Effeuille mes rêves

Trop la trouille

J’ai un tic quand je réponds à un commentaire sur mon forum.

Y’a toujours ma boîte mail connectée dans un onglet à côté. Donc quand je poste mon message, quasi instantanément je vois qu’un nouveau mail est arrivé.
Et là j’ai une demi seconde de flip total. "OH MON DIEU. C’TTE COÏNCIDENCE DE MALADE. C’est pas normalement possible. Je poste un message, je reçois une réponse immédiate ; c’est forcément un signe du destin, un truc à ne surtout pas mettre de côté !  ! !".

Beh non, andouille. C’est ce que tu viens d’écrire. (Duh !)

Bref.

J’ai envoyé un texto à mes parents pour leur dire qu’aujourd’hui je vois le nouveau docteur ET que je vais parler à ma directrice. Je suis morte de peur. Ça fait trois jours que je prends la dose maximale de Xanax. Faut d’ailleurs que je redemande la posologie exacte pour moi.

Je ne les ai pas prévenus parce que j’ai besoin de quoi que ce soit. Je peux très bien le faire seule, et c’est de toute façon ce que je veux. Mais je sais qu’ils sont inquiets.
C’est ma manière de leur faire lire entre les lignes : "Ok vous avez vu que je suis au fond du fond et que ça va très mal, je ne peux malheureusement plus vous le cacher ; mais je suis encadrée et prise en charge, alors ça va forcément aller mieux à partir de maintenant".

C’est ce que je sous-entends, pas vraiment ce que je pense. Je pense que quand bien même ça serait la vérité, ça prendra du temps. Beaucoup de temps, étant donné les… symptômes. Or le temps est à présent mon ennemi principal : je me relève ou bien tout s’écroule définitivement.
Pas de place pour la demi-mesure dans ce nouveau "challenge" (j’aime pas ce mot mais je vois que ça). J’ai tout refoulé pendant bien trop longtemps. J’ai plongé dans des abysses de solitude trop profond, et une couche crasseuse de souffrance s’est mise à stagner au-dessus de ma tête. Il n’y aura pas deux vainqueurs, pour le coup.

Mais bon y’a quand même aucune raison que ça se passe mal. Avec le docteur, en tout cas. Ma directrice, je ne suis pas sûre, ce que j’ai à lui dire est vraiment très difficile, et j’espère que je vais y arriver. J’ai tout récapitulé dans ma tête, mais elle n’est pas franchement ce sur quoi je peux le plus compter en ce moment, avec mes neurones qui disjonctent toutes les trois minutes…

Et d’ici la fin de la semaine, j’ai rendez-vous avec un ostéopathe. Là encore, je ne peux pas parler de tous les sacrifices que j’ai fait pour mes études - tant que je ne les nomme pas du moins - mais j’en vraiment énormément encaissé.

Bon allez, je suis un peu angoissée encore mais va falloir se lancer !