Effeuille mes rêves

Une bonne nouvelle à la fin

"Je voudrais que ça dure toute la vie"... Tu parles. Même pas une journée entière.

Aujourd’hui, c’est tout le contraire d’hier. Je me sens déstructurée, effondrée de l’intérieur.
Et je ne veux pas dire pourquoi. Ça fait trop mal de le reconnaître. De le voir ailleurs, jamais chez moi… Je ne veux pas me plaindre. Je ne parle plus de cette douleur à personne à cause de ça. Pourtant on dirait que c’est en train de me tuer. Mais je dois me taire. Je me suis cherchée pendant toutes ces années, et j’ai enfin trouvé : je ne suis personne. Je suis maintenant profondément convaincue de ça, et je l’accepte, humblement.

Ça ne me poserait pas de problème d’ailleurs si ça n’impliquait pas… ça. Que mon désir le plus brûlant me soit inaccessible. Et continue donc de me brûler vive pour le restant de ma vie.

Mais il faut l’accepter. Si je ne peux pas changer ce fait, au moins je ferai preuve de courage. Je vais essayer.

Si le rêve devient fantôme, il me hantera jusqu’à la vie de mes jours, j’en ai conscience. Et je souffrirai à chaque fois que je le verrai chez d’autres. C’est comme si le fond de mon cœur vide était encore récuré par ces trucs qu’on utilise pour vider les poissons. Et faut l’accepter. Faut accepter la douleur. Parce que désormais elle est trop ancrée dans ma vie pour que je puisse espérer qu’elle s’en aille tout simplement un jour.

Oui, il y a les jours comme hier où je vais bien. Bercée dans mes faux espoirs que ça changera. Mais optimiste ou pas, ces espoirs restent illusoires. Être contente ne change pas ça. D’où la mort, inéluctable, et le fantôme qui hante les restes.

Je ne peux pas taire ce que je ressens, j’avais besoin de l’écrire ici. Mais malgré cette sensation immense et pesante de mon Moi qui pourrit et se désintègre, cet écrit ne finira pas là-dessus !

C’est la chose la plus importante au monde qui se dérobe à moi. Mais les choses plus "futiles" ou secondaires, elles sont présentes. Ça ne suffit pas - ça ne suffira jamais - mais je peux me concentrer dessus pour ne pas paraître aussi morte à l’extérieur qu’à l’intérieur.

Je sors voir mes amies en ce moment. Hier, aujourd’hui, et la semaine prochaine. Et le mieux c’est que ça me fait vraiment plaisir de les voir !
Je m’amuse et tout. J’y aurais pas cru si on m’avait dit ça il y a quelques mois.

Et c’est drôle, parce que je lisais quelqu’un qui disait ces mots exacts, juste avant juillet. Et je l’enviais. Je me disais que ça arrivait toujours aux autres, les rémissions totales et heureuses. On dirait que ça m’arrive à moi aussi, finalement. Peut-être pas totale et du coup incomplètement heureuse. Mais ça bougerait. Je m’étais dit que si ça pouvait m’arriver à moi, ça pourrait le faire à n’importe qui. Ma pensée était totalement absolue à ce moment, alors j’espère que toute personne qui me lira et se trouvera dans cet état… me croira.

    Je te jure que ça peut aller mieux, qui que tu sois. Tu as tout mon soutien.

...

Bien sûr, il reste… ça. Ça qui n’a pas changé dans ma vie et qui me tue. Ce dont j’ai parlé au début de cette entrée.
Mais j’ai menti : j’espère toujours. Je suis juste terrifiée à l’idée d’en souffrir une seconde de plus. La douleur qui ne me lâche pas. Mais je la défie aussi en même temps : si le reste a changé, le peux-tu toi aussi ?