Effeuille mes rêves

Tombée, tombée............

Je sais ce que j’ai dit. C’est un paradoxe, je sais, mais ça reste toujours vrai.

Je ne veux pas qu’on fasse comme moi. Mais j’en avais beaucoup trop besoin, je ne connais que ce moyen-là pour crier tout ce que j’ai sur le cœur en sachant que personne ne peut entendre. C’est que ça bout en moi et ça demande à sortir, il faut que ça sorte sinon quelque chose d’affreux comme le néant éternel va prendre sa place, il faut que je lui obéisse et alors je craque. J’ai craqué. Une fois encore. La chair à vif est la seule qui me permet d’exprimer… le maelstrom que je cache à l’intérieur de ma tête. Le tourbillon de bordel infini qui se nourrit lui-même et que personne n’a réussi à crever.

J’ai été vraiment stupide ce coup-ci. Le ventre ne me suffisait plus alors je me suis fait deux entailles sur le bras. En me disant que je n’aurai qu’à les cacher quand j’irai en cours.
"Sauf que non, idiote." Il y a le retour à la maison aussi. Mon frère qui se souvient. Qui risque d’avoir très mal en les voyant. Il faut que j’arrive à les cacher… Je sais déjà qu’il va les voir. Il surveille.

Je me serais fait tout le corps si ça ne se voyait pas en cours. J’ai l’impression que la douleur ne va jamais s’arrêter. Que quoi que je fasse pour tenter d’aller mieux, la vie me maintiendra la tête sous l’eau. Me donnera un peu d’air pour ne pas mourir et me replongera dedans encore après. Et que ce cercle ne finira jamais.

Ça fait trop d’années que je suis ainsi, vous comprenez ? Toute mon adolescence y est passé. Et ma vie défile si vite. Je veux dire que ma jeunesse m’échappe. Elle devrait resplendir de joie et de bonheur et au lieu de ça je macère dans ma douleur. J’ai des affinités chelous avec ce mot. Douleur. Je connais toutes ses nuances et chacun de ses aspects retors.

J’en ai marre de penser à Jareth, il me rend FOLLE. Le voir vivre ça me rend folle. Parce qu’il représente… tellement de choses. Il ravive la douleur. Je sais que c’est horrible de dire ça, et c’est pourquoi je ne l’écris qu’anonymement sur Internet et n’en parle même pas aux gens qui savent.
Il me fait mal en étant vivant. J’ai dit à Cathel que je devrais peut-être changer d’école pour ne plus le voir. Elle m’a répondu qu’elle le ferait dégager lui avant que ça n’arrive. Mais j’ai conscience que c’est horrible ce que je fais. De tout projeter sur lui de cette façon. Il n’a rien demandé à personne, il se contente d’être… irrésistible. Mais innocent. C’est que je vois tellement de choses en lui… Mais des choses qui n’ont rien à voir avec lui en personne.

Marre de rester avec des gens qui ne me correspondent pas aussi… Ça me tue de devoir sourire à des trucs, des blagues, des réflexions, qui me donnent envie de hurler et de me lacérer encore plus. Ça me tue.

Et comme une bonne tarée bien gratinée, je vais fermer cet écrit (enfin le publier, parce que peut-être bien que c’est de l’exhibitionnisme après tout) et reprendre une vie "normale". Travailler. Encore et toujours. Et demain j’irai en cours. Je n’attends qu’une seule petite occasion en vérité… Une seule occasion de faire quelque chose… de… De tout envoyer bouler.

D’hurler un grand coup. De partir de l’école. De me planter dans un fossé. J’ai les nerfs à vif à force de résister - et je sais que je ne ferai rien - mais ça me ronge me ronge et me ronge encore toujours plus.

Ce qui s’est passé avec Mimi me fait préciser ceci : je ne passerai jamais à l’action, n’alertez personne. Je ne me tuerai pas. Du moins pas physiquement. Tout ce dont je parle quand j’évoque le fait de "tout envoyer bouler" ne concerne que mon psychique. Perdre la raison à tout jamais. Lâcher prise. Vers la folie. Pour toujours. Un suicide mental si vous voulez.
J’ai les nerfs à vif à force de résister à la tension que JE DOIS maintenir pour ne pas sombrer. Mais je ne me tuerai pas, de ce côté-là il n’y a rien à craindre. Pourtant je ne cesse de souhaiter être morte, TOUT plutôt que d’être comme ça ! Tout plutôt que de devoir encore passer une journée à côté de gens qui n’ont même pas le tiers d’une petite idée de la vérité… Qui rayonnent d’un bonheur que malgré toute ma bonne volonté je ne peux pas atteindre…

Pourquoi suis-je si inapte à changer les choses ?

Attendre encore un peu, c’est la même chose que me condamner pour toujours. Les choses ne peuvent plus durer ainsi. Et ça fait longtemps que cela est vrai. Et pourtant elles continuent, encore et encore et encore…

EDIT : J’vais essayer de joindre mon psychiatre.

RE EDIT : INDISPONIBLE.