Effeuille mes rêves

Terreur soudaine

Ok. Je ne sais pas trop comment commencer cet écrit.

C’est vraiment délicat de révéler sur le net de telles horreurs sur soi, en suppliant le ciel de ne pas être réellement aussi pourrie à l’intérieur que ce qu’on croit. Que ce qu’il semble. Que ce que l’on écrit.

Ok. Respire, ma fille. J’ai vraiment besoin de l’écrire. D’extérioriser ça. Ce fichu secret qui me ronge depuis plusieurs jours. Je me sens vraiment mal à cause de ça.

Je crois que je suis vraiment une très mauvaise personne. Voilà : une amie à moi se marie. Et elle m’a invitée à son mariage.

Ce n’est pas pour tout de suite, c’est vraiment dans un looooong moment. Mais depuis qu’elle m’a dit ça… je ne me reconnais pas.
Je suis sincèrement extrêmement heureuse pour elle. Quand j’ai appris la nouvelle j’ai poussé un petit cri de joie (véridique, c’était pas du tout contrôlé).

Mais mis à part ça… passée la nouvelle en elle-même, quand j’ai compris que j’allais devoir assister à un mariage, à une fête, à un apéro, une célébration, tout ça, tout ça… je suis morte de trouille. Depuis l’annonce, j’ai l’impression que je me liquéfie totalement de l’intérieur.

Allez, je vais le dire clairement : je n’ai pas envie d’y aller. J’ai peur. Mais vraiment une peur, quelque chose de viscéral, de démoniaque presque. Je ne sais pas pourquoi j’ai peur comme ça, p.tain, ça fait trois jours que je ne pense QU’À ÇA.
Plus de neuf mois à l’avance, mais j’ai une irrésistible envie de pleurer, de vomir, de me griffer de partout… J’ai envie de disparaître.

...

Je suis vraiment une pourriture.

Je suis super contente pour ma copine, je le jure. Ce n’est pas ça le… problème. Mais je ne veux pas assister à un mariage. Je ne sais pas pourquoi ça me terrifie tout à coup.

Et j’ai vraiment très très envie de pleurer…

Je crois que je me sens mal aussi parce que je suis en train de couper (momentanément) les ponts avec Sonny… Je me sens méchante, je m’en veux, mais c’est plus fort que moi : il FAUT au nom de ma santé mentale qu’on évite de se parler. Pendant un long moment.
Je ne réponds pas à ses appels. Ni à ses textos.
Je ne nourris aucune rancune concrète contre elle, je ne peux pas dire ce qui me fait réagir comme ça. Mais j’en ai besoin.

Pareil en plus : Sonny elle va sûrement se marier prochainement. Son copain est une crème, ils sont faits l’un pour l’autre, et je suis heureuse qu’elle ait ce bonheur dans sa vie.

Mais je serai prête à faire des folies pour ne pas assister au mariage. Pas parce que c’est le sien, mais parce que TOUS les mariages… me terrifient.

Je ne sais pas pourquoi. Je n’arrive pas à comprendre. Peut-être parce que je suis persuadée que le grand amour, je n’y ai pas droit ?

Ça a l’air merveilleux chez les autres, mais je suis incapable de sortir de chez moi sans appréhension, juste pour faire des rencontres. Je suis incapable de soutenir le regard des gens. Je suis une petite boule nerveuse de handicaps sociaux ambulante. Je ne peux pas rencontrer quelqu’un.

ET JE NE PEUX PAS CHANGER. Du moins, pas pour le moment… j’ai essayé. C’est vrai. J’ai essayé. Et j’ai failli perdre la raison et faire une GROSSE bêtise (si vous voyez ce que je veux dire) quand je me suis forcée. Je n’aurai pas la force de me retenir la prochaine fois.

Alors je ne me force pas. Mais ça a un prix…

Je ne me plains absolument pas, parce que je SAIS que la situation est ainsi et que je ne PEUX PAS la changer. Donc ma seule option logique est de l’accepter, et c’est ce que je m’efforce de faire au quotidien.
C’est dur, oui, j’avoue, et ça ne vient pas tout seul mais faut vraiment que je me rende à l’évidence : je ne PEUX PAS me forcer (j’insiste tellement en tapant ces mots que j’en pleure, j’en peux plus de cette tension dans ma tête qui pousse pour sortir...).

Je l’accepte. Mais y’a des choses que je ne peux pas faire. Je ne peux pas…

Je vais bien, hein. Si, si, je sais que c’est un écrit vraiment… psychotique, mais je vais bien quand je ne pense pas à tout ça.

Mais par moment je doute tellement de tout…

J’ai PEUR (peur peur PEUR ! une peur monstrueuse qui crève absolument tout à l’intérieur de moi !) que mes doutes contaminent le bon qu’il y a dans ma vie !! ! Ou qui devrait arriver. Si ça arrive. Si j’y ai droit. Peut-être.

Peut-être que je ne suis qu’une sous-humaine.

EDIT : Ai passé toute mon aprèm à pleurer. Je n’arrive pas à faire passer cette sensation de pourriture interne. Comme si mon sang, ou le liquide de mon cerveau, avaient "tourné".