Effeuille mes rêves

Traumatisme

J’ai la tête tellement lourde…

Je crois que je vais mourir de tristesse.

Vous ne pouvez pas me voir mais moi je me suis vue dans une vitre en rentrant du ciné. J’ai le visage tordu de douleur. C’est vraiment le mot.
Je l’ai caché à mon père parce qu’il ne comprend pas. "On a vu un super film pourtant ! Tu devrais aller bien !".
Je me suis enfermée dans ma chambre, à clé, parce que je crois que je vais réellement me tuer sinon. J’ai juste trop mal, trop mal, y’a un truc dans ma tête qui me déchire de l’intérieur et qui veut sortir. Je sais pas ce que c’est, je m’en fous, je veux juste qu"il" me laisse tranquille j’en peux plus de lutter…

Les jours où je vais bien ne sont que des jours où je reporte le problème.

Et mon psychiatre qui dit que c’est normal. Quand je lui en ai parlé, il a simplement dit que tout le monde a des jours où ça va pas… et que moi, dans mon état, c’est plus fort.
Mais c’est tout. Pas de solution. Pas d’astuce.

Il a tort. Ce n’est pas juste "plus fort". C’est… un million de fois plus que ça. C’est comme passer de l’autre côté du miroir. Vous voyez quand tout va bien ? Quand vous êtes léger et guilleret ? Ben moi je suis dans l’exact opposé. Non, c’est pas juste une petite déprime des jours gris. C’est l’EXACT opposé. Faut traverser le néant et toutes ses horreurs, faut survivre au vide absolu, à la détresse infinie et sans limite, pour pouvoir effleurer du doigt ce que c’est.

Je mâchouille un T-shirt pour éviter de sangloter. Pour pas que mon frère et mon père entendent. Mais j’ai tellement mal mon Dieu et ça fait tellement plus mal de tout retenir… Mais ils ne comprennent pas. Ça ne servirait à rien de leur dire parce qu’ils… n’arrivent pas à comprendre. Même s’ils essaient. Ce n’est pas leur faute. Je croyais que les gens qui disaient "faut le vivre" sous-estimaient l’imagination des autres. Mais non.

Je sais que je dois passer pour une petite conne égoïste à vos yeux. Je suis vraiment désolée de salir le site avec mes propos… geignards. Je déteste être geignarde, je hais ça tellement fort que je me demande si un jour ça ne va pas fissurer mon écran.
Si seulement je pouvais me contrôler. Mais je n’y arrive pas. La douleur mentale, ce n’est pas une illusion. C’est quelque chose de si puissant… Je n’aurais jamais imaginé à quel point, avant de la ressentir. Donc j’imagine que vous non plus vous ne comprenez pas, et je ne peux pas vous en vouloir, seulement je m’en punis encore plus.

J’ai tellement envie de mourir. Je ne vais pas passer à l’action parce que comme je l’ai dit, je me suis enfermée et dans ma chambre je ne risque rien. Et puis je garde toujours à l’esprit que ça traumatiserait tout le monde. C’est cette pensée qui est la plus forte. Mais elle n’atténue en rien ce que je vis à l’intérieur, au contraire je ne peux pas réprimer cette violence de souffrance en moi et plus je la musèle, plus elle grandit et et et vraiment j’ai juste tellement mal que je ne trouve pas de mots pour l’exprimer.

Je voudrais juste mourir, je vous en prie… J’espère que c’est dans mon destin de mourir jeune, parce que toute une vie dans cet état… Si je ne guéris jamais… Je veux mourir. Je suis pas comme les autres, je m’en rends compte, je suis pas joyeuse ou toute jolie/drôle/vive. Ne serait-ce que jeune, je n’ai jamais été "jeune". Toujours plein de toiles d’araignées dans mon crâne. Ce sont peut-être les araignées qui me font si mal dans la tête, qui pondent plein plein plein d’oeufs qui éclosent, qui grossissent, qui prennent de la place, et qui pondent encore et encore et encore et y’a tout un univers d’araignées dans ma tête qui prennent toute la place et qui poussent les parois et qui GROSSISSENT…