Effeuille mes rêves

Tarée psychopathe

J’ai été au ciné avec mon frère et je me suis régalée.

Mais ensuite on s’est disputé pour une broutille. Et même si depuis on s’est réconciliés, ma tête pense et les idées tournent tournent et se retournent à l’intérieur.
Une spirale toute noire. Un tourbillon infernal.
Je sais que ces bêtises vont bientôt passer. Que je vais bosser un peu, puis lire, et dormir et que demain matin tout ça sera parti. Je ne déprime pas parce que je sais ce à quoi je suis confrontée cette fois.

Mais cette obsession qui s’est emparée de moi ce soir…

"Piège. Piège. Piège. Piège. Piège. Piège. Piège. Piège. Piège."

Je ressens de la colère contre le monde. Encore plus contre moi. Je suis confuse.
J’ai envie de voir personne. Je fais allusion à la journée de mardi. J’ai juste envie de me terrer à la maison et de laisser le temps s’écouler - même si j’en ai déjà perdu assez. J’ai peur du noir dans ma tête. Il a fait auparavant énormément de dégâts, certains toujours pas réparés. Ce soir, je ne ploie pas face à lui, mais l’appréhension est là.

Je ne comprends pas cette pensée. Et si Cathel me fait une mauvaise blague, mardi ?
Elle en est capable… Pas méchamment. Mais elle en est capable. "Pour mon bien". C’est justement parce que je sais qu’elle pourrait faire ça pour mon bien que tout mon corps se rend malade rien qu’en évoquant la possibilité d’une telle initiative. Relisez cette phrase, elle est très importante. C’est parce que je sais qu’il faut que je sorte, parce que je sais qu’il faut que je rencontre des gens, parce que je sais que les surprises de la vie sont bonnes pour moi, quelles qu’elles soient, que mon esprit se révulse et s’y oppose.

Et c’est quelque chose de plus fort que moi. Je vous jure que j’essaie de faire ce qui est bien. Mais là je suis tiraillée entre deux oppositions et je ne comprends pas comment vivre en harmonie avec ça.
Je ne comprends pas quelle solution je dois choisir.

Je ne l’ai pas dit clairement en fait. J’ai peur que Cathel fasse venir son pote avec nous sans me prévenir, voilà. Au fond, je ne sais pas pourquoi je flippe à ce point, parce que ça ne serait pas grave si elle le faisait. Mais voilà, mon corps dit non.
C’est vraiment tout mon corps qui réagit là : j’ai des bouffées d’angoisse et de chaleur, le coeur qui palpite, les yeux qui roulent tout seuls… Je suis une vraie tarée c’est hallucinant.

Je le répète parce que c’est important : je vais bien.
Je ne suis pas en train de rechuter ou quoi.
C’est juste que ma tête… elle n’en fait qu’à sa tête pour le coup. Comme si ma partie inconsciente savait ce qui devrait se passer, ce qui serait bon pour moi. C’est-à-dire ne pas écouter ce que tout le monde me préconise. C’est idiot, hein ? Mais la partie consciente elle elle voit bien que la vie ce n’est pas comme dans les films et tout ça, qu’on ne décide pas de ce qu’on veut et tout. "Et pourquoi pas ?" lui répond l’autre. "Ça vaut le coup d’essayer, je t’assure !".

J’ai mal au crâne à force d’être tiraillée entre mon coeur et mes pensées.
Sérieux, je suis une psychopathe doublée d’une imbécile. J’aimerais avoir ma psy pour en parler. Mais je suis en colère contre elle aussi. Ça fait un an et demi que je suis en thérapie et je suis toujours dans cet état lamentable. Même quand je suis au top de ma forme, je sens très très nettement que la moindre bourrasque peut me faire flancher et ça, c’est ma hantise, ça me ronge de l’intérieur non stop !
J’arrive plutôt bien à y faire face d’habitude mais ce soir la peur a trouvé une faille et s’y est engouffrée. Mais je sais que demain elle sera partie, demain elle sera partie, et ça me rassure.

En attendant, je n’arrive pas à faire taire cette voix dans ma tête qui me hurle que tout ce qui se trouve autour de moi est un piège.
Et je ne sais plus si cette voix est celle de l’intuition ou de la peur. Non, je ne sais plus…

Mais demain promis ça ira.