Effeuille mes rêves

Stupida

Je-suis-la-fille-la-plus-stupide-de-la-planète… !! !

Mon… Bon, déjà, je tiens à dire que je l’ai bien mérité. Voilà. Je le sais et je n’écris pas pour attirer la sympathie ou la pitié ou la pluie de bonbecs magiques. Brisons la glace, hein, ce que j’ai fait était totalement débile (même si je ne regrette pas parce que sur le coup ça m’a énormément soulagée) et inutile et… STUPIDE, et tout ce que vous voudrez. Cependant, je ne suis pas stupide au point de ne pas avoir conscience que c’était stupide.
Je pèse mes mots. Sérieusement.

Seulement voilà : mon frère a vu mes marques.

J’ai réussi à l’attraper avant qu’il ne parte au lycée pour lui demander son avis sur un problème métaphysique extrêmement complexe ( en vrai : Cathel m’a reproposé une sortie avec son pote et j’ai dit directement non cette fois parce que je savais que je n’arriverai pas à ne pas me rendre malade, ça a été plus fort que moi… et j’me sens franchement handicapée de la vie à pas franchir le pas - c’est vraiment viscéral j’y arrive pas !! - et j’voulais savoir ce que mon frère, dans la même situation avec une fille, aurait fait).
On rigolait, on plaisantait, et j’avais totalement oublié la présence des griffures. Et je porte un pyjama manches courtes. Et donc quand j’ai commencé à faire de grands gestes avec mes bras, ça lui a immédiatement attiré l’oeil.

Et il m’a bien engueulée.

Encore une fois, je l’ai mérité mais par contre LUI n’a jamais mérité de voir sa soeur dans cet état !
Et il risque de le dire à ma mère, qui commençait tout juste à aller mieux…

Je ne peux pas espérer qu’il oublie car il n’oublie jamais rien. J’ai juste dit que j’arrêterai. J’ai pas promis parce que je sais que quand j’en ai trop besoin il me faut ma dose et que aucune promesse ne saura empêcher ça, mais je me suis promis qu’il ne verrait plus rien, ça c’est sûr !

Le problème, c’est que j’ai beau dire que c’est mal et tout - je ne voudrais que quelqu’un fasse comme moi pour RIEN AU MONDE -, j’ai beau savoir que ceux qui lisent mes écrits vont encore plus me mépriser avec ce genre de déclaration, je ne peux pas ne pas le faire quand j’en ai besoin.
Y’a que ça qui marche avec moi. Sérieux. Les prières, la conversion religieuse, la recherche de solutions, la psychothérapie depuis un an et demi, la positive attitude… y’a des moments où rien de tout cela ne fonctionne. Où il faut que je me blesse pour pouvoir avancer. Je déconne pas : hier soir j’ai fait un super rêve qui m’encourageait à continuer dans cette voie professionnelle que j’ai choisi, alors que toutes les suppliques et les séances d’autohypnose du monde n’avaient pas suffit à me donner un embryon de réponse.

J’ai sûrement l’air de plus en plus stupide au fur et à mesure de mes écrits. Je crois que je n’arrive pas à me faire comprendre : j’ai besoin qu’il y ait quelque chose au-dessus de moi. Désespérément besoin de ça. Je ne peux pas vivre avec l’idée qu’on est tous livré à nous-même, que le mal n’est jamais puni chez tout le monde, tout ça...
Je ne tiens pas particulièrement à être esclave d’une religion, mais merde quoi je ne supporte pas d’être toute seule ! !

Alors jugez-moi, riez de moi, insultez-moi comme j’imagine que vous le faîtes dans ma tête, mais si je suis comme ça c’est qu’il y a une raison.
J’ai besoin d’une béquille. Et quand ce n’est pas quelqu’un qui peut me la donner (à cause de mes peurs donc à cause de moi donc parce que je suis nulle), quand ce n’est pas une force surpuissante qui n’existe peut-être pas, quand ce n’est pas ceux que j’aime pleinement dans ma vie, ben c’est la douleur. La douleur contrôlée sur mon avant-bras gauche.

J’ai envie de me lapider tellement j’a honte de ce que je suis devenue.

"Ben change, connasse !". (Je traduis ce que j’imagine qu’on pense en me lisant, les voix dans ma tête).
Ben oui mais j''ai essayé. J’essaye encore même. Mais j’y arrive pas, je suis désolée.
"Ben t’essayes pas assez fort. T’es vraiment conne. Quand on veut on peut".
Je sais. Je suis désolée…