’unique moment de ma vie où je vivrai ça.

    Alors quel genre de personne veux-tu être ?

C’est maintenant que tu peux TE montrer que tu sais qui tu es.
Maintenant a sonné l’heure de ton évaluation finale, essentielle, absolue et intime.

Alors, oui, cette semaine va être abominable. Oui ; je flanche mentalement et je ne suis pas sûre de parvenir à tenir le coup sans finir aux urgences.

Oui. Mais non.

Je vais être plus maligne que ça. Je vais sourire. Je vais décider de passer une bonne semaine. Ce sera mon secret. Ma double-vie.
Je me maîtriserai et aurai la force de rester droite mais flexible. Ça me fait penser à tous ces discours sur l’Honneur. Que je ne comprenais pas étant enfant.
Maintenant, je comprends.

La force morale. Je vois l’invisible.

Cette semaine sera entièrement vouée au travail - et ce même si je suis au bout du bout du rouleau. Très prête de faire quelque chose de terrible que je regretterai à vie. Non. Droite, dans mes chaussures. Je vais tenir le coup. Et je vais tenir sans sacrifier ma santé.

Cette injustice m’énerve beaucoup trop pour que je me laisse aller, tout compte fait.

Je vais me prendre en main pour garder le moral malgré tout. Ils ne m’enlèveront pas ça ! Je le répèterai mille fois tous les jours s’il le faut.

Il faut reconnaître que tout ça se case bien avec tout ce que j’ai appris ces derniers mois sur moi-même. Mes limites, mes ressources, mes envies.
Ce peut être un formidable exercice pour me prouver que je peux avoir la vie (& le mental) que je souhaite, du coup !

Jeudi soir un repas est EN PLUS prévu avec mon père, ma belle-mère et ses enfants… Je ne peux pas refuser d’y assister ; bien que l’idée seule me terrifie.
Donc y’a ça à gérer en plus. Ainsi que ma phobie perpétuelle - qui en été est plus… visible, dira-t-on. Mon corps qui me lâche doucement et menace de péter comme un élastique, n’importe où n’importe quand. Ma psychée qui se fond ; se déforme sur elle-même.
Etc etc.
Pris à part, rien n’est grave. Mais combiné, c’est insupportable, et PERSONNE ne parvient à le comprendre autour de moi.

Eh bien tant pis. Je ne vais pas laisser ça m’arrêter.
Et pour ces quatre jours absolument atroces que je m’apprête à traverser, j’aurai droit à quatre autres jours, dans ma vie, de bonheur le plus intense qu’il soit humainement possible de ressentir et qui ne seront pas compensés par autant de mauvais moments. Ce que je veux dire, c’est que dans la vie on a des hauts et des bas. Donc quand on monte très haut, la suite ne peut être qu’une pente plus ou moins bien vécue. Eh bien là, la pente, qu’elle se situe avant ma montée magique ou après, sera agréable. Ce sera un bas qui me fera harmonieusement revenir à un état d’être bon.