Effeuille mes rêves

Tapi

Je les ai, finalement.

J’ai dû payer. Cher. Mais je les ai.

Faut que je redemande une ordonnance par contre.

Du coup, je me dis que ces foutus médicaments ne changent pas grand-chose en réalité. Vu l’état dans lequel je me met pour un oui pour un non. Je suis toujours cassée. Je suis toujours… enfin bref, pas la peine de vous faire un dessin. Pas envie de vous saoûler.

Je songe à rebaptiser ce journal : "journal d’une morte". Mes rêves sont morts désormais.

J’vais descendre voir mon père et mon frère, avant de bosser. J’ai pas été sympa avec eux, sous le coup du stress, je les ai un peu envoyés péter.

Je sais pas pourquoi, ça fait deux semaines que je suis plutôt agressive. Pas avec ma famille (avec eux je suis plutôt chiante… tout pour plaire ouais) mais avec les autres ; dès que quelqu’un m’énerve (je pense à une personne en particulier à la fac) je deviens sèche. Je vanne sans amortir. Ça ne me ressemble pas.
C’est comme un genre d’instinct de protection. "T’approche pas de moi, je mords. Je vais pas bien, laisse-moi dans mon coin". Un animal blessé qui montre les dents.

Je sens une tension sous-jacente qui ne demande qu’à exploser prochainement.

Le coup des médocs, c’était juste un prélude. Une fuite. Je sens quelque chose de noir et de monstrueux prêt à sortir de moi.

Les mots me manquent, les mots n’existent pas, et ce néant me terrifie, pour vous transcrire à quel point j’ai peur de tout ça. Ma vie qui fout le camp, doucement, sûrement.
Je suis censée guérir - aux yeux de tous c’est le processus normal qui est en train de se produire - mais la réalité est toute autre. Je m’enfonce toujours plus, et je parle pas d’un coup de mou au moral, je parle de quelque chose d’ULTIME. Pire que tout ce que j’ai expérimenté. Quelque chose de monstrueux qui m’attend, tapi dans l’ombre, et qui un jour (proche si j’ai juste) me sautera dessus, m’agrippera, et m’emmènera là d’où on ne pourra plus jamais me ramener.

J’ai peur, lecteur ou lectrice. Je crois que je suis foutue. Je ne sais pas pourquoi les choses sont ainsi. Pourquoi j’ai cette chose en moi programmée à me tuer à l’instant T qu’aucune thérapie n’a réussi à éradiquer.