Effeuille mes rêves

Tityran

Ooooooh. [Bruit rauque d’agonie].

Ma tête va exploser.

Je n’aurais pas tenu si j’étais allée en cours. Réellement. Si je suis encore debout et vivante aujourd’hui, c’est parce qu’il y a eu des moments où j’ai senti que je devais me préserver. Bon sang. Y’en vraiment un truc fort qui va pas. C’est indescriptible. L’impression que mes yeux et mes oreilles saignent.

Mais surtout tout le reste.

Je bourdonne. De l’intérieur. Constamment.

Je ne tiendrai pas en me répétant que dans quatre mois c’est terminé. C’est bien ; mais il me faut autre chose.

J’ai eu ma psychiatre au téléphone tout à l’heure (rien à voir avec ma santé ou le contenu de nos séances). J’ai eu envie de pleurer. De la supplier de venir me chercher. De hurler : "Mais qu’est-ce que je fous là ?  ?  ?  !  ! Faut que je fasse quoi pour qu’on comprenne ce qui se passe ? !".

Elle m’a dit quelque chose de réconfortant vendredi. Quand je lui ai dit que je me pensais stupide parce que je n’arrive pas à m’adapter à tout ce qui se passe, elle m’a répondu qu'heureusement que non je ne m’adaptais pas à tout ça.

"Quand on s’adapte à tout, on finit kapo dans un camp de concentration".

Cette école est en train de me tuer.
Elle a évoqué des notions de dictature et de torture mentale. Je me dis que je dois mal raconter ce qui se passe… pourtant je reste factuelle. Oui, je m’en veux de ne pas réussir à être une bonne élève.

Mais…

"Mais rien du tout, Aloha. MORT AU TYRAN !".

Elle est rigolote cette femme. Et tellement adorable.

Ça n’est pas reposant d’être moi, non. Haha, bien sûr que non ce n’est pas une insulte ! Je le prends comme un super compliment (histoire de ne pas penser que je suis dingue quand dans quelques années je me relirai : je réponds à un autre diariste, Future-Moi, n’aies pas peur).

Defyyyyyyyyyyyyying gravity !

(Ça c’était juste pour moi, gratos).

Mais c’est vraiment pas comme ça chez tout le monde ?

C’est… déconcertant.

Maëlle m’a dit que j’étais forte aujourd’hui. Que malgré le fait que je ne supportais pas de venir en cours et en immersion professionnelle, je le faisais. Je l’ai dévisagée, interloquée. Ce n’est pas le cas de tout le monde ? ! Elle m’a répondu que non. Elle, elle est fatiguée blasée et tout parce qu’elle a un job alimentaire le week-end mais ça ne lui coûte pas d’efforts inhumains de venir.

Wow.

C’est elle qui est forte !

Il paraît aussi que les autres n’ont jamais de pensées suicidaires ou d’idées noires profondément ancrées. Comme une sangsue. Ou alors très rarement ; ET ELLES PASSENT AU BOUT D’UN RAPIDE (moins d’une journée) MOMENT !

Dingue.

Bon je vais juste marquer les pensées qui m’ont traversé l’esprit pendant le cours. Depuis que je me balade toujours avec un papier et un stylo, en prévision de ces moments-là, je me sens beaucoup mieux. Je gère mieux.
J’aimerais me promener avec mes protocoles pour aller bien quand je panique aussi, mais ils sont trop incomplets. Et y’aura toujours un boulet indiscret pour se moquer ; même si pas méchamment.

    Au travail (dans le monde professionnel), il faut rester dans les faits. On se concentre sur le concret et on stoppe les interprétations.

    C’est dommage mais c’est comme ça.

    À chaque perturbation => revenir aux (pensées) fondamentaux/tales.

    Mes fiches de visualisation, en gros. J’en ai fait une pour le diplôme&travail, une pour mon intellect, une pour l’amour, une pour qui-je-suis (j’ai mis plein de fées).

    Quand une idée te fait souffrir, c’est qu’elle est parasite. Ne la décortique pas trop ; chasse-la. Le but est le retour au neutre. Est-ce que je peux retirer quelque chose de positif d’elle ? Non = alors je m’en fous.

    Il me faut une liste d’évènements qui me motivent dans ma vie. Auxquels me raccrocher automatiquement dans ces moments.

    Attention, celle-là n’apparaît pas pour la première fois mais est vitale : UNE PENSÉE (POSITIVE OU NÉGATIVE) NE CRÉE PAS D’ÉVÉNEMENT (POSITIF OU NÉGATIF). Aucune pensée ne le fait.

    C’est juste une histoire de cohabitation entre toi et toi. Intègre ça, pitié.

    Quand on a trouvé quelque chose d’important (un bonheur, une solution à un problème perso, etc), doit-on donner des conseils en illustrant avec notre histoire ?

    Ça ne m’a jamais aidée qu’on le fasse et je n’ai jamais aidé en le faisant. Les mots n’aident pas et on doit expérimenter. Mais du coup est-ce qu’on doit dire quelque chose quand même ?

    La tristesse COUPE la bonne réflexion. T’es triste = tu penses pas bien. Régulation : on ne peut pas penser tout le temps.

Et dire que quand je regarde mon emploi du temps : aujourd’hui est la journée la plus légère et facile de programmée. ... Voilà voilà.
Ça n’a été que mémoire dès la sortie des cours. Et je ne suis plus du tout sûre de m’en tirer. M’enfin.