Effeuille mes rêves

Une amélioration

Je me sens mieux.

Je crois que j’ai eu ma réponse.

Ce n’est pas une conviction forte. C’est juste un embryon de certitude. Mais cette terreur insensée qui me dévorait a battu en retraite. Je ne suis pas sereine, je ne suis pas à fond dans ce que je fais, mais je ne me sens plus aussi étrangère à cette voie que j’ai choisi. Je ne souffre plus. Plus de la même insupportable façon en tout cas.
Peut-être suis-je exactement là où je suis censée être ?

Y’a quand même un vide. Mais c’est un vide que je peux gérer - du moins pour le moment.

L’annonce qui doit être faite dans la promo n’a toujours pas été prononcée. Je la redoute mais je crois que le temps me fera accepter n’importe quoi. J’espère tout de même que "n’importe quoi" ne se produira pas.

J’ai envie d’aller me réfugier au cinéma. Comme le week-end dernier, quand on est allés voir Jason Bourne. J’ai adoré ce film, exactement ce dont j’avais besoin. Le mot exutoire revient souvent dans mes écrits en ce moment. J’ai beaucoup à évacuer. Toute cette mélasse, ces vestiges de douleur, de l’an passé...
J’ai envie d’un cocon et de me détendre. Je suis toute crispée à l’école, même quand publiquement je ris. "Est-ce que la prof va m’interroger ?", "Est-ce que je ne suis pas ridicule en faisant/disant ça ?", "Est-ce que les gens m’apprécient ?", "Est-ce que je vais m’en sortir ?", etc… Au studio, je ne peux m’empêcher de regarder mes pochettes de cours en grimaçant : volonté de me reposer mais nécessité de travailler. J’essaye de doser, quand je rentre à 18h le soir, je regarde la télé une heure, puis je bosse une heure environ. Mais une petite voix me dit que ce n’est pas assez.
Cette petite voix peut cependant aller se faire foutre. La dépression a, je crois, réellement cassé quelque chose en moi ; et cette fois ce n’est peut-être pas mauvais. Peut-être qu’elle m’a aidée à réussir ce que je galérais à faire depuis tant d’années : réduire la voix du dictateur détraqué dans ma tête à néant.

Disons que les choses commencent à s’arranger.

La chance me sourit timidement. Ça ne ressemble en fait pas vraiment à de la chance - c’est moi qui me suis adaptée. Je dois malgré tout prendre pas mal sur moi mais pour l’instant je gère.
J’espère tellement que ça va continuer ainsi… Je suis fatiguée au fond. Fatiguée de lutter contre la vie. Je voudrais simplement fermer les yeux, et me laisser couler ; non pas pour me noyer mais pour suivre le flux. Je veux me reconnecter à mes sourires joyeux, à ma bonne humeur (non feinte), à mon appétit de vie.

Je veux aimer. Mon Dieu, je sens que je suis prête cette fois. J’ai peur mais j’aurai toujours peur, cependant je suis prête à aimer. Et j’en ai envie.
Même si, comme à mon habitude, je disneyifie la chose. C’est pas grave…

J’veux me laisser aller… comme on me l’a si justement dit.