Effeuille mes rêves

Un indien dans la ville

Bon alors ça y est, j’ai les infos. Je sais maintenant - plus ou moins complètement - ce qu’il va se passer.

Mon école ferme. Je vais devoir en changer.

Pas immédiatement, mais d’ici quelques mois. Je ne sais pas s’il y aura beaucoup de personnes que je connais. Sûrement.

Mais le truc énorme, surtout, c’est que je vais me retrouver en ville Ville. J’ai toujours vécu dans ma petite ville natale que j’aime énormément et que je connais presque par cœur (le "presque" ne tient qu’au fait que je suis une catastrophe monumentale en orientation, sinon ça serait plus que par cœur). J’ai passé les cinq années de mes études supérieures excentrée - pas loin du principal, mais pas le nez dedans non plus - et c’était génial.
Trop contente d’éviter le bruit, le mouvement omniprésent, les sursollicitations sensorielles qui partent dans tous les sens, les gens stressés, hyper nombreux, qui savent exactement où ils sont et où ils vont (pendant que moi j’ai le nez collée sur une carte et un air de bébé chat enrhumé perdu), les voitures partout… ooooooh et aussi les gens tout tristes qui te tendent des journaux gratuits inutiles (je ne comprends toujours pas le principe !!!).

Enfin bref. Soulagée pendant cinq ans d’être à l’écart de tout ça mais on n’y échappe pas. D’un autre côté, ce n’est pas plus mal hein ! Ça peut être… je ne sais pas. Drôle ? Intéressant, ça oui. Nouveau. Carrément nouveau, c’est sûr. Stimulant ?

Vanina - qui est la meilleure de tout l’univers - m’a proposé qu’on aille y faire un tour, l’autre jour. Pour repérer les lieux. C’était vraiment intense, comme je l’avais imaginé.
Je ne l’avouerai jamais à personne à haute voix, par fierté, mais j’ai vraiment eu l’impression d’être la bouseuse qui sort de sa campagne. J’imagine que les gens de la ville qui me lisent doivent bien se foutre de moi. Je suis déjà allée en Ville, hein, plusieurs fois. Ce n’est pas très loin et pas très compliqué quand on sait OÙ on va. Mais j’ai toujours évité quand je pouvais.

Faut dire aussi que quand j’entends parler de la différence grosse ville VS petite… on rit souvent au nez des """paysans""" comme moi. Ça a tendance à m’exaspérer.
Comme si le fait d’avoir un rythme de vie et un environnement plus calmes, ça signifiait forcément qu’on était lents nous-mêmes… Et que bien sûr, puisque ce sont nous les "arriérés", on a forcément tort quand on commence à dire que ce n’est pas parce qu’on est isolés de l’agitation qu’on l’est de tout - et surtout pas de l’essentiel.

Mais bref. J’écris un peu trop là-dessus parce que c’est un débat que je pourrais tenir pendant des heures.

Heureusement, tout le monde ne pense pas que les hors-grosses-villes sont des débiles. Mais bon parfois t’entends de ces trucs, franchement…

BREF. Donc là voilà : gros changement de toute ma vie. Une Aloha dans la Ville.
Je dis ça en plaisantant mais ça risque pour de bon de ressembler au film (dont le vrai titre est le titre de cet écrit, hein, je précise je-ne-suis-pas-arriérée-à-ce-point-merci-bisous).

Voilà.
Donc en fait je ne sais pratiquement RIEN de ce qu’il va se passer. Je me doute que je vais me perdre, souvent, ça oui. Géographiquement et personnellement. Mais pour le reste… va falloir attendre d’y être pour savoir.
Cependant, je ne stresse pas pour l’instant. On verra plus tard. Je cours partout pour le moment pour essayer de m’organiser. J’espère que ça va bien se passer. Bouseux power.