Effeuille mes rêves

Une école de lapins

Je pourrais écrire que j’ai appris quelque chose de nouveau.

Ou bien je pourrais les haïr encore plus.

Je pourrais détailler les rabaissements quotidiens. Qui n’en sont techniquement pas : pas de hurlements, pas de coups, pas d’injures, tout est très mental.
Mais le mental, c’est là où je pêche.

Aucune pitié. Du début à la fin, il faut que je me le mette dans la tête : je n’aurai droit à aucune pitié. De la part de personne. Faut que je sois forte. Ok : t’as de nouveau tout foutu en l’air avec l’immersion professionnelle type évaluation (N.B : Je n’en ai jamais réussie AUCUNE). Ok. Maintenant, je suis désespérée de me dire que je dois passer pour une tocarde auprès des profs ; moi qui travaille si dur pour rester la bonne élève que je fus jadis.

Mais là réside ma leçon. Elle n’est pas invariable comme "celle d’hier" parce qu’elle ne s’applique qu’à mon cas. De ce que je peux voir du moins. Cependant j’ai déjà prouvé plusieurs fois que je vois très mal, au sens propre comme au figuré.
La leçon, donc.
Je ne contrôlerai jamais l’image que je renvoie. C’est une composante avec laquelle je devrai avancer toute ma vie. Qui je suis, oui. Je peux agir là-dessus. Peut-être et en faisant beaucoup d’efforts (ça semble normal). Mais ce que je parais ? Non. C’est un don qu’il faut avoir. Les acteurs et actrices l’ont et l’utilisent pour leur métier.

Moi c’est un vide qui ne se comblera jamais.

Oh, ce n’est pas grave du tout ! Je n’en suis pas triste. Ce n’est pas grave. Sincèrement.

Ce qui me chagrine réellement, c’est cette maudite école. Y’a rien de positif à en tirer. Et bon sang ; qu’est-ce que j’essaie fort pourtant ! Mais c’est comme traire un lapin quand tu veux du lait de vache.

Suis toujours enfoncée. Même quand je fais des milliards d’efforts (et je ne sais pas si je l’ai déjà précisé mais ce sont des efforts variés, dans plusieurs domaines, et tout en même temps ; parce que j’ai tant de trucs à améliorer que je n’aurai pas le temps de les prendre point par point).
Rien n’est jamais pris en compte. L’épuisement, la douleur, les pulsions morbides, l’éclatement extrême de la réflexion… Rien ne m’est épargné.

Je me ridiculise devant les profs et je crois que je n’obtiendrai jamais ce diplôme.
Mes projets post-diplômes sont les seuls éléments qui m’aident à tenir pour l’instant. Alors je les chéris tout particulièrement !  !  ! Quand les pulsions suicidaires sont là. Quand le moral ne veut pas remonter malgré tout encouragement. Quand les gens balancent des horreurs sans s’en rendre compte. Quand la fatigue gagne du terrain et que la dépression ronge un pan de plus de mon cerveau… J’ai besoin d’eux.

Mais je vais m’en sortir. J’y crois. C’est extrêmement dur d’y croire, mais c’est ce que je vais faire.

Je vais m’éloigner de tout ça. Je continuerai à me détacher du groupe et de tout collègue jusqu’à la fin de ce cauchemar. Peu importe ce qui se dira sur moi. Qu’ils ne prétendent pas pouvoir ou seulement vouloir m’aider alors que même quand j’ai supplié pour avoir de l’aide je n’ai reçu en retour qu’une grimace.

Ils ne sont pas méchants. Aucun d’entre eux ne l’est. Ils ne me croient pas. C’est tout.